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Inégalités justes et nécessaires. Rappel d’une vérité oubliée – Partie 2

« Les catholiques ont peu à peu abandonné leur vision du monde qui avait modelé une authentique civilisation chrétienne »

 

Il y a deux conceptions de l’égalité, radicalement opposées. Et la ligne de partage de ces deux points de vue antagonistes divise la société en deux camps irréconciliables.

La première à s’affirmer, dans l’histoire du monde, est la conception chrétienne. Elle apparaît avec l’évangélisation et vient remettre en cause la cruauté du monde païen. En conséquence de l’enseignement de Notre Seigneur Jésus-Christ, les hommes comprennent qu’étant tous fils de Dieu, ils sont tous égaux du simple fait de leur appartenance à l’humanité. Tous les droits inhérents à la nature humaine sont les mêmes pour tous, à commencer par les premiers d’entre eux: le droit à la vie, à la dignité et à l’honneur, et donc à la liberté, ainsi que le droit de propriété qui est le droit de posséder les fruits de son travail, conséquence directe de la dignité et de la liberté de la personne humaine.

Jusqu’alors, le monde païen de l’antiquité refusait de reconnaître cette égalité fondamentale de tous les êtres humains. D’où l’esclavage, la condition inférieure de la femme, le mépris de la vie humaine et toutes les manifestations d’injustices et de cruautés d’un monde barbare et primitif qui bridait le plein épanouissement de la personne.

Pour le chrétien, et pour tous ceux qui se réfèrent à cette pensée, il n’y a pas de « sous-humanité » que l’on pourrait priver de ses droits fondamentaux. Ainsi, le droit à la vie est le même pour toutes les personnes humaines, quel que soit leur âge ou leur condition physique.

Par contre, cette conception chrétienne de l’égalité reconnaît qu’il y a des inégalités qui sont justes et nécessaires. Ce ne sont pas des inégalités « essentielles », liées à la nature humaine, mais simplement « circonstancielles ». C’est le cas du talent, de la beauté, de la vertu, du savoir et même de la naissance et de la richesse. Par exemple, l’inégalité qui existe entre l’élève et le professeur est une inégalité juste et nécessaire.

De la même façon que le benjamin dans une grande famille ne recevra pas le traitement de l’aîné, car chacun occupe une place hiérarchisée, de même, pour que la société puisse assurer l’épanouissement de chacun de ses membres, toutes les inégalités justes et nécessaires doivent être reconnues.

La sortie de La Madeleine

Ce fut là l’enseignement constant de l’Église catholique affirmant cette double réalité : les êtres humains sont tous égaux en ce qui concerne les droits essentiels découlant de la nature humaine, mais il y a en même temps des inégalités circonstancielles qui sont justes et nécessaires. On trouvera plus avant, en page 18, de nombreuses citations de l’enseignement des Papes dans ce sens.

En conséquence, pendant les siècles où la vision catholique du monde fut matrice de civilisation, l’âge, l’éducation, la culture, le métier, les biens et une foule d’autres circonstances nuançaient les rapports au sein de la société, marquaient les lois, les coutumes l’économie, et communiquaient une note de hiérarchie, de respect, de gravité à toute la vie publique et particulière. Il y avait là une des caractéristiques les plus notables de la société chrétienne.

Il serait sans doute exagéré d’affirmer qu’aujourd’hui toutes ces nuances ont été abolies. Cependant, on ne peut que reconnaître que beaucoup ont complètement disparu et que le peu qui reste diminue et pâlit de jour en jour.

Les catholiques ont peu à peu abandonné leur vision du monde qui avait modelé une authentique civilisation chrétienne et se sont laissé emmener, par un processus égalitaire qui passe bien souvent inaperçu, bien loin de leur idéal d’une société vraiment fraternelle parce qu’harmonieusement inégalitaire.

Comment en est-on arrivé à la société d’aujourd’hui, qui se caractérise par une révolte continuelle de celui qui est moins contre celui qui est plus, par le refus de l’hommage dû à celui qui est plus, à commencer par Dieu, par une révolte contre toutes les inégalités les plus explicables et les plus nécessaires ?

Cela s’est fait par un lent processus, transformant peu à peu toutes les manifestations de la vie en société et imposant une deuxième conception de l’égalité, opposée à la conception chrétienne.

 

Fils de lumière et fils des ténèbres

L’âme généreuse lorsqu’elle rencontre une supériorité quelconque – supériorité d’âge, de talent, d’éducation, d’instruction, d’intelligence, de charme, surtout de vertu – s’enchante parce qu’elle aime la hiérarchie, l’ordre et le respect ; elle aime vénérer, rendre hommage, elle a de la considération pour ce qui est plus qu’elle, elle admire, elle veut du bien, elle désire servir et conserver parce qu’elle voit dans chaque inégalité légitime un degré de plus qui la rapproche de Dieu.

C’est cette position d’âme qui fait qu’elle admire les objets plus jolis, ceux de plus de valeur, ceux qui ont plus de portée artistique parce qu’ils sont supérieurs au commun et que tout ce qui est supérieur mérite l’admiration.

Lorsque le révolté égalitaire voit une supériorité, il est rempli de jalousie, il n’admire pas, il déteste et cherche à renverser.

Il ne peut supporter que les autres aient plus que lui. C’est une âme bouchée, fermée, obstruée, aveugle à ce qui est supérieur et qui se sent mal devant ce qui est supérieur.

L’un est fils de lumière et l’autre fils des ténèbres. Lorsqu’une âme admire, elle s’illumine et se remplit de joie. Lorsque l’âme est remplie d’envie, elle est amère, indignée, triste et assombrie par la jalousie ;   rien ne lui suffit et elle veut continuellement retirer quelque chose aux autres.

Rappel d’une vérité oubliée – secundo – cet article continue…

 

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One comment
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  1. Gee willirkes, that’s such a great post!

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