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Les demi-vérités sont la cause de la ruine

   La plupart des gens de ma génération, c’est-à-dire ceux qui sont nés au début du siècle, rompirent d’une façon profonde avec les modèles idéologiques et culturels de la vieille Europe.Paris_Exposition_Quai_d'Orsay,_German_Maritime_Building,_Paris,_France,_1900_n2

  Par contre, ils s’ouvrirent avec enthousiasme à l’influence des Etats-Unis, considérés à cette époque comme l’apogée de l’avant-gardisme.
 Quoiqu’ils n’aient pas adhéré complètement à l’une ou à l’autre de ces attitudes, c’est résolument vers cette direction qu’ils sont partis « en avant ».

  Cependant, du point de vue religieux, ils ont fait le chemin à l’envers : ils ont commencé dans un indifférentisme qui marquait même beaucoup des catholiques pratiquants; mais depuis trente années ils ont évolué vers une attitude d’intérêt et de respect pour la Religion.
  Une partie considérable de cette majorité est même arrivée à la pratique religieuse Il me semble que ceux de ma génération ressentent aujourd’hui quelque désillusion par rapport à l’ « américanisme ». Ils ne s’attendait jamais au chaos dans lequel le monde s’est plongé.

   Devant ce chaos, ils restent profondément perplexes, et très alarmés.

Election_de_Clotilde_Ozouf_en_1900  La période de l’entre-deux-guerres, dans laquelle ma génération s’est formée, fut marquée d’abord par le zénith de l’influence « hollywoodienne », et donc par un féminisme agressif, par la marée de la modernité, par le débordement de  l’enthousiasme pour les nouvelles inventions (surtout le développement du cinéma, de l’automobilisme et de l’aviation).

  Ce sont tous des faits qui ont suivi la Première Guerre Mondiale. On prévoyait déjà que le communisme serait le grand problème des années à venir. Des cercles très larges devenaient inquiets de la question sociale.

 Une telle rupture avec le passé et un tel avancement vers la gauche ont éveillé, comme contrecoup, des tendances vers la droite. Ces réactions furent polarisées, exacerbées et détournées par le nazisme, par le fascisme et leurs congénères, qui ont instauré un socialisme camouflé de droitisme, au lieu d’entrer en choc avec lui.

 Toute cette série de faits s’est prolongée jusqu’à la Deuxième Guerre Mondiale. Celle-ci terminée, a débuté ce que j’appellerais la « cancérification » de l’univers. En d’autres mots, tout a grandi comme un cancer, prenant des proportions babyloniennes : les risques d’une nouvelle guerre nucléaire, le pouvoir des super-grands, le développement de la technique, l’efficacité de la propagande, la « massification » de l’homme, l’universalité des agitations, la super-spécialisation des sciences, etc.

  Un excès de vitesse, un excès d’abondance dans la production du mal, et même de certaines choses qui sont bonnes, un manque de  rythme et de mesure dans toutes les choses, tout cela a transformé le monde dans un chaos inhumain.

 

cet article continue… 

 

Article du professeur Plinio Corrêa de Oliveira, publié dans le Diario de S. Paulo, le 14 juin 1970 (Brésil)  Le texte ci-dessus a été traduit, adapté et publié par TFP Informe, Montréal, Septembre-Octobre 1985.      

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