Imprimer cet article Imprimer cet article Envoyez cet article par email à une personne de votre choix Envoyez cet article par email à une personne de votre choix

Mon peuple, que t’ai-je fait ?

   Vos ennemis, Seigneur, ont conspiré contre Vous. Sans grande difficulté, ils ont ameuté la populace ingrate qui maintenant brûle de haine envers Vous.

   La haine. Elle Vous entoure de toute part, Vous enveloppe comme un brouillard épais, se lance contre Vous comme une rafale sombre et froide. La haine gratuite, la haine furieