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L’enseignement des Papes sur les inégalités justes et nécessaires – Partie 3

 


Doctrine de l’Église :


L’enseignement des Papes sur les inégalités justes et nécessaires  

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  7. Les classes sociales doivent s’intégrer dans la société de la même façon que les divers membres du corps humain s’ajustent entre eux

  Un peu plus loin, le Pontife Léon XIII déclare:

« L’erreur capitale dans la question présente, c’est de croire que les deux classes sont ennemies-nées l’une de l’autre comme si la nature avait armé les riches et les pauvres pour qu’ils se combattent mutuellement dans un duel obstiné.

« C’est là une affirmation tellement déraisonnable et fausse que la vérité se situe à l’opposé.

« Car de même que dans le corps humain les différents membres s’ajustent entre eux et déterminent ces relations harmonieuses appelées symétrie, de même la nature exige que dans la société les classes s’intègrent les unes aux autres et que, de leur collaboration mutuelle, naisse un juste équilibre.

« Elles ont un impérieux besoin l’une de l’autre : il ne peut y avoir de capital sans travail, ni de travail sans capital. La concorde engendre l’ordre et la beauté alors que d’un conflit perpétuel ne peut résulter que la confusion de luttes sauvages7. »

7. Acta Sanctae Sedis, Ex Typographia Polyglotta, Romae, 1890-91, vol. XXIII, p. 648-649.

 8. L’Église aime toutes les classes ainsi qu’une inégalité harmonieuse entre elles

Dans son allocution au Patriciat et à la Noblesse romaine (24-1-1903), ce même Pape enseigne:

« Les Pontifes romains ont toujours eu un égal attachement à protéger et à améliorer le sort des humbles, ainsi qu’à protéger et élever les conditions des classes supérieures. Ils sont en effet les continuateurs de la mission de Jésus-Christ, non seulement dans l’ordre religieux, mais aussi dans l’ordre social. […]

« C’est pourquoi l’Église, en prêchant aux hommes qu’ils sont tous fils du même Père céleste, reconnaît comme une condition providentielle de la société humaine la distinction des classes; pour cette raison, Elle inculque que c’est seulement dans le respect réciproque des droits et des devoirs et dans la charité mutuelle que repose le secret du juste équilibre, du bien-être honnête, de la paix véritable et de la prospérité des peuples.

« Nous aussi, déplorant les agitations actuelles qui perturbent la vie sociale, Nous avons plus d’une fois tourné Notre regard vers les classes les plus humbles, qui sont plus perfidement assaillies par les sectes perverses, et Nous leur avons offert les soins maternels de l’Église.

« Plus d’une fois, Nous avons déclaré que le remède à ces maux ne sera jamais l’égalité qui subvertit les ordres sociaux, mais cette fraternité qui, sans nuire en rien à la dignité de la position sociale, unit les coeurs de tous dans les mêmes liens de l’amour chrétien8. »

8. Leonis XIII Pontificis Maximi Acta, Ex Typographia Vaticana, Romae, 1903, vol. XXII, p. 368.

9. La société doit posséder princes et sujets, patrons et prolétaires, riches et pauvres, savants et ignorants, nobles et plébéiens

Dans le Motu proprio Fin dalla prima (18-12-1903), saint Pie X résume ainsi la doctrine de Léon XIII sur les inégalités sociales :

Saint Pie X

« I. La société humaine, telle que Dieu l’a établie, est composée d’éléments inégaux, de même que sont inégaux les membres du corps humain; les rendre tous égaux est impossible et serait la destruction de la société elle-même (Enc. Quod apostolici muneris).

« II. L’égalité des divers membres de la société réside uniquement dans le fait que tous les hommes tirent leur origine de Dieu leur Créateur, qu’ils ont été rachetés par Jésus-Christ, et qu’ils doivent, d’après la mesure exacte de leurs mérites, être jugés et récompensés ou punis par Dieu (Enc. Quod apostolici muneris).

« III. En conséquence, il est conforme à l’ordre établi par Dieu qu’il y ait dans la société des princes et des sujets, des patrons et des prolétaires, des riches et des pauvres, des savants et des ignorants, des nobles et des plébéiens qui, tous unis par un lien d’amour, doivent s’aider réciproquement à atteindre leur fin dernière dans le ciel et, sur la terre, leur bien-être moral et matériel (Enc. Quod apostolici muneris)9. »

9. Acta Sanctae Sedis, Ex Typographia Polyglotta, Romae, 1903-1904, vol. XXXVI, p. 341.

10. Certaines démocraties poussent la perversité jusqu’à  poursuivre la suppression et le nivellement des classes

 De la Lettre apostolique Notre charge apostolique, de saint Pie X (25-8-1910) :

« Le Sillon, emporté par un amour mal entendu des faibles, a glissé dans l’erreur.

« Le Sillon se propose en effet le relèvement et la régénération des classes ouvrières. Or sur cette matière, les principes de la doctrine catholique sont fixés, et l’histoire de la civilisation chrétienne est là pour en attester la bienfaisante fécondité.

« Notre prédécesseur, d’heureuse mémoire, les a rappelés dans des pages magistrales, que les catholiques s’occupant de questions sociales doivent étudier et toujours garder sous les yeux.

« Il a enseigné notamment que la démocratie chrétienne doit “maintenir la diversité des classes qui est assurément le propre de la cité bien constituée, et vouloir, pour la société humaine, la forme et le caractère que Dieu, son auteur, lui a imprimés”.

« Il a flétri “une certaine démocratie qui pousse la perversité jusqu’à attribuer, dans la société, la souveraineté au peuple et à poursuivre la suppression et le nivellement des classes”10. »

10. Acta Apostolicae Sedis, vol. II, nr. 16, 31-8-1910, p. 611. 

cet article continue…

Articles dans la série:

 –  L’enseignement des Papes sur les inégalités justes et nécessaires – Partie 1

 –  L’enseignement des Papes sur les inégalités justes et nécessaires – Partie 2

  

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