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Une plongée dans l’Histoire de Paris

Le cœur de la France

KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA W.G.S.

   Si la France a un cœur, il est dans la région qui lui donne son nom : l’Île de France ; au cœur de cette région, nous retrouverons la ville de Paris ; et au cœur de Paris l’île de la Cité. En effet, dans cette petite île siègent depuis presque deux mil ans les deux pouvoirs : le pouvoir civil, dans le palais de la cité ; le pouvoir religieux, dans la cathédrale de Notre-Dame.

 Commençons par le palais de la cité. Il se trouvait autrefois à l’endroit occupé aujourd’hui par le palais de Justice. Celui-ci se trouve justement sur l’emplacement du premier palais des rois de France, dont des débris ont été retrouvés lors de fouilles effectuées en 1784 et 1849, d’après Jacques Hillairet [1].

   Dès l’époque de l’empire romain on y trouvait la demeure fortifié des autorités romaines, siège des magistratures principales et résidence officielle des autorités de passage. Julien, nommé gouverneur des Gaules vers 355, y habita et fut proclamé empereur par ses soldats en 360. On ne sait si Clovis y logea, mais ses successeurs  y résidaient lorsqu’ils étaient à Paris : Childebert 1er, Chilpéric 1er et sa femme Frédégonde, Clotaire II, Dagobert 1er et son fils Clovis II (sixième et septième siècle). Plus tard l’habitèrent Pépin le Bref, Charlemagne, Louis le Pieux et Charles le Chauve (huitième et neuvième siècle).

   Ce palais a souffert des invasions des Normands. Ce qui a amené le fils d’Hugues Capet, Robert le Pieux (996-1031), à reconstruire, sur l’emplacement de l’ancien prétoire gallo-romain, la salle du roi et le logis du roi. Louis VI Le Gros (1108-1137) construisit la grosse tour et Louis VII (1137-1180) ajouta l’oratoire et l’église St-Michel. La Sainte Chapelle n’existait pas encore. Les logis du roi et de la reine ont disparu en 1871 lors de l’incendie provoqué par la Commune.

   Le logis du roi donnait : à l’est, sur un petit jardin (emplacement de la cour des femmes de la Conciergerie) ; au nord : sur un plus grand, le jardin du roi, où saint Louis rendit la justice comme sous le chêne de Vincennes, où le roi d’Angleterre Henri III, son grand vassal pour la Guyenne, lui rendit hommage et où se déroulèrent des fêtes de chevalerie ; à l’ouest, ©Photo. R.M.N. / R.-G. Ojédahors de l’enceinte, dans le verger du roi, étaient plantées des treilles qui s’étendaient jusqu’à la maison de la Pointe (aujourd’hui place Dauphine).

   Ce palais fut habité par Philippe Auguste, qui y était né et s’y maria. Il était alors limité au nord par un mur d’enceinte parallèle à la Seine, dont le séparaient, du côté du débouché du pont au Change, des maisons particulières appartenant à des ascendants d’Etienne Marcel et, plus à l’ouest, l’hôtel des comtes de Bretagne.

   Sous son règne, le palais subit une inondation qui y causa de grands ravages, au point d’obliger le roi à l’évacuer et à résider provisoirement dans l’abbaye de Sainte-Geneviève.

    Philippe Auguste se plaignit aussi de la puanteur de son palais, due à l’odeur infecte des boues soulevées par les charrois circulant dans la rue Saint-Barthélemy (bd du Palais) ; ce fut la raison du premier pavage des rues de Paris. 

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  Saint Louis (1226-1270) fut un grand bâtisseur puisqu’il éleva, dans l’enclos du palais, la Sainte-Chapelle et la galerie des Merciers, qui la raccordait à son palais et, à l’extérieur de l’enclos, en bordure du bras nord de la Seine, la tour Bonbec et une salle, dite la salle sur l’eau, dont les derniers vestiges ont disparu en 1865, lors de la construction du bâtiment affecté à la Cour de cassation. Cette salle, située hors du palais, servait à certaines cérémonies solennelles.

   Philippe le Bel trouva ce palais trop petit et chargea, en 1298, Enguerrand de Marigny de le remplacer par une résidence plus vaste, s’étendant jusqu’au bras nord de la Seine, construite au goût du jour et permettant d’abriter ses services administratifs, judiciaires et financiers.

    Dès lors, le palais s’étendit, au nord, en bordure de la Seine depuis la salle sur l’eau et la tour Bonbec jusqu’à la rue de la Barillerie. 

   Les nouveaux bâtiments comportèrent, entre les tours d’Argent et de César, qui furent alors construites, la salle des gardes, édifiée sur l’ancien hôtel des comtes de Bretagne et, à la suite, le long du fleuve, jusqu’à la rue de la Barillerie, des communs : plomberie, fruiterie, échansonnerie, paneterie. Les approvisionnements, arrivés par la rivière, étaient emmagasinés au rez-de-chaussée, les logements étant situés au-dessus.

 


[1] Dictionnaire historique des rues de Paris, v. Palais (boulevard du). Nous devons à cette  précieuse source toutes les informations puisées pour cet article.


                                                                                                        cet article continue…

W.G.S, rédacteur et photographe, ancien collaborateur de l’agence de presse ABIM et de la revue Catolicismo, est chercheur en France depuis une quinzaine d’années.  

 

  

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