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« Une pompe obscène et impie de jurements et de blasphèmes » – conclusion

« Marat et ses amis.

   
« D’après ces préséances de hideur, passait successivement, mêlée aux fantômes des Seize, une série de têtes de gorgones. L’ancien médecin des gardes-du-corps du comte d’Artois, l’embryon suisse Marat, les pieds nus dans des sabots ou des souliers ferrés, pérorait le premier en vertu de ses incontestables droits.

  « Nanti de l’office de fou à la cour du peuple, il s’écriait, avec une physionomie plate et ce demi-sourire d’une banalité de politesse que l’ancienne éducation mettait sur toutes les faces :

 » Peuple, il te faut couper deux cent soixante-dix mille têtes ! « 

Club des jacobins – detail

      « Fouché, accouru de Juilly et de Nantes, étudiait le désastre sous ces docteurs : dans le cercle des bêtes féroces attentives au bas de la chaire, il avait l’air d’une hyène habillée. Il haleinait les futurs effluves du sang ; il humait déjà l’encens, des processions à ânes et à bourreaux, en attendant le jour où, chassé du club des Jacobins, comme voleur, athée, assassin, il serait choisi pour ministre.

   « Quand Marat était descendu de sa planche, ce Triboulet populaire devenait le jouet de ses maîtres : ils lui donnaient des nasardes, lui marchaient sur les pieds ; le bousculaient avec des huées, ce qui ne l’empêcha pas de devenir le chef de la multitude, de monter à l’horloge de l’hôtel-de-ville, d’y sonner le tocsin d’un massacre général, et de triompher au tribunal révolutionnaire.

   « Marat, comme le Péché de Milton, fut violé par la Mort : Chénier fit son apothéose, David le peignit dans le bain rougi, on le compara au divin auteur de l’Évangile, on lui dédia cette prière :

 » Cœur de Jésus, cœur de Marat, ô sacré cœur de Jésus, ô sacré cœur de Marat ! « 

  « Ce cœur de Marat eut pour ciboire une pyxide précieuse du garde-meuble. On visitait dans un cénotaphe de gazon élevé sur la place du Carrousel, le buste, la baignoire, la lampe et l’écritoire de la divinité. Puis le vent tourna : l’immondice, versée de l’urne d’agate dans un autre vase, fut vidée à l’égout. »

Death-of-the-Princess-De-Lamballe-by-Leon-Maxime-Faivre - detail

Massacre de la Princesse de Lamballe – Léon-Maxime Faivre

 


Extrait truculent des « Mémoires d’Outre-tombe » dans lequel Chateaubriand décrit le club des Cordeliers pendant la Révolution.

  (cliquez ici pour lire la première partie de l’article )

 

 

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