- tfp-france.org - http://tfp-france.org -

Inégalités justes et nécessaires. Rappel d’une vérité oubliée – Partie 3 finale – l’enseignement de l’Église

Doctrine de l’Église : L’enseignement des  Papes  sur les  inégalités justes et nécessaires

 

22. L’inégalité des créatures est une condition pour que la Création rende gloire à Dieu 

Aux textes pontificaux transcrits ci-dessus, il convient d’ajouter quelques arguments du Docteur Angélique pour justifier l’existence de l’inégalité entre les créatures. Celui-ci affirme dans la Somme Théologique :

Saint Thomas d’Aquin

« Ainsi, dans les choses naturelles, les espèces paraissent avoir été ordonnées par degré. Par exemple, les choses mixtes sont plus parfaites que les éléments qui les composent, les plantes l’emportent sur les minéraux, les animaux sur les plantes, les hommes sur les animaux, et dans chacun de ces ordres de créatures on trouve une espèce qui vaut mieux que d’autres. C’est pourquoi la divine Sagesse ayant été cause de la distinction des êtres, afin que l’univers fût parfait, Elle a voulu pour la même raison qu’il y eût de l’inégalité entre les créatures. Car l’univers ne serait pas parfait s’il n’y avait dans les êtres qu’un seul degré de bonté22. »

22. Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, I, q. 47, a. 2.

Ce ne serait en effet pas en accord avec la perfection de Dieu de créer un seul être. Car aucun être créé, aussi excellent qu’on l’imagine, ne serait en condition de refléter adéquatement, à lui seul, les infinies perfections de Dieu.

Les créatures sont donc nécessairement multiples; non seulement multiples, mais aussi nécessairement inégales. Tel est l’enseignement du saint Docteur :

« On doit préférer plusieurs biens finis à un seul, pour cette raison qu’ils ont plus d’étendue. Or, la bonté de toute créature est finie car elle reste au-dessous de l’infinie bonté de Dieu. Donc, l’universalité des créatures est plus parfaite, si elles sont partagées en divers degrés, que si elles étaient toutes comprises en un seul. Or, il appartient au souverain Bien de faire ce qui est meilleur. Donc il était convenable qu’Il établît plusieurs degrés parmi les créatures.

Le paradis terrestre

« La bonté de l’espèce l’emporte sur le bien de l’individu, de même que le formel l’emporte sur le matériel. Donc, la multitude des espèces augmente davantage la bonté de l’univers que la multitude des individus renfermés sous une seule espèce. Donc, la perfection de l’univers demande, non seulement qu’il existe un grand nombre d’individus, mais encore qu’il y ait des espèces et, par conséquent, divers degrés dans les choses23. »

23. Somme contre les gentils, livre II, chap. 45.

Les inégalités ne sont donc pas des défauts de la création, mais d’excellentes qualités où se reflète la perfection infinie et adorable de son Auteur. Dieu se complaît d’ailleurs à les contempler : « La diversité et l’inégalité qui se rencontrent parmi elles [les créatures] ne viennent, ni du hasard, ni de la diversité de la matière, ni de l’intervention de certaines causes, ni d’aucun mérite, mais de la propre intention de Dieu, qui veut donner à sa créature toute la perfection dont elle est susceptible.

« C’est pourquoi la Genèse, après avoir dit de chacune des oeuvres de Dieu qu’elle est bonne, ajoute : “Dieu vit toutes les choses qu’Il avait faites, et elles étaient très bonnes” (Gen. 1,31)24. »

24. Ibidem.

23. La suppression des inégalités est la condition sine qua non pour l’élimination de la religion 

La Messe à Rocafort

Dieu n’a pas voulu limiter ces inégalités aux êtres des règnes inférieurs — minéral, végétal et animal —, mais il les a étendues aussi aux hommes et donc, aux peuples et aux nations.

Il les a créées harmonieuses entre elles, et bienfaisantes pour chaque catégorie d’êtres comme pour chaque être en particulier, car Il a désiré pourvoir l’homme de moyens abondants lui permettant de garder toujours présentes à l’esprit Ses infinies perfections. Les inégalités entre les êtres sont ipso facto une sublime et très vaste école d’anti-athéisme.

C’est ce que paraît avoir compris l’écrivain communiste français Roger Garaudy (plus tard « converti » à l’Islam), quand il souligne l’importance de l’élimination des inégalités sociales pour la victoire de l’athéisme dans le monde: « En effet, il n’est pas possible, pour un marxiste, de dire que l’élimination des croyances religieuses est une condition sine qua non de l’édification du communisme. Karl Marx montrait au contraire que seule la réalisation complète du communisme, en rendant les rapports sociaux transparents rendrait possible la disparition de la conception religieuse du monde. Pour un marxiste, c’est donc l’édification du communisme qui est la condition sine qua non de l’élimination des racines sociales de la religion, et non l’élimination des croyances religieuses qui est la condition de la construction du communisme25. »

25. « L’homme chrétien et l’homme marxiste », Semaines de la pensée marxiste — Confrontations et débats, La Palatine, Paris-Genève, 1964, p. 64.

Vouloir détruire l’ordre hiérarchique de l’univers, c’est donc priver l’homme de possibilités d’exercer librement le plus fondamental de ses droits : celui de connaître, aimer et servir Dieu. Autrement dit, c’est désirer la plus grande des injustices et la plus cruelle des tyrannies.

 

S’ABONNER À TFP-FRANCE – par Email:

Delivered by FeedBurner