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Inégalités justes et nécessaires. Rappel d’une vérité oubliée – Partie 4 – « Pourquoi notre monde pauvre et égalitaire s’est-il enthousiasmé avec le faste et la majesté du couronnement de la Reine d’Angleterre ? »

Les cérémonies du couronnement de la Reine d’Angleterre, en 1953, suscitèrent dans le monde entier un enthousiasme surprenant. On ressentit un écho notable de cet intérêt lors du mariage du prince Charles et de lady Diana ou de celui de leur fils, le prince William, avec Catherine, duchesse de Cambridge, ainsi que lors du lancement des cérémonies du jubilé de la Reine en 2012. Quelles raisons peuvent bien pousser l’opinion publique mondiale, si égalitaire, à suivre des rites évoquant un temps révolu ? Dans un article publié au Brésil par le mensuel Catolicismo*, le professeur Plinio Corrêa de Oliveira analyse cette fascination mondiale à l’occasion des cérémonies d’accession au trône de la jeune souveraine et indique la raison profonde de cet enthousiasme.

(*) « Pourquoi notre monde pauvre et égalitaire s’est-il enthousiasmé avec le faste et la majesté du couronnement ? »   – Plinio Corrêa de Oliveira, dans Catolicismo Nº 31 – juin 1953

Lors de la prise de fonction du Général Eisenhower comme Président des États-Unis, nous avions écrit quelques considérations qui suscitèrent l’intérêt des lecteurs de Catolicismo. Nous avions alors promis d’analyser également les cérémonies du couronnement de la Reine d’Angleterre, Élisabeth II. C’est ce que nous allons faire à présent.

Monographie sociale d’un intérêt palpitant

La splendide cérémonie a fourni une vision d’ensemble de l’Angleterre avec tout ce qu’elle est, tout ce qu’elle possède et ce qu’elle peut aujourd’hui. Cette vision s’est limitée au plan symbolique, mais qui, précisément pour être symbolique, traduit mieux que tout autre certains aspects de la réalité.

Les institutions anglaises, leur signification intime, leur passé, leurs conditions présentes d’existence, les tendances avec lesquelles elles cheminent vers le futur, la situation actuelle de la Grande-Bretagne au sein du Commonwealth et du monde, les perspectives favorables et les brumes épaisses qui s’annoncent pour elle à l’horizon diplomatique, tout enfin s’est reflété d’une certaine façon dans le couronnement et dans les cérémonies qui le précédèrent et le suivirent. Il y a donc dans celles-ci une telle richesse d’aspects, dont chacun est capable de susciter tant de commentaires, qu’une équipe de spécialistes, à notre époque d’enquêtes sociologiques, pourrait fort bien consacrer aux cérémonies, manifestations et solennités dont le couronnement a été le point central, une enquête soignée qui formerait sans doute de gros volumes.

Notre objectif, évidemment, doit être plus limité. Nous ne prétendons pas traiter tous les aspects des fêtes du couronnement, et n’essayerons même pas de les énumérer. Nous voulons seulement considérer une facette de ce vaste sujet.

L’égalitarisme, idole de notre siècle

Doña María del Rosario Cayetana Fitz-James Stuart y Silva , 18ème Duchesse Duchesse d’Albe de Tormes, Grand d’Espagne..

Dans tous les domaines de la vie moderne, l’influence dominatrice de l’esprit égalitaire se manifeste. Autrefois, la vertu, la naissance, le sexe, l’éducation, la culture, l’âge, le métier, les biens et d’autres circonstances encore, modelaient et nuançaient la société humaine par la variété et la richesse de mille reliefs et couleurs, influençaient de toutes sortes de façons les rapports humains, marquaient à fond les lois, les institutions, les activités intellectuelles, les coutumes, l’économie, et communiquaient à toute l’atmosphère de la vie publique et particulière une note de hiérarchie, de respect, de gravité. Il y avait là un des traits spirituels parmi les plus profonds et caractéristiques de la société chrétienne. Il serait exagéré d’affirmer qu’aujourd’hui tous ces reliefs et ces nuances ont été abolis. Cependant, on ne peut que reconnaître que beaucoup ont complètement disparu et que le peu qui reste diminue et pâlit de jour en jour.

Sans doute, la vie est une transformation constante de tout ce qui n’est pas pérenne. Il serait normal que bien des nuances d’autrefois disparaissent et que d’autres se forment. Mais de nos jours, il n’y a pour ainsi dire pas de transformation qui n’ait pour effet un nivellement, qui ne favorise directement ou indirectement le cheminement de la société humaine vers un état de choses absolument égalitaire. Lorsque ce sont ceux d’en bas qui ralentissent la poussée égalitaire, ceux d’en haut se chargent de la mener plus avant.

Ce phénomène n’est pas circonscrit à une nation ni à un continent, mais semble poussé par un vent qui souffle dans le monde entier. Le typhon-niveleur rectifie parfois des abus intolérables, en Asie par exemple ou dans certaines régions hypercapitalistes d’Occident, imposant dans d’autres cas des changements admissibles, détruisant enfin des droits incontestables et blessant à fond l’ordre naturel des choses lui-même. Mais dans tous les cas, ce typhon égalitaire d’amplitude cosmique ne cesse de souffler. Une fois qu’une réforme juste est faite, il tend à continuer son travail de nivellement et passe à ce qui est douteusement juste puis, ce point étant atteint, il entre avec une force croissante sur le terrain de ce qui est franchement injuste. Cette soif d’égalité ne s’assouvit qu’avec le nivellement complet, total, absolu. L’égalité est le but vers lequel tendent les aspirations des masses, la mystique qui gouverne l’action de presque tous les hommes, l’idole sous l’égide de laquelle l’humanité espère trouver son âge d’or.

 

cet article continue…

 

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