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Une plongée dans l’Histoire de Paris – Partie 2 finale

Philippe_IV_le_Bel - detail  Philippe le Bel remplaça la salle du roi, de Robert le Pieux, par un grand bâtiment, également est-ouest, contenant : au rez-de-chaussée, la salle des gens d’armes, dite actuellement, à tort, salle Saint-Louis et, à l’étage, la grand-salle ou salle haute (maintenant salle des Pas-Perdus).

  À l’est, le palais s’étendit jusqu’aux rues Saint-Barthélemy et de la Barillerie (bd du Palais) séparé par un fossé que franchissait le pont-levis commandant la porte principale encore visible dans le couloir souterrain du métropolitain qui débouche dans la cour du Mai.

  Cette porte franchie, on avait devant soi la cour d’honneur du palais bordée, à droite, par le bâtiment ci-dessus indiqué contenant, en bas, la salle des gens d’armes et, en haut, la grand-salle ; et, au fond, par la galerie des Merciers à laquelle on accédait par les grands degrés dont la dernière marche était dite pierre de marbre.

  La cour d’honneur se prolongeait sur la gauche de façon à entourer la Sainte-Chapelle. Elle était percée à la hauteur de celle-ci d’une porte secondaire, la porte Saint-Michel, ouvrant aussi sur la rue de la Barillerie à peu près à l’endroit où ouvre de nos jours sur le boulevard du Palais la porte de la cour de la Sainte-Chapelle.Paris130415 073 - detail

  En 1328, avènement des Valois, Jean le Bon (1350-1364) acheva l’aménagement du côté nord du palais en faisant construire, vers 1353, la salle des cuisines, dite actuellement, et aussi à tort, « cuisines de saint Louis », et la tour de l’Horloge.

  Le matin du 22 février 1357, le dauphin Charles (le futur Charles V) vit assassiner à ses côtés par les séides d’Etienne Marcel, le maréchal de Champagne et le maréchal de Normandie, qui furent ensuite traînés sanglants jusqu’à la pierre de marbre où ils restèrent longtemps exposés.

  Peu de mois après, le dauphin quittait définitivement ce palais pour s’installer à l’hôtel Saint-Pol et puis au Louvre. Le palais de la cité fut abandonné au Parlement par Charles VII, en 1431. Ce fut la fin du palais des rois capétiens, dont il subsiste seulement la salle des Gardes, la salle des Gens d’Armes, les cuisines et les tours en bordure de la Seine.

  Le 7 mars 1618, un incendie détruisit la grand-salle ou salle haute. Jusqu’alors, cet étage supérieur, de mêmes dimensions que le rez-de-chaussée, était formé de deux nefs en charpente séparées par une épine de huit piliers et couvertes de combles en forme de carènes renversées. Chaque roi de France avait sa statue contre ces piliers et contre ceux qui étaient engagés. Cela formait une longue suite de 58 rois de pierre, de Pharamond à Henri III, tous peints d’or et d’azur. Il ne restait plus de place pour recevoir une nouvelle statue lorsque cette salle brûla…

  On y voyait aussi, sur le côté ouest, la fameuse table de marbre (constituée par neuf pièces habilement jointes) où, au temps des rois, se dressaient les repas officiels et sur laquelle on jouait des farces et des mystères : la juridiction de la connétablie, de l’amirauté et des eaux et forêts de France y siégea plus tard.

  Des peaux d’animaux exotiques, un crocodile, un énorme serpent ramené par Godefroy de Bouillon, étaient suspendus à la voûte de la grand-salle ; ses murs étaient polychromes comme les statues et le sol formé de carreaux noirs et blancs comme un échiquier.

Le_Louvre_sous_Louis_XIII,_1622 - detail

  Nous avons vu que la grand-salle, incendiée en 1618, fut reconstruite en 1622 para Salomon de Brosse. Réparée en 1683, incendiée à nouveau par la Commune en 1871, elle a été refaite, de 1872 à 1878, par Duc et Daumet, dans l’esprit de la précédente ; c’est la salle des Pas-Perdus actuelle. Elle communiquait avec la Sainte-Chapelle par la galerie des Merciers (galerie Marchande) garnie de nombreuses boutiques, dont les dernières ont disparu en 1840.

  Dans cette grand-salle ouvrait la grand-chambre du Parlement, celle où se tenaient les lits de justice, celle où Louis XIV, âgé de 16 ans, vint, en tenue de chasse, imposer ses ordres au Parlement, et où celui-ci cassa le testament du roi.

  Située au-dessus de la salle des gardes, elle avait été construite, comme elle, sous Philippe le Bel ; reconstruite sous Louis XII, en 1502, et dotée d’un célèbre plafond à caissons, décoré par Fra Giovanni Giocondo, qui disparut à la Révolution lorsqu’y siégea le Tribunal révolutionnaire, à partir du 6 avril 1793.

  Siège de la chambre criminelle de la Cour de cassation sous Louis-Philippe, restaurée en 1866, incendiée en 1871 par la Commune, la grand-chambre a été reconstituée dans son style primitif par Duc et Daumet, mais sur une surface réduite ; c’est actuellement la première chambre du Tribunal civil.

Paris-palais-de-justice- detail

 

  On arrête ici l’histoire du palais de la cité, en réservant pour un autre article d’autres éléments avec tout ce qui touche son plus précieux joyau : la Sainte Chapelle.

 


 

 

  W.G.S, rédacteur et photographe, ancien collaborateur de l’agence de presse ABIM et de la revue Catolicismo, est chercheur en France depuis une quinzaine d’années.

                              ( cliquez ici pour lire la première partie de l’article ) 

  

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