- tfp-france.org - http://tfp-france.org -

La confiance en Dieu et nos besoins spirituels

La miséricorde de Notre-Seigneur pour les pécheurs

    La Providence qui nourrit l’oiseau sur la branche, prend soin de nos corps. Qu’est-il cependant ce corps de misère ? Un être fragile, un condamné à mort que guettent les vers. Dans notre course folle nous croyons aller à nos affaires ou à nos plaisirs : chacun de nos pas nous rapproche du terme ; nous traînons nous-mêmes notre cadavre au bord de notre tombe.

  Bernardelli-cristo - cover Si Dieu s’occupe ainsi de nos corps périssables, avec quelle sollicitude veillera-t-il sur nos âmes immortelles ? Il leur prépare des trésors de grâce, dont la richesse dépasse notre imagination ; il leur envoie des secours surabondants pour leur sanctification et leur salut.

   Ces moyens de sanctification, que la foi met à notre disposition, je ne les étudierai pas ici.

   Je m’adresserai simplement aux âmes troublées, que l’on rencontre si souvent. Je leur montrerai, l’Évangile en main, l’inanité de leurs craintes. Ni la gravité de leurs fautes, ni la multiplicité de leurs rechutes, ni leurs tentations ne doivent les abattre. Bien au contraire, plus elles sentent le poids de leurs misères, plus elles ont à s’appuyer sur Dieu. Qu’elles ne perdent pas confiance. Quelle que soit l’horreur de leur état, quand même elles auraient vécu longtemps dans le désordre, avec le secours de la grâce elles peuvent se convertir et s’élever à une haute perfection.

   La Miséricorde de Notre-Seigneur est infinie : rien ne la rebute, pas même les fautes qui nous paraissent les plus honteuses et les plus criminelles. Pendant sa vie mortelle, le Maître accueillait les pécheurs avec une bonté toute divine ; jamais il ne leur refusa son pardon.

   Poussée par l’ardeur de son repentir, sans se préoccuper des convenances mondaines, Marie-Madeleine entre dans la salle du festin. Elle se prosterne aux pieds de Jésus et les inonde de ses larmes. Simon le pharisien contemple cette scène d’un œil ironique ; il s’indigne secrètement.
saurait

  « Si cet homme était un prophète, pense-t-il, il saurait ce que vaut cette femme et la chasserait avec mépris. »

     Mais le Sauveur ne la repousse pas. Il accepte ses soupirs, ses pleurs, tous les signes sensibles de son humble contrition.  Il la purifie de ses souillures et la  comble de dons surnaturels.

   Et son Cœur Sacré s’emplit d’une joie immense, tandis que là-haut, dans le royaume de son Père, les Anges tressaillent d’allégresse : une âme était perdue et la voilà retrouvée ; une âme était morte et la voilà rendue à la vraie vie. Le Maître ne se contente pas de recevoir avec mansuétude les pauvres pécheurs ; il va jusqu’à prendre leur défense. N’est-ce pas d’ailleurs sa mission ? Ne s’est-il pas constitué « notre avocat1 » ?Metsu_LeChristEtLaFemmeAdultere - detail

   On lui amène un jour une malheureuse surprise dans l’acte même de sa faute. La dure loi de Moïse la condamne formellement : la coupable doit périr dans le lent supplice de la lapidation.

   Cependant les Scribes et les Pharisiens attendent impatiemment la sentence du Sauveur.

   S’il pardonne, ses ennemis lui reprocheront de mépriser les traditions d’Israël. Que va-t-il faire ? Il dira un seul mot ; cette parole suffira pour confondre les Pharisiens orgueilleux et pour sauver la pécheresse.

 — « Que celui d’entre vous qui est sans péché, lui jette le premier la pierre 2. »

    Réponse pleine de sagesse et de miséricorde. En l’entendant, ces hommes arrogants rougissent de honte. L’un après l’autre ils se retirent confus ; les vieillards fuient les premiers.

  « Et Jésus demeura seul avec la femme. »

« — Où sont vos accusateurs ? lui demanda-t-il. Personne ne vous a condamnée ? »

    Elle lui dit :

« Personne, Seigneur. »

     Et Jésus lui répondit :

« Je ne vous condamnerai pas non plus. Allez, et à l’avenir ne péchez plus 3. »

     Quand les pécheurs ne viennent pas à lui, le Maître se lance à leur poursuite. Comme le père du prodigue, il attend le retour de l’ingrat. Comme le bon Pasteur, il cherche la brebis égarée ; et lorsqu’il la retrouve, il la charge sur ses épaules divines et la rapporte ensanglantée au bercail.

Oh ! il n’irritera pas ses blessures : il les pansera, comme le Bon Samaritain, avec l’huile et le vin symboliques. Il versera sur ses plaies le baume de la Pénitence ; et pour la fortifier, il la fera boire dans sa coupe eucharistique.

   Âmes coupables, ne craignez donc pas le Sauveur : c’est pour vous spécialement qu’il est descendu sur la Terre. Ne répétez pas le cri de désespoir que poussa Caïn :

 « Mon crime est trop grand pour pouvoir en obtenir le pardon 4. »

     Comme vous connaîtriez mal le Cœur de Jésus ! Jésus a purifié Madeleine, il a pardonné le triple reniement de saint Pierre, il a ouvert le ciel au bon larron.

   En vérité, je vous l’assure, si Judas avait été le trouver après son crime, Notre-Seigneur l’aurait accueilli avec miséricorde.
    Comment donc ne vous pardonnerait-il pas ?

 

 Notes

1.« Et si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ, le Juste ».
—  I Jean II, 1..
2.  Jean VIII, 7.
3.  Jean VIII, 9- 11.

4.  Gen. IV, 13.

  

  Extraits du Livre de la Confiance, de l’abbé Thomas de Saint-Laurent   (Chapitre IV :  La confiance en Dieu et nos besoins spirituels – I. La miséricorde de Notre-Seigneur pour les pécheurs)

  

S’ABONNER À TFP-FRANCE : Abonnez-vous à tfp-france.org par Email