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Octobri mense – Du Rosaire de la Vierge Marie

Encyclique de S.S. Léon XIII

angelico_madonna_col_bambino_pinacoteca_sabauda[…]
Mais ces prières, par lesquelles nous supplions Dieu de protéger Son Église, en les unissant aux suffrages des Saints du Ciel, Dieu les accueille toujours avec la plus grande bonté et les exauce, aussi bien celle qui concernent les intérêts majeurs et immortels de l’Église que celles qui visent des intérêts moindres, propres à ce temps, mains néanmoins en harmonie avec les premiers.
Car, à ces prières s’ajoutent la puissance et l’efficacité assurément infinies des prières et des mérites de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui aime l’Église et qui S’est livré pour elle afin de la sanctifier… et de Se la présenter à Lui-même pleine de gloire (9), Lui qui en est le Pontife suprême, saint, innocent, toujours vivant pour intercéder pour nous, et dont la foi divine nous enseigne que la prière et les supplications sont incessantes.

     Quant aux intérêts extérieurs, à ceux qui ne regardent que cette vie, il est manifeste que l’Église a souvent à compter avec la malveillance et la puissance d’adversaires acharnés. Il lui faut s’affliger de les voir spolier ses biens, restreindre et opprimer sa liberté, attaquer et mépriser son autorité, lui infliger enfin toutes sortes de dommages et d’injures. Et si l’on se demande pourquoi leur méchanceté n’arrive point à ce degré d’injustice qu’elle se propose et qu’elle s’efforce d’atteindre: pourquoi, au contraire, l’Église, à travers tant d’événements divers, conservant sa même grandeur et sa même gloire, quoique sous des formes variées, s’élève toujours et ne cesse de progresser, il est légitime de chercher la cause principale de l’un et de l’autre fait dans la force de la prière de l’Église sur le cœur de Dieu; autrement, en effet, la raison humaine ne peut comprendre que la puissance de l’iniquité soit contenue dans des limites si étroites, tandis que l’Église, réduite à l’extrémité, triomphe néanmoins si magnifiquement. Et cela apparaît mieux encore dans ce genre de biens par lesquels l’Église conduit les hommes à la possession du bien suprême.

   Puisqu’elle est née pour cette fonction, elle doit pouvoir beaucoup par ses prières, afin que l’ordre de la Providence et de la miséricorde divines ait dans Ses enfants son accomplissement et sa perfection; et ainsi les hommes qui prient avec l’Église et par l’Église demandent et obtiennent, en définitive, ce que, avant tous les siècles, le Dieu tout-puissant a décidé de donner (10). Actuellement, l’esprit humain est impuissant à pénétrer la profondeur des desseins de la Providence; mais il viendra un jour où, dans Sa grande bonté, Dieu montrant à découvert les causes et les conséquences des événements, il apparaîtra clairement combien l’office de la prière aura eu de puissance à cet égard et que de choses utiles il aura obtenues.
On verra alors que c’est grâce à la prière qu’au milieu de la corruption si grande d’un monde dépravé, beaucoup se sont gardés intacts et se sont préservés de toute souillure de la chair et de l’esprit, accomplissant leur sanctification dans la croyance de Dieu (11); que d’autres, au moment où ils allaient se laisser entraîner au mal, se sont soudain retenus et ont puisé dans le danger et dans la tentation même d’heureux accroissements de vertu; que d’autres enfin, qui avaient succombé, ont senti dans leur âme une certaine sollicitation à se relever et à se jeter dans le sein du Dieu de miséricorde.
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[…]
   C’est pourquoi Nous supplions avec les plus vives instances tous les chrétiens de peser ces pensées dans leur conscience, de ne pas céder aux supercheries de l’antique ennemi, de ne se laisser détourner sous aucun prétexte du goût de la prière, mais d’y persévérer au contraire et d’y persévérer sans interruption.
Que leur premier soin soit de demander le bien suprême, c’est-à-dire le salut éternel de tous, et la conservation de l’Église; puis il est permis de solliciter de Dieu les autres biens, pour l’utilité et la commodité de la vie, pourvu qu’on le fasse en se soumettant à Sa Volonté souverainement juste, et que, soit qu’Il accorde, soit qu’Il refuse ce qu’on désire, on Lui rende grâces comme à un Père infiniment bienfaisant.

   Enfin, que ces demandes soient adressées à Dieu avec la religion et la haute piété qui conviennent et qui sont nécessaires, à grands cris et avec larmes (12), comme les Saints ont eu coutume de le faire et comme en a Lui-même donné l’exemple notre Très Saint Rédempteur et Maître.
Puissions-Nous, Vénérables Frères, grâce à Votre amour particulier et éminent pour la Très Sainte Mère de Dieu, grâce aussi à Votre affection à Votre sollicitude remarquables pour le peuple chrétien, Nous promettre avec Votre concours les meilleurs résultats de Nos admonitions et de Nos exhortations! 

  Nous brûlons de recueillir dès maintenant les fruits si agréables et si abondants que la piété des catholiques pour Marie a maintes fois produits dans Ses manifestations éclatantes.

  Qu’à Votre appel donc, à Vos exhortations et sous Votre conduite, les fidèles, surtout en ce mois qui approche accourent et s’assemblent autour des autels solennellement ornés de l’auguste Reine et de la Mère de bonté; qu’ils Lui tressent et Lui offrent filialement des guirlandes mystiques, suivant le rite si répandu du Rosaire.

 (…) 

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 22 septembre de l’année 1891,                                                                                                                la quatorzième année de Notre Pontificat.

leon-xiii-copy1                 LÉON XIII, Pape

 

(9) Éphés. V, 25, 27.
(10) S. Th. II 11, q. LXXXIII, a. 2, ex S. Greg. M.
(11) II Corinth., VII, 1.
(12) Hébr., V, 7.

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