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La croix – Rien de si nécessaire – Partie 3 finale

Le Saint-Esprit compare la croix :

Église_de_Montarcher-Christ_de_la_Croix_de_Parvis- detail– tantôt à un van qui purifie le bon grain de la paille et des ordures : laissez-vous donc, sans résistance, comme le grain du van, ballotter et remuer ; vous êtes dans le van du Père de famille, et bientôt vous serez dans son grenier ;

– tantôt à un feu qui ôte  la rouille du fer  par la vivacité  de ses flammes : notre Dieu est un feu consumant qui demeure par la croix dans une âme pour la purifier, sans la consumer, comme autrefois dans le buisson ardent ;

– tantôt à un creuset d’une forge, où le bon or se raffine, et  où le  faux s’évanouit  en fumée : le bon en souffrant patiemment l’épreuve du feu, le faux en s’élevant en fumée contre ses flammes ; c’est dans le creuset de la tribulation et de la tentation que les vrais amis de la Croix se purifient par leur patience, tandis que ses ennemis s’en vont en fumée par leur impatience et leurs murmures.

Il faut souffrir comme les saints…

  Regardez, mes chers Amis de la Croix, regardez devant vous une grande nuée de témoins, qui prouvent, sans dire un mot, ce que je dis. Voyez, comme en passant, un Abel juste et tué par son frère ; un Abraham juste et étranger sur la terre ; un Loth juste et chassé de son pays ; un Jacob juste et persécuté par son frère ; un Tobie juste et frappé d’aveuglement ; un Job juste et appauvri, humilié et frappé d’une plaie depuis les pieds jusqu’à la tête.sacchi-stpaul

  Regardez tant d’Apôtres et de Martyrs empourprés de leur sang ; tant de Vierges et de Confesseurs appauvris, humiliés, chassés et rebutés, qui tous s’écrient avec saint Paul : « Regardez notre bon Jésus, l’auteur et le consommateur de la foi » que nous avons en lui et en la Croix ; il a fallut qu’il ait souffert pour entrer par la Croix dans sa gloire.

  Voyez, à côté de Jésus-Christ, un glaive perçant qui pénètre jusqu’au fond le cœur tendre et innocent de Marie, qui n’avait jamais eu aucun péché, ni originel ni actuel.

  Que ne puis-je m’étendre ici sur la Passion de l’un et de l’autre, pour montrer que ce que nous souffrons n’est rien en comparaison de ce qu’ils ont souffert ! Après cela, qui de nous pourra s’exempter de porter sa croix ? Qui de nous ne volera pas avec rapidité dans les lieux où il sait que la croix l’attend ?

  Qui ne s’écriera avec saint Ignace martyr :

 « Que le feu, que la potence, que les bêtes et tous les tourments du démon viennent fondre sur moi, afin que je jouisse de Jésus-Christ ! » 

…sinon comme les réprouvés.

  Mais enfin, si vous ne voulez pas souffrir patiemment, et porter votre croix avec résignation comme les prédestinés, vous la porterez avec murmure et impatience comme les réprouvés.Wignehies_(Nord,_Fr)_chemin_de_Croix,_station_05 - detail

  Vous serez semblables à ces deux animaux qui traînaient l’Arche d’alliance en mugissant.

  Vous imiterez Simon de Cyrène, qui mit la main à la Croix même de Jésus- Christ malgré lui, et qui ne faisait que murmurer en la portant. Il vous arrivera enfin ce qui est arrivé au mauvais larron, qui du haut de sa croix tomba dans le fond des abîmes.

  Non, non, cette terre maudite où nous vivons ne fait point de bienheureux ; on ne voit pas bien clair en ce pays de ténèbres ; on n’est point dans une parfaite tranquillité sur cette mer orageuse ; on n’est point sans combats dans ce lieu de tentation et ce champ de bataille ; on n’est point sans piqûres sur cette terre couverte d’épines.

  Il faut que les prédestinés et les réprouvés y portent leur croix, bon gré mal gré.

  Retenez ces quatre vers :

Choisis une des croix que tu vois au Calvaire,
Choisis bien sagement ; car il nécessaire
De souffrir comme un saint, ou comme un pénitent,
Ou comme un réprouvé qui n’est jamais content.  

  C’est-à-dire, que si vous ne voulez pas souffrir avec joie comme Jésus-Christ, ou avec patience comme le bon larron, il faudra que vous souffriez malgré vous comme le mauvais larron ; il faudra que vous buviez jusqu’à la lie du calice le plus amer, sans aucune consolation de la grâce, et que vous portiez le poids tout entier de votre croix, sans aucune aide puissante de Jésus-Christ.

  Il faudra même que vous portiez le poids fatal que le démon ajoutera à votre croix, par l’impatience où elle vous jettera, et qu’après avoir été malheureux avec le mauvais larron sur la terre, vous alliez le trouver dans les flammes.

 

 

 Extrait :
   Lettre circulaire aux Amis de la Croix du grand apôtre marial, saint Louis-Marie Grignion de Montfort ( II. PRATIQUES DE LA PERFECTION CHRETIENNE – C. 29 – 33)
.

Lire aussi :

– La croix – Rien de si nécessaire 
– La croix – Rien de si nécessaire – Partie 2 

 Qu’il porte sa croix

  

 

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