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Les doigts du chaos et les doigts de Dieu

La Rencontre entre Léon Ier le Grand et Attila

Il n’y a pas longtemps, si quelqu’un avait dit que le monde sombrait dans le chaos, il aurait été écouté d’une oreille distraite : comment croire une telle assertion devant la prospérité et l’ordre qui semblaient régner en Occident ? C’était un peu comme si le monde non-occidental ne faisait pas partie de notre planète, et qu’il suffisait que l’Europe et l’Amérique goûtent d’une certaine stabilité pour pouvoir déclarer que tout allait bien et que le chaos était impossible.

On considérait alors le chaos comme l’apogée catastrophique de tous les désordres, de tous les maux. Comment admettre, dans ce cas, qu’une situation si « clairement » ordonné puisse donner naissance à un paroxysme de désordre ? Voilà la réponse, apparemment irréfutable, que l’optimisme régnant aurait proposée à ceux qu’il aurait taxé certainement de « prophètes de malheur ».

Un examen rapide de la réalité montre pourtant que le « chaos » – il y a peu de temps encore épouvantail des personnes considérées comme sensées – est devenu un mot à la mode.

En effet, dans les cercles intellectuels avancés, qui se veulent « post-moderne », le mot « chaos » s’est couvert d’attraits comme un gadget après lequel tout le monde court pour s’amuser et le voir de plus près. Au lieu de susciter l’horreur, le chaos est devenu pour certains source d’espoir.

À l’inverse, le mot « moderne », qui souriait tant aux occidentaux, semble être tombé en décrépitude. Éclatant de jeunesse il y a quelques années, il s’est couvert de cheveux blancs et ne cache plus ni ses rides ni son dentier. Il ne lui manque presque rien pour tomber dans la poubelle de l’histoire.

Être moderne, c’était si beau il y a dix ans ! Quel vieux truc aujourd’hui ! Celui qui ne veut pas être englobé dans la décrépitude du moderne, doit se dire post-moderne. Voilà la formule…

« Chaos » et « post-modernité » sont des concepts qui se rapprochent de plus en plus l’un de l’autre au point de fusionner. Il y a même des gens qui voient, dans les éventuelles hécatombes de demain, le point de départ d’un après-demain radieux.

Et ceux qui n’avaient pas assez d’invectives hier pour noircir le Moyen Âge, s’en servent aujourd’hui pour justifier leur optimisme.

En effet, à partir d’une certaine époque, l’Empire romain d’Occident a été bouleversé successivement par deux forces ennemies qui broyèrent ses restes déjà moribonds : les barbares venus des bords du Rhin et les arabes qui traversèrent la Méditerranée et envahirent une large partie du territoire européen. L’Europe sombre alors dans le chaos. Toute la structure de l’Empire romain d’Occident se pulvérise.

Ne reste debout que la structure ecclésiastique qui reçoit l’ordre de Rome de ne pas abandonner les territoires sur lesquels elle exerce sa juridiction spirituelle. Dans l’ordre temporel, c’est le chaos.

cet article continue…

 

                                      Plinio Corrêa de Oliveira –  Catolicismo, n° 499, Juillet 1992
 

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