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Plinio Corrêa de Oliveira, un homme de foi, de pensée et d’action –

Le 5 octobre 1995, Tradition Famille Propriété publiait cet article en hommage à celui qui a inspiré son action. Aujourd’hui comme il y a dix-sept ans, la vaste famille d’âmes des TFP se souvient avec émotion de la lutte de plus de soixante ans menée par celui qui a inspiré toute sa pensée et son action.

Pour reprendre le mot d’un commentateur de presse dans les jours qui suivirent son décès, « il avait passé toute sa vie entre l’offensive et la défense ». Quand tout le monde était subjugué par le nazisme, le Pr. Corrêa de Oliveira sensibilisait en effet les lecteurs du  journal officieux de l’archidiocèse de São Paulo (Brésil) sur l’opposition frontale de ce mouvement en pleine ascension avec la doctrine de l’Eglise catholique. Quand quasi personne en Occident n’osait se dresser contre le communisme, il dénonçait régulièrement celui-ci dans des manifestes et des campagnes d’opinion publique. Au Pr. Corrêa de Oliveira la TFP doit son élan, sa direction, ses méthodes, ses objectifs. Elle le remercie surtout une fois de plus de ce que tous ses membres sont aujourd’hui fils de la Sainte Eglise Catholique Apostolique et Romaine, leur seul titre de gloire et leur seule ambition.

Hommage de la TFP

 

Biographie

Né le 13 décembre 1908 à São Paulo (Brésil), Plinio Corrêa de  Oliveira devient très jeune le chef de file du mouvement catholique. Il fonde l’Action Universitaire Catholique et, à 24 ans, est élu député à l’Assemblée constituante, à la tête de la Ligue Électorale Catholique qu’il a organisée. Journaliste, il dirige l’organe officieux de l’archidiocèse de São Paulo puis fonde la revue Catolicismo. Avocat, puis professeur d’Université, il reçoit la chaire d’Histoire moderne et contemporaine à l’Université pontificale catholique de São Paulo. Sa grande réalisation est la société brésilienne de défense de la Tradition, Famille et Propriété, qu’il fonde en 1960, ainsi que l’inspiration des 25 autres TFP.

Plinio Corrêa de Oliveira aura été toute sa vie un catholique militant, un catholique passionné qui consacra son ardeur à lutter contre l’ennemi de l’Eglise : la Révolution.

Le professeur Plinio Corrêa de Oliveira a été indiscutablement un homme d’action et de pensée (16 livres ou essais, plus de 2 500 articles et des milliers de conférences). 

En défense de l’Action catholique

Son premier livre est un cri d’alarme contre l’infiltration progressiste et gauchiste — déjà ! — dans l’Action catholique. C’est en tant que président du bureau archidiocésain de l’Action catholique de São Paulo qu’il écrit en 1943 En défense de l’Action catholique, préfacé par le nonce apostolique au Brésil, Mgr Aloisi Masella, plus tard camerlingue de la Sainte Eglise. La lettre d’éloges, adressée à l’auteur au nom du pape Pie XII par Mgr Jean-Baptiste Montini, alors Substitut du secrétaire d’Etat et futur Paul VI, constitue une appréciation éloquente, de la part de l’autorité ecclésiastique suprême, des dénonciations faites par ce livre.

Révolution et Contre-Révolution

En 1959, Plinio Corrêa de Oliveira écrit Révolution et Contre-Révolution qui analyse la crise multiséculaire de l’Occident née avec l’Humanisme et la Renaissance : c’est un processus qui, après le protestantisme, la Révolution française, la Révolution russe de 1917 et la Révolution de 1968, donne à présent les fruits amers de la société post-moderne. Ces étapes successives sont les métamorphoses d’une seule et unique Révolution, gnostique et égalitaire, démolissant la civilisation chrétienne autrefois florissante.

Noblesse et élites traditionnelles analogues

Noblesse et élites traditionnelles analogues dans les allocutions de Pie XII au Patriciat et à la Noblesse romaine (1993) est le dernier ouvrage écrit par le Pr. Corrêa de Oliveira. Il y commente les enseignements du regretté pontife sur le rôle indispensable de la noblesse et des élites dans la société. Il y souligne l’influence irremplaçable, dans le monde convulsionné d’aujourd’hui, des différentes élites traditionnelles ainsi que les valeurs religieuses et culturelles dont elles sont porteuses au service du bien commun. Ce livre, initialement édité en France, Espagne, Etats-Unis, Italie et Portugal, a reçu plusieurs lettres d’éloges dont celles de quatre cardinaux, de deux éminents théologiens et d’un canoniste universellement connu.

