- tfp-france.org - http://tfp-france.org -

La croix – Rien de si nécessaire

Chemin de Croix : Deuxième station – Jésus est chargé de sa Croix


« Crucem », la croix ; qu’il la porte, puisqu’il n’y a rien de si nécessaire, de si utile et de si doux, ni de si glorieux que de souffrir quelque chose pour Jésus-Christ.

Pour des pécheurs !

   En effet, chers Amis de la Croix, vous êtes tous pécheurs ; il n’y en a pas un parmi vous qui ne mérite l’enfer, et moi plus que personne. Il faut que nos péchés soient punis en ce monde ou dans l’autre ; s’ils le sont en celui-ci, ils ne le seront pas dans l’autre. Si Dieu les punit en celui-ci de concert avec nous, la punition sera amoureuse : ce sera la miséricorde, qui règne en ce monde, qui châtiera, et non la justice rigoureuse ; le châtiment sera léger et passager, accompagné de douceurs et de mérites, suivi de récompenses dans le temps et l’éternité.

  Mais si le châtiment nécessaire aux péchés que nous avons commis est réservé dans l’autre monde, ce sera la justice vengeresse de Dieu, qui met tout à feu et à sang, qui fera le châtiment ! Châtiment épouvantable, «horrendum», ineffable, incompréhensible : « quis novit potestatem irae tuæ ? » Châtiment sans miséricorde, «judicium sine misericordia», sans pitié, sans soulagement, sans mérites, sans bornes et sans fin.

Cathedrale_sculpture_portailprincipal_enfer -  Oui, sans fin, ce péché mortel d’un moment que vous avez fait, cette pensée mauvaise et volontaire qui a échappé à votre connaissance, cette parole que le vent a emportée, cette petite action contre la loi de Dieu, qui a si peu duré, sera punie une éternité, tant que Dieu sera Dieu, avec les démons dans les enfers, sans que ce Dieu des vengeances ait pitié de vos effroyables tourments, de vos sanglots et vos larmes capables de fendre les rochers !

  A jamais souffrir, sans mérite, sans miséricorde et sans fin ! 

 Y pensons-nous, mes chers Frères et Sœurs, quand nous souffrons quelque peine en ce monde ? Que nous sommes donc heureux de faire un si heureux échange d’une peine éternelle et infructueuse en une passagère et méritoire, en portant cette croix avec patience ! Combien avons-nous de dettes non payées !

  Combien avons-nous de péchés commis pour l’expiation desquels, même après une contrition amère et une confession sincère, il faudra que nous souffrions dans le purgatoire des siècles entiers, parce que nous nous sommes contentés en ce monde de quelques pénitences fort légères ! Ah ! payons dans ce monde à l’amiable en portant bien notre croix !

  Tout est payé à la rigueur jusqu’au dernier denier, jusqu’à une parole oiseuse, dans l’autre. Si nous pouvions seulement ravir au démon le livre de mort, où il a marqué tous nos péchés et la peine qui leur est due, que nous serions ravis de souffrir des années entières ici-bas, plutôt que de souffrir une seule journée en l’autre !

Pour des amis de Dieu !

  Ne vous flattez-vous pas, mes Amis de la Croix, d’être les amis de Dieu, ou de vouloir le devenir. Résolvez-vous donc à boire le calice, qu’il faut boire nécessairement, pour être fait ami de Dieu : «Calicem Domini biberunt et amici Dei facti sunt». Le bien-aimé Benjamin eut le calice, et les autres frères n’eurent que le froment. Le grand favori de Jésus- Christ a eu son cœur, a monté au Calvaire et a bu au calice. « Potestis bibere calicem ? »

  Il est bon de désirer la gloire de Dieu ; mais la désirer et la demander sans se résoudre à tout souffrir, c’est une folle et extravagante demande : « nescitis quid petatis… Oportet per multas tribulationes » : il faut, «oportet».

  C’est une nécessité, c’est une chose indispensable ; il faut que nous entrions dans le royaume des cieux par beaucoup de tribulations et de croix.

Pour des enfants de Dieu !

  Vous vous glorifiez avec raison d’être les enfants de Dieu. Glorifiez-vous donc des coups de fouet que ce bon Père vous a donnés et vous donnera dans la suite, car il fouette tous ses enfants.

 Antonio_Rodríguez_-_Saint_Augustine_- detail Si vous n’êtes pas du nombre de ses fils bien-aimés, vous êtes, – oh ! quel malheur ! oh ! quel coup de fouet ! – vous êtes, comme dit saint Augustin, du nombre des réprouvés. Celui qui ne gémit pas dans ce monde, comme un pèlerin et un étranger, ne se réjouira pas dans l’autre monde comme un citoyen du ciel, dit le même saint Augustin.

  Si Dieu le Père ne vous envoie pas de temps en temps quelques bonnes croix, c’est qu’il ne se soucie plus de vous, c’est qu’il est en colère contre vous ; il ne vous regarde plus que comme un étranger hors de sa maison et de sa protection, ou comme un enfant bâtard qui, ne méritant pas d’avoir sa portion dans l’héritage de son père, n’en mérite pas les soins et la correction.

 

 

   Cet article continue…

Extrait : Lettre circulaire aux Amis de la Croix du grand apôtre marial, saint Louis-Marie Grignion de Montfort ( II. PRATIQUES DE LA PERFECTION CHRETIENNE – C. 21 – 25 ).

Lire aussi : Qu’il porte sa croix

  

 

S’ABONNER À TFP-FRANCE – par Email:

Delivered by FeedBurner