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Égalitarisme et haine de Dieu

 

   Même les rapports entre les hommes et Dieu passent par ce changement niveleur.

  La mentalité moderne est profondément influencée par le panthéisme, par l’immanentisme et par toutes les formes ésotériques de religion qui visent à établir entre Dieu et les hommes des rapports d’égalité, et à doter l’humanité des propriétés divines.

 L’athée est un égalitaire qui veut éviter l’affirmation absurde selon laquelle l’homme est Dieu, et qui admet pour cela un autre concept absurde en affirmant que Dieu n’existe pas.

  Le laïcisme est une forme d’athéisme et, par conséquent, d’égalitarisme. Il proclame qu’il est impossible de certifier l’existence de Dieu et donc que l’homme, dans la sphère temporelle, doit agir comme si Dieu n’existait pas, c’est-à-dire comme une personne ayant détrôné Dieu.

  Saint Thomas enseigne1 que la diversité des créatures et leur échelonnement hiérarchique sont un bien en soi, car les perfections du Créateur resplendissent mieux dans la Création de cette manière. Il ajoute que, parmi les anges2, comme parmi les hommes, dans le Paradis terrestre comme sur cette terre d’exil3, la Providence institua l’inégalité.

   C’est pourquoi un univers de créatures égales éliminerait dans toute la mesure du possible la ressemblance des créatures avec leur Créateur. Haïr par principe toute espèce d’inégalité revient donc à s’opposer métaphysiquement aux meilleurs éléments de ressemblance entre le Créateur et la création: c’est haïr Dieu.

1. Cf. « Contre les Gentils », II, 45 ; « Somme Théologique », I, q. 47, a. 2. 
2. Cf. « Somme Théologique », I, qq. 50, a. 4. — 3. Cf. op. cit., I, q. 96, a. 3 et 4.

  Tous ces exemples d’avancées du mouvement égalitaire, dans tous les domaines et dans tous les pays, en suscitent sans doute bien d’autres dans l’esprit du lecteur. On pourrait discuter si telle ou telle modification trouve une justification dans le fait de rectifier un abus évident ou si telle nouveauté est un changement admissible.

  Mais on est bien obligé de s’étonner que toutes les solutions proposées aux problèmes d’aujourd’hui aillent toujours dans un sens égalitaire.

 Il n’y a pour ainsi dire pas une transformation qui ne produise un nivellement, qui ne favorise, directement ou non, le cheminement de la société vers un état de choses complètement égalitaire.

 Cette uniformité dans le mouvement n’est pas naturelle. C’est une façon de forcer la réalité pour faire vivre un désir. L’égalité est le but vers lequel tendent les aspirations des masses, la mystique qui gouverne l’action de presque tous les hommes, l’idole sous l’égide de laquelle l’humanité espère trouver son âge d’or.

Le caractère religieux du mouvement égalitaire

   Ce mouvement, ou plutôt cette révolution impalpable, possède un fort caractère religieux parce que c’est une mystique. L’égalité, arborée en valeur métaphysique suprême, prétend être le principe directeur en fonction duquel tous les hommes doivent s’ordonner s’ils veulent atteindre la perfection. C’est un « idéal » que l’on chérit avec une ferveur religieuse.

  D’où vient cette adoration, alors même qu’elle n’a pas, à proprement parler, de dieu à vénérer et de culte à pratiquer ? Elle trouve son intensité impétueuse dans la passion de l’orgueil qui amène celui qui y cède à aimer l’égalitarisme de toute la force de son âme. Car l’orgueilleux, qui prétend d’abord être au-dessus de tout, très vite veut surtout qu’il n’y ait personne au-dessus de lui, quitte pour cela à tout niveler.

  L’égalitarisme est donc un mysticisme religieux et, comme tout mysticisme, il est intolérant. Le vent qui souffle dans le monde d’aujourd’hui est un vent d’intolérance égalitaire. Cette intolérance est d’ailleurs l’un des éléments qui prouvent son caractère religieux, et elle peut aller jusqu’à la persécution.

   En face de cette révolution égalitaire universelle, qui atteint tous les domaines de la vie en société, mais est bien souvent impalpable, le catholique est placé dans une situation diamétralement opposée et incompatible avec ce mouvement.

   Pour bien comprendre l’enseignement des Papes au sujet des inégalités justes et nécessaires, il faut d’abord distinguer le concept chrétien d’égalité basé sur la réalité de la nature humaine, ses limites, et ce en quoi il s’oppose au mouvement égalitariste.   

 

Les limites de l’inégalité

   Les hommes sont tous égaux par leur nature et diffèrent seulement par leurs accidents. Les droits qui leur viennent du simple fait d’être hommes sont égaux pour tous: droit à la vie, à l’honneur, à des conditions d’existence suffisantes et donc au travail, à la propriété et à la pratique de la vraie religion. Les inégalités qui portent atteinte à ces droits se dressent contre l’ordre instauré par la Providence. C_O_A_pio_xii

  Toutefois, si elles respectent ces limites, les inégalités provenant d’accidents comme la vertu, le talent, la beauté, la force, la famille, la tradition, etc. sont justes et conformes à l’ordre de l’univers4.


4. Cf. Pie XII, Message radiodiffusé de Noël, 1944, « Discorsi e Radiomessaggi », vol. VI, p. 239.

 

 Articles dans la série:

L’idéal catholique d’une société fraternelle, parce qu’harmonieusement inégalitaire

Quelques exemples d’avancées du mouvement égalitaire universel

 

   

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