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Inégalités justes et nécessaires. Rappel d’une vérité oubliée – Partie 4 suite – … la formation du protocole

« Pourquoi notre monde pauvre et égalitaire s’est-il enthousiasmé avec le faste et la majesté du couronnement de la Reine d’Angleterre ? »

Le sentiment de sa propre dignité et la justice imposent la formation du protocole

La nature humaine exige donc que, dans le vivre ensemble social, on accorde la considération qui est due à toutes les authentiques valeurs humaines, lesquelles se différencient les unes des autres presque à l’infini.

Comment appliquer ce principe dans la pratique ?                                                  Comment obtenir qu’une valeur soit vue et reconnue par tous les hommes et que chacun sentent exactement dans quelle mesure cette valeur doit être admirée ? Plus concrètement, comment enseigner à tous que la vertu, l’âge, le talent, la lignée illustre, la charge, la fonction doivent être honorés ? Comment indiquer la mesure exacte de respect et d’amour que l’on doit à chacun ? En tout temps, en tout lieu, l’ordre naturel des choses a résolu ce problème à l’aide du seul moyen pleinement efficace : la coutume.

Ainsi, utilisant les mêmes façons de traiter les personnes dans les situations identiques, le bon sens, l’équilibre, le tact des sociétés humaines ont créé point par point, dans chaque pays ou dans chaque zone de culture, les règles de politesse, les formules, les gestes, on pourrait presque dire les rites adéquats, pour définir, enseigner, symboliser et exprimer ce que l’on doit à chaque personne, selon sa situation, en matière de vénération et d’estime.

Louis XIV recevant les clefs de Strasbourg – detail

Sous l’inspiration de l’Église, la Civilisation chrétienne a porté à son apogée l’art des coutumes et des symboles sociaux. Autrefois, les Européens, et par extension leurs descendants dans les pays américains nés de l’Europe,  étaient connus pour l’affabilité de leurs manières et leur merveilleuse distinction. Mais les principes de la Révolution de 1789 se chargèrent de frapper profondément cet art, détruisant de la sorte « la douceur de vivre », dont témoigne Talleyrand dans ses mémoires.

Les titres de noblesse, l’héraldique, les décorations, les règles du protocole, ne furent pas autre chose que des moyens admirables, pleins de tact, de précision et de signification, pour définir, nuancer et modeler les relations humaines dans le cadre politique et social existant. Personne n’y peut voir simplement de la vanité. L’Église elle-même, qui est maîtresse de toutes les vertus et qui combat tous les vices, a institué des titres de noblesse, elle a distribué et distribue des décorations, et elle élabore tout un cérémonial, d’une admirable précision au moment de définir toutes les différences hiérarchiques que la loi divine et la sagesse des papes ont créées en son sein au long des siècles. Au sujet des décorations, saint Pie X déclare :

« Les récompenses décernées à la valeur contribuent puissamment à susciter dans les cœurs le désir des actions éclatantes, car si elles glorifient des hommes distingués qui ont bien mérité de l’Église, ou de la société, elles entraînent les autres par l’exemple à parcourir la même carrière de gloire et d’honneur. Dans cette sage intention, les Pontifes romains Nos Prédécesseurs ont entouré d’un amour spécial les Ordres équestres, comme des stimulants de gloire ; ils ont créé les uns, relevé à leur dignité première et doté les autres de nouveaux et de  plus insignes privilèges. »

(Bref sur les Ordres équestres pontificaux, 7 février 1905).

Le fait qu’il y ait donc une marque distinctive pour la charge suprême de l’État, qu’il y ait des insignes pour les personnes de lignage les plus illustres, des habits de gala pour les dignitaires chargés des fonctions politiques d’importances, et que tout l’apparat de ces symboles soit utilisé lors de la cérémonie de prise de fonction du chef de l’État, tout cela ne constitue ni une concession à la faiblesse humaine ni une mascarade. Il s’agit au contraire du respect de règles de conduite entièrement conformes à l’ordre naturel des choses.

Bal à l’Hôtel de Ville de Vienne, 1904

 

 Articles dans la série:

 Inégalités justes et nécessaires. Rappel d’une vérité oubliée – Partie 4 – « Pourquoi notre monde pauvre et égalitaire s’est-il enthousiasmé avec le faste et la majesté du couronnement de la Reine d’Angleterre ? »
 
 Partie 4 suite « Pourquoi notre monde pauvre et égalitaire s’est-il enthousiasmé avec le faste et la majesté du couronnement de la Reine d’Angleterre ?  – Quelques explications
 
Partie 4 suite « Pourquoi notre monde pauvre et égalitaire s’est-il enthousiasmé avec le faste et la majesté du couronnement de la Reine d’Angleterre ? – Sentiment de sa propre dignité

 

 

cet article continue…

Article publié au Brésil par le mensuel Catolicismo,  « Pourquoi notre monde pauvre et égalitaire s’est-il enthousiasmé avec le faste et la majesté du couronnement ? »   – Plinio Corrêa de Oliveira, dans Catolicismo Nº 31 – juin 1953

 

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