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La Gloire de Dieu au plus haut des Cieux… – suite

La Gloire de Dieu au plus haut des Cieux…         un aspect secondaire de Noël ?

 

Voilà donc quelles sont les considérations de « l’homme de bonne volonté » entre guillemets, dont le cœur est loin du Ciel et dont le regard ne se fixe que sur la terre.

Et cependant, comme elles divergent du sens propre et naturel du cantique des anges !

Réellement, si Noël rend gloire à Dieu au plus haut des Cieux, tout en étant la source de la paix sur terre pour les hommes de bonne volonté – ce que les anges ont proclamé dans leur cantique – on ne peut dissocier l’une de l’autre. Il n’y aura pas de paix dans le monde sans que les hommes ne rendent gloire à Dieu. Et la guerre, considérée du point de vue de l’agresseur coupable, est incompatible avec la gloire de Dieu.

Seigneur Jésus, Dieu fait homme, Vous êtes entre les hommes le Prince de la Paix. Sans Vous, la paix est un mensonge et, en fin de compte, tout se transforme en guerre.

C’est parce que les hommes ne comprennent pas cela qu’ils cherchent la paix de toutes les façons, mais la paix n’habite pas parmi eux.

Mais alors, qu’est-ce qu’un homme de bonne volonté, si ce n’est celui qui aime son prochain ? Ce ne sera tout de même pas celui qui le déteste ?

Au pharisien qui Vous a appelé « bon Maître », Vous avez demandé : « Pourquoi m’appelles-tu bon, si seul Dieu est bon ? » (cf. Luc 18,19).

Si seul Dieu est bon, la bonne volonté authentique est celle qui se tourne toute entière vers Dieu et aime son prochain non pas pour le simple amour du prochain, mais pour l’amour de Dieu. L’être humain est ainsi fait qu’il ne peut aimer son prochain pour son prochain. Ou bien il l’aime pour l’amour de lui-même, et c’est de l’égoïsme ; ou bien il l’aime pour Dieu et, dans ce cas, c’est de l’amour véritable.

Par conséquent, la « bonne volonté » agnostique et la paix terrestre qu’elle prétend instaurer ne sont ni bonne volonté authentique ni paix véritable.

Et cet illusoire « homme de bonne volonté » est en réalité un semeur de guerres et un artisan de ruines.

§ § §

Mais, nous demandera-t-on, comment Jésus peut-il être le fondement de la paix, si personne n’a suscité autant de haine que Lui ? La populace qu’Il avait comblée de faveurs spirituelles et matérielles de toutes sortes Lui a préféré Barrabas, un bandit. N’est-ce pas de la haine ? Les empereurs romains lancèrent contre Lui des persécutions atroces. Les ariens mobilisèrent contre Lui toutes les puissances de la terre. Ensuite vinrent les mahométans. Et ensuite toutes les grandes vagues de l’histoire, jusqu’au nazisme et au communisme. D’ailleurs, on pourrait rappeler que le vieillard Siméon avait exprimé cette réalité en prophétisant qu’Il serait tout au long de l’histoire une pierre de scandale, un signe de contradiction pour la chute et le relèvement de beaucoup (cf. Luc 2,34). Il dit de Lui-même qu’il amenait sur terre le glaive (cf. Mat. 10,34). Enfin, un « homme de bonne volonté » entre guillemets pourrait arguer qu’une complète démobilisation des esprits, une cessation de toutes les guerres comme de toutes les polémiques, n’est pas possible avec Jésus-Christ. La paix ne serait possible que lorsqu’elle ferait abstraction de toutes les controverses, y compris celles que Jésus occasionne, même s’Il n’en est pas responsable, concède « l’homme de bonne volonté ».

Ah oui ? Dira l’authentique homme de bonne volonté, celui qui aime Dieu de toute la force de son âme.

Mais alors est-ce par moquerie que l’Écriture appelle Jésus-Christ le Prince de la Paix (cf. Is. 9,6) et que l’Église, se faisant l’écho du Baptiste (cf. Jean 1,29 et 36) le présente comme un doux Agneau à qui les hommes doivent demander le don de la paix : « Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, dona nobis pacem » ?

Ou bien est-ce plutôt que la paix véritable n’exclut pas la lutte du bien contre le mal, la polémique entre la lumière et les ténèbres, l’écrasement perpétuel de la tête du Serpent par la Vierge sans tache et l’hostilité entre la race issue de la Vierge et la race du Serpent ? La paix, c’est l’ordre du Christ dans le règne du Christ. Elle a donc comme condition la lutte de ceux qui sont du Christ contre ses ennemis. La paix du Christ ne s’identifie en aucune façon avec la fausse paix, sans luttes ni polémiques, du prétendu « homme de bonne volonté ».

§ § § 

Ô Enfant-Dieu, nous apprenons trois grandes leçons de votre sainte Nativité. Nous apprenons qu’il n’y a pas de paix sur terre sans Vous. Que l’homme de bonne volonté authentique n’est pas celui qui aime son prochain pour lui-même, mais celui qui l’aime pour l’amour de Vous. Et que votre paix implique la cessation de toutes les luttes sauf de votre glorieuse et incessante guerre contre le démon et ses alliés, le monde et la chair.

Très Sainte Vierge Marie, Médiatrice de toutes les grâces, penchée en adoration sur l’Enfant-Dieu, obtenez-nous une pleine compénétration de toutes ces vérités. Et permettez que, dans la perspective qu’elles révèlent, nous chantions avec Vous et avec toutes les créatures célestes et terrestres dont vous êtes la Reine : « Gloire à Dieu au plus haut des Cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ».

 

 

Plinio Corrêa de Oliveira

(Cet article du fondateur de la première TFP au Brésil a été publié en décembre 1963 par la revue Catolicismo).

 

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One comment
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  1. Magnific !

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