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Crise de l’homme contemporain – Caractères de cette crise – Partie 4

C. Révolution française

  Le jansénisme et les autres ferments fâcheusement implantés par le protestantisme du XVIe siècle dans le Royaume Très Chrétien y entraînèrent l’affaiblissement de la piété des fidèles. Ainsi favorisée, l’action profonde exercée par l’Humanisme et la Renaissance parmi les catholiques ne cessa de s’amplifier, provoquant des conséquences en chaîne dans toute la France.

  Elle entraîna au XVIIIe siècle une dissolution presque générale des mœurs, une manière frivole et brillante d’envisager les choses, une déification de la vie terrestre, ce qui prépara le terrain à la victoire graduelle de l’irréligion. Doutes sur l’Eglise, négation de la Divinité du Christ, déisme, athéisme émergeant furent les étapes de cette apostasie. 

  En profonde affinité avec le protestantisme, héritière de ce dernier comme du néo-paganisme de la Renaissance, la Révolution française réalisa une œuvre en tous points symétrique à celle de la pseudo-Réforme. L’église constitutionnelle qu’elle tenta d’établir, avant de sombrer dans le déisme et l’athéisme, était une adaptation de l’Eglise de France à l’esprit du protestantisme.

  Et l’œuvre politique de la Révolution française ne fut que la transposition, dans la sphère de l’Etat, de la « réforme » que les sectes protestantes les plus radicales avaient adoptée en matière d’organisation ecclésiastique: 

– révolte contre le roi, symétrique à la révolte contre le pape;

– révolte du peuple contre les nobles, symétrique à la révolte du « peuple » ecclésiastique, c’est-à-dire des fidèles, contre l' »aristocratie » de l’Eglise, le clergé;

– affirmation de la souveraineté populaire, symétrique au gouvernement de certaines sectes, dans une plus ou moins grande mesure, par les fidèles.

 

D. Communisme

   Certaines sectes issues du protestantisme, transposant directement leurs tendances religieuses dans le domaine politique, préparèrent l’avènement de l’esprit républicain. Au XVIIe siècle, saint François de Sales mettait déjà en garde le duc de Savoie contre ces tendances républicaines (5). D’autres sectes, allant plus loin, adoptèrent des principes qui, s’ils ne peuvent être dénommés communistes au sens actuel du mot, sont pour le moins pré-communistes. 

   De la Révolution française naquit le mouvement communiste de Babeuf. Et plus tard, de l’esprit de plus en plus vigoureux de la Révolution, surgirent les écoles du communisme utopique du XIXe siècle et le communisme dit scientifique de Marx.

  Quoi de plus logique? Le déisme a pour fruit normal l’athéisme. La sensualité, en révolte contre les fragiles obstacles du divorce, tend d’elle-même à l’amour libre. L’orgueil, ennemi de toute supériorité, devait fatalement s’attaquer à la dernière inégalité, celle des fortunes.

  Ivre des rêves d’une république universelle, de la suppression de toute autorité ecclésiastique ou civile, de l’abolition de toute Eglise et, après une dictature ouvrière de transition, de l’abolition de l’Etat lui-même, voilà le néo-barbare du XXe siècle, produit le plus récent et le plus outré du processus révolutionnaire.

 


(5) Cf. Sainte-Beuve, « Etude des lundis – XVIIe siècle – Saint François de Sales », Librairie Garnier, Paris, 1928, p. 364.

 

 

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Crise de l’homme contemporain – Caractères de cette crise

Crise de l’homme contemporain – Caractères de cette crise – Partie 2

Crise de l’homme contemporain – Caractères de cette crise – Partie 3

 

Extrait  :  « Révolution et Contre-révolution » – Chapitre III – Caractères de cette crise

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