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Deux cent Pères Conciliaires demandent au Concile Vatican II une condamnation catégorique des erreurs socialistes et communistes – finale

II – Je vais maintenant traiter d’un autre aspect de la situation actuelle du Catholicisme.

  Avec la sagacité qui les caractérise, les communistes utilisent depuis ces dernières années une nouvelle stratégie. Le gouvernement soviétique proclame la nécessité de la coexistence pacifique et fait montre d’un libéralisme fictif. Ce relâchement momentané de la rigueur du système politique crée l’illusion d’une certaine évolution des nations communistes qui, insensiblement, s’achemineraient vers un type de société pouvant être toléré et même souhaité par les catholiques.

  Dans cette nouvelle société marxiste, l’Etat autoriserait une certaine liberté de langage et de pensée, adoucirait la rigueur policière, pourrait tolérer la religion, mais n’admettrait pas le droit de propriété, ni ne consentirait à l’usage de la propriété privée.Maurice Thorez - politique de la main tendue

  Un grand nombre de catholiques d’aujourd’hui jugent acceptable ce régime et, à leurs yeux, l’Eglise n’a rien d’essentiel à opposer à un tel Etat socialiste. Ils renforcent l’opinion de ceux qui déclarent que la propriété privée ne profite pas à l’Église, mais seulement aux propriétaires et ils pensent donc que l’Eglise n’a aucune raison de lutter en faveur du droit de propriété. Le catholique serait donc autorisé à adhérer et à soutenir un régime social dans lequel ce droit de propriété ne serait pas admis ou serait gravement diminué.

  S’appuyant sur de telles opinions, de nombreux catholiques estiment que la société occidentale, en raison des abus du régime capitaliste sous lequel ils vivent, est pire que la société communiste.

  Ils pensent réellement qu’il est impossible de remédier aux abus du capitalisme et donc, qu’il est indifférent pour la cause catholique que nous vivions sous un régime occidental libre ou sous la servitude communiste. Pis encore, ils n’ont pas honte de déclarer qu’is préfèrent le régime marxiste au régime des nations capitalistes.

III – Etant donné l’état actuel des choses, cette pénétration générale des idées et de la mentalité marxiste exige absolument que le Concile dise un mot pour tranquilliser la conscience chrétienne. Et, à mon sens, ce mot doit être dit, sous peine de causer un grave dommage aux âmes.

  Réellement, le marxisme et le communisme doivent être considérés comme les hérésies les plus grandes et les plus dangereuses  du siècle ; les fidèles ne comprendraient pas que le Concile n’aborde pas cette question d’une actualité brûlante.

Pétition

  Une constitution doctrinaire et pastorale vis-à-vis du marxisme, du socialisme et du communisme ne créera pas le moindre obstacle à l’action du Saint-Siège en faveur de l’existence pacifique de tous les hommes et de toutes les nations; aussi, me fondant sur les très graves raisons que j’ai exposées plus haut, je prie la Commission chargée des Affaires Extraordinaires du Concile Vatican II de présenter au Souverain Pontife le vœu de nombreux Évêques et fidèles, que le Très Saint Père procèdera à l’élaboration et à l’étude d’un schéma de constitution conciliaire dans laquelle:

  1. La doctrine sociale catholique serait exposée avec une grande clarté et dénoncées les erreurs du marxisme, du socialisme et du communisme, du point de vue philosophique, sociologique et économique;
  2. Ces erreurs seraient combattues, ainsi que cette mentalité, qui préparent l’esprit des catholiques à accepter le socialisme et le communisme, les rendant favorables à ces régimes.

Conclusion Vaticanprocession1


  Je connais, Eminence, l’opinion de nombreux Pères Conciliaires qui, mûs par la même angoisse, souhaitent traiter de ces problèmes en Concile.

 Je nourris l’espoir que, répondant à nos vœux, Votre Eminence présentera cette requête aux membres éminents qu’elle préside et fera ensuite connaître au Souverain Pontife le désir et la requête de Pères conciliaires aussi nombreux.

 


Dans le livre « Vatican II – une histoire à écrire », du Prof. Roberto de Mattei, (Muller Édidions, 2013, page 223, note 362),
  on peut lire : « Cf. Le texte de cette pétition in Catolicismo, nº 157 (1964), tr. It. In Cristianità, 19-20 (1976)Ce fut Plinio Corrêa de Oliveira qui rédigea la pétition contre le communisme signée par les Pères conciliaires. Cf. A-IPCO, Réunion du 26 août 1989. »

 


  

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