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Centenaire de la naissance de Jacinthe

Jacinthe de Fatima 3« Souffrir pour sauver les pécheurs »

Jacinthe, la plus petite des trois bergers de Fatima à qui la Très Sainte Vierge apparut en 1917, est née le 11 mars 1910. Elle mourut avant d’avoir fêté ses dix ans, le 20 février 1920. Dans notre monde paganisé, la générosité avec laquelle cette enfant accepta de souffrir pour convertir les pécheurs et leur éviter de tomber en Enfer est un mystère pour beaucoup.

À l’occasion de son centenaire, la TFP publie un récit de sa vie, dont voici un court extrait.


À l’hôpital de Vila Nova de Ourem

Le 1er juillet 1919, Jacinthe bien malade depuis presque un an reprenait le chemin de Vila Nova de Ourem pour entrer à l’hôpital. Son père arrangea avec soin son petit corps amaigri et fiévreux sur le dos de l’ânesse pour parcourir les trois lieux qui séparaient leur hameau de la ville.

La dernière fois qu’elle y était allée, c’était il y a deux ans, avec François et Lucie, dans la charrette de l’Administrateur qui, après les avoir enlevés par traîtrise, les avait mis en prison et les avait menacés de les plonger dans un chaudron d’huile bouillante pour les forcer à dire qu’ils avaient menti et inventé les apparitions de la Dame.

Depuis, François était mort. Il y avait trois mois de cela. Elle y pensait souvent et ses yeux se remplissaient de larmes : « Qui me permettra de le revoir ? » répétait-elle à ceux qui l’interrogeaient en la voyant plongée dans ses souvenirs.

Elle savait bien qu’elle n’allait pas à l’hôpital pour y guérir, mais pour souffrir pour la conversion des pécheurs. La Dame le lui avait dit.

En chemin, elle se souvenait de cette visite que la Dame lui avait faite ainsi qu’à François, alors qu’elle allait un peu mieux et passait ses jours assise sur le lit de son frère.

« Notre Dame est venue nous voir »

Aussitôt après, elle avait fait appeler Lucie pour lui raconter :

– « Notre Dame est venue nous voir et Elle a dit qu’Elle allait venir chercher François très bientôt pour l’emmener au Ciel. À moi, Elle m’a demandé si je voulais convertir encore plus de pécheurs. Je lui ai dit que oui. Elle m’a dit que j’allais aller à l’hôpital, que j’y souffrirai beaucoup; que je devais souffrir pour la conversion des pécheurs, en réparation des péchés commis contre le Coeur Immaculé de Marie et pour l’amour de Jésus. Je lui ai demandé si tu viendrais avec moi. Elle m’a dit que non. C’est ce qui me coûte le plus. Elle m’a dit que ma mère m’y emmènera et qu’après j’y resterai toute seule ! »

La pauvre petite appréhendait tant de rester seule, dans cet endroit qu’elle craignait et qu’elle imaginait bien terrible. Elle avait alors ajouté :

« – Si au moins tu venais avec moi ! Ce qui me coûte le plus c’est d’y aller sans toi. Si cela se trouve, l’hôpital c’est une maison toute sombre où l’on ne voit rien; et c’est là que je vais, pour souffrir toute seule ! »

Et puis, aussitôt, elle revenait à la seule chose qui comptait vraiment :

« – Mais cela n’a pas d’importance, je souffre pour l’amour de Notre Seigneur, pour réparer les outrages au Coeur Immaculé de Marie, pour la conversion des pécheurs et pour le Saint Père ».

En fait, l’hôpital Saint-Augustin de Vila Nova de Ourem était tout blanc et la lumière y entrait à flots. Mais le traitement que Jacinthe y reçut pendant deux mois ne put rien faire pour améliorer sa santé et elle y souffrit beaucoup.

Ce qui avait commencé en octobre 1918 par une broncho-pneumonie, probablement due à la grippe, s’était transformé en tuberculose qui lui rongeait un poumon. Un abcès s’était formé, une plaie s’était ouverte du côté gauche par laquelle sortait un pus abondant dont la mauvaise odeur l’accompagnait partout.

« J’offre tout pour les pécheurs »

Elle recevait peu de visites, la distance et les occupations journalières ne permettant pas à sa mère d’être au côté de sa petite dernière aussi souvent qu’elle l’aurait voulu. Lorsqu’elle vint la voir, elle lui demanda si elle souhaitait quelque chose. Bien sûr ! Ce qu’elle désirait le plus c’était de revoir Lucie et de s’entretenir avec elle, la confidente de la Sainte Vierge.

Aussi, dès qu’elle le put, sa mère amena Lucie avec elle : ce n’était pas une petite complication pour faire l’aller-retour dans la journée, soit plus d’une vingtaine de kilomètres !

Dès que Jacinthe vit Lucie, elle l’embrassa avec joie et demanda à sa mère de les laisser ensemble pendant qu’elle irait faire ses courses.

« – Souffres-tu beaucoup ? » lui demanda Lucie.

« – Oui, je souffre; mais j’offre tout pour les pécheurs et pour réparer les outrages au Coeur Immaculé de Marie ».

Et elle se mettait à parler avec enthousiasme de Notre Seigneur et de la Sainte Vierge :

« – J’aime tant souffrir par amour pour eux ! Pour leur faire plaisir ! Ils aiment beaucoup ceux qui souffrent pour convertir les pécheurs ».

Le temps de la visite passa rapidement et Lucie raconte que lorsque sa tante demanda de nouveau à sa petite fille si elle voulait quelque chose, Jacinthe lui demanda d’amener à nouveau Lucie lorsqu’elle reviendrait la voir.

« C’était son idéal »

La deuxième fois, sa cousine la trouva avec la même joie de souffrir pour l’amour du Bon Dieu, du Coeur Immaculé de Marie, pour les pécheurs et pour le Saint Père.

– « C’était son idéal, c’était ce dont elle parlait », a écrit Lucie qui ajoutait aussi bien plus tard : « C’était une enfant seulement par l’âge. Quant au reste, elle savait déjà pratiquer la vertu et montrer à Dieu et à la Très Sainte Vierge son amour, par la pratique du sacrifice ».

Ah ! elle avait bien changé depuis que la Dame leur était apparue.

Couchée sur son lit de douleur, dans cet hôpital où elle resta deux longs mois d’été, Jacinthe repassait dans sa mémoire tous les événements dont elle avait été le témoin, depuis les jours de sa petite enfance, ceux qui avaient précédé la vision qui avait transformé sa vie, jusqu’aux révélations faites par la Dame.

« – J’aime à penser à toutes ces choses, dira-t-elle plus tard ».

Elle avait ainsi une connaissance intime et minutieuse du sens profond du message qu’ils avaient reçu tous les trois, selon l’opinion même de Lucie qui ajoutera :

« Jacinthe a été celle, il me semble, à qui la Très Sainte Vierge a communiqué une plus grande abondance de grâce, de connaissance de Dieu et de vertu ».

Oui, elle avait bien changé…

(Extrait de : « Jacinthe de Fatima, souffrir pour sauver les pécheurs », à paraître prochainement).

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