Une dénonciation au niveau mondial du socialisme autogestionnaire de Mitterrand

Par l’ampleur de sa divulgation, l’écrit du professeur Corrêa de Oliveira ayant obtenu le plus grand impact publicitaire s’intitule : Le socialisme autogestionnaire par rapport au communisme : obstacle ou tête-de-pont ? Paru pour la première fois le 9 décembre 1981, il dénonçait la radicalité des objectifs socialistes malgré le gradualisme de la méthode. Cet article de six pages de journal format Figaro a été publié dans la grande presse de 52 pays.

Il faut se souvenir que l’accession du PS au pouvoir avait été saluée par les médias du monde entier comme l’avènement d’un nouveau modèle de société, l’autogestion socialiste résonnant alors comme un mot talisman chargé de toutes les espérances. S’appuyant sur le prestige et l’irradiation culturelle de la France, cette conquête du pouvoir par le socialisme était conçue comme le tremplin d’une véritable action missionnaire en direction de l’étranger, notamment l’Amérique latine.

L’impact causé par la publication dans le monde entier de cette dénonciation a très vraisemblablement représenté un facteur décisif dans le déclin du socialisme autogestionnaire. L’expansionnisme du modèle socialiste français s’est alors éteint petit à petit, ses partisans se contentant d’une permanence au pouvoir, très éloignée de leurs objectifs de 1981. Une preuve supplémentaire en est qu’en France ce document s’est heurté à une censure socialiste de fer, toute la presse en ayant refusé la publication. Un grand quotidien du matin qui en avait tout d’abord accepté la parution rompit unilatéralement son contrat par crainte des représailles gouvernementales, alors que le prix exigé était déjà en dépôt à l’agence de publicité.

 

Fondateur d’une école de pensée et d’action

Le professeur Plinio Corrêa de Oliveira a formé une école de pensée et d’action qu’il laisse après lui. Elle se caractérise par une adhésion totale et fervente à la doctrine de la Sainte Eglise catholique apostolique romaine, exprimée dans les enseignements des souverains Pontifes et du magistère ecclésiastique en général. Un des aspects les plus originaux de la bataille idéologique conduite par Plinio Corrêa de Oliveira est, sans aucun doute, la méthode publicitaire qu’il a idéalisée et qui est mise en pratique par toutes les TFP et associations similaires : des campagnes de rue, en contact direct avec le public, durant lesquelles les membres de la TFP portent leurs grands étendards rouge et or, frappés d’un lion héraldique, et sur leurs épaules une cape de même couleur qui n’est pas sans rappeler le symbolisme de la chrétienté médiévale. Aux dires d’un journaliste peu suspect de connivence avec la TFP, c’est dans ces occasions-là que la TFP déploie son « charme grandiose ».

Plinio Corrêa de Oliveira, batailleur clairvoyant et infatigable au service des droits de l’Eglise et de la civilisation chrétienne, a été qualifié à juste titre de « Croisé du XXe siècle ». Devant ses 87 ans de vie — dont 67 de luttes incessantes — la TFP française, en union avec toutes les autres TFP, exprime son admiration enthousiaste et sa profonde gratitude. A l’unisson avec ce qu’il y avait de plus profond dans l’âme de Plinio Corrêa de Oliveira, elle se tourne vers la Très Sainte Vierge car c’est à Elle que revient cette admiration fervente et cette reconnaissance émue.

 

Résolue à marcher sur les traces de son fondateur, la TFP fait siennes ses paroles :

 

« Je suis sûr que les principes auxquels j’ai consacré ma vie sont plus actuels que jamais et qu’ils montrent le chemin que le monde suivra dans les siècles futurs. Les sceptiques pourront sourire, mais le sourire des sceptiques n’a jamais pu arrêter la marche victorieuse des hommes qui ont la foi»

 

 

 

Messe célébrée par le cardinal Alfons Maria Stickler pour l’âme du Pr. Corrêa de Oliveira le 11 novembre 1995 à Rome

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     Traduction d’un passage du discours de S. Em. le cardinal Stickler sur le regretté leader catholique brésilien :

« Je peux dire defunctus actu loquitur – le mort parle encore. Il a parlé et continue à parler à travers sa doctrine, son exemple, ses institutions. Et je crois que nous pouvons le remercier en l’imitant, avant tout en accueillant ses doctrines, en s’engageant dans l’action, mais surtout en imitant son exemple. Il a passé sa vie à conduire, à travers son exemple, à la pratique de ces vérités, à l’action qu’on demande à un chrétien cohérent ».

Pour en connaître plus sur le Pr. Corrêa de Oliveira :

Accédez à la page Plinio Corrêa de Oliveira

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