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Derrière Maastricht, l’utopie d’un gouvernement mondial

  Un courant d’utopistes attachés à dissoudre les nations en des entités aux contours de moins en moins définis, n’hésite pas à rêver — en guise de programme politique à appliquer coûte que coûte — d’une Europe de l’Atlantique à l’Oural, pour ne pas dire de Lisbonne à Vladivostok. Il veut empiler les grandes unités supra-nationales les unes sur les autres, formant ainsi des Babel politiques, des magmas humains au milieu desquels l’homme sombre dans l’anonymat.

photo 1  Le terme de ce processus sera logiquement un super-gouvernement mondial. A mesure qu’il dévorera tout ce qui est vivant, personnel, régional et caractéristique, celui-ci exigera l’installation d’immenses « laboratoires » bureautechnocratiques de planification internationale, au service du « Big Brother » décrit par George Orwell dans « 1984 », où seule la date est erronée.

  Ce serait l’échelon suprême au-dessus des eurocrates de Bruxelles réduits dès lors à un rôle secondaire. De là partiraient vers tous les points cardinaux, vers New York comme vers Paris ou Singapour, vers Genève ou Brasilia, les mots d’ordre selon lesquels tous les hommes doivent, tout d’un coup, travailler ou se reposer, prier ou refuser la légitimité de toute religion, manger, faire du sport ou mêler leurs races.

  Cette tendance s’est clairement manifestée au cours des travaux préparatoires du « Sommet de la Terre » tenu à Rio en juin dernier [1992]. En prétendant faire face à des menaces écologiques de caractère « planétaire », on y proposait ouvertement l’instauration d’un super-gouvernement mondial vert.

  Cette même tendance apparaît dans certains projets des Etats-Unis d’Europe. Que l’on compare chaque nation européenne avec l’ensemble communautaire renforcé à Maastricht : les différences sont en tout point analogues à celles qu’on peut imaginer entre l’Union européenne naissante et une éventuelle Pan-Europe allant de Lisbonne à Vladivostok ; ou encore aux différences entre cette dernière et la nouvelle Babel universelle tant rêvée.

  La désinvolture avec laquelle cette planification accélérée est mise en place étonne. En effet, il y a en l’espèce une certaine analogie avec la feue URSS, dont l’écroulement catastrophique devrait convier les utopistes à une prudence bien plus grande. Car dans dans tout le territoire autrefois gouverné par les tsars, le citoyen soviétique sans droits, sans libertés, sans biens, modelé par soixante-treize ans de centralisation dictatoriale et de maintien de l’ordre carcéral et policier, fut-il autre chose que le précurseur de l’individu-masse planétaire ?photo - detail

  Soulignons une fois de plus le caractère policier sans lequel de tels édifices ne peuvent tenir et, rappelons les prisons, les camps de concentration, les prisons-hospices, etc., indissociables de ce caractère policier. Car là où il ne reste plus de vestige de liberté, on ne sait ce que pense véritablement chaque individu, et surtout ce qu’il dirait s’il pouvait s’exprimer librement. 

  En conséquence, la masse humaine devient une inconnue pérenne et inquiétante contre laquelle le gouvernement « planétaire » ne se croira sûr que s’il se sent fort et tyrannique.

Un utopisme qui ne désarme pas même devant l’échec soviétique

   Un beau jour de 1991, l’Union Soviétique s’est écroulée. Le monde entier s’imagina que la détente des forces réprimées durant si longtemps provoquerait des explosions ou des convulsions de tous ordres. Ce fut le cas, certes, mais dans des proportions si réduites qu’on s’en étonne. L’immense magma soviétique de peuples, de cultures et de possibilités économiques insondables, n’a presque pas bougé.

  Son mouvement a été celui d’un mendiant qui tend d’une main rachitique un chapeau troué à ses ennemis de la veille si injuriés et si calomniés, leur implorant les dollars, livres, francs ou marks dont il a besoin pour forger les instruments de son propre redressement.

  Ils ont reçu leurs pièces Mais les mains dans lesquelles elles tombaient ne savaient plus travailler. Cette mendicité mélancolique n’a pas servi à grand-chose, car à ces mains manquait la vie. Le peuple s’était transformé en masse. Et le résultat est désolant : anémie, inertie, goût du vagabondage, alcoolisme…

  Ce spectre devrait naturellement inviter à la réflexion les incorrigibles utopistes de l’Occident, qui ruminent encore tant de variantes optimistes de la chimère forgée par les révolutionnaires russes de 1917.

  Mais non ! Ils poursuivent, avec une imperturbable sérénité, la téméraire réalisation de leurs plans. Et lorsqu’une nation riche en liberté et en vitalité s’est exprimé sans inhibition contre les rêves de Maastricht, beaucoup d’entre eux ont réagi comme s’ils avaient entendu un blasphème.  

  D’autres, craignant de nouvelles défaites, n’ont pas songé à rectifier leurs plans. Ils se sont contentés de les conserver, intangibles comme des idoles, et d’en recommander une exécution plus lente, pour moins effrayer les peuples qui, tôt ou tard, devront s’y soumettre !

 10501693_821819094507964_7214571879851752732_n Français de 1992, accepterons-nous d’être traités en marchandise plus qu’en êtres humains, en masse humaine plus qu’en grand peuple authentique, soucieux de garder la continuité avec son passé, et conscient de la mission historique qui lui revient pour l’avenir ?

 


 

Extraits de La TFP dit « NON » à Maastricht –  Un traité illisible : peut-on l’approuver ?   —    25 août 1992 – fête de Saint Louis, Roi de France

Le traité de Maastricht a été signé par l’ensemble des États membres de la Communauté économique européenne le 7 février 1992, après un accord conclu lors du Conseil européen de Maastricht, en décembre 1991.

 

Cliquez  ICI  pour lire l’article complet – La TFP dit « NON » à Maastricht

 


  

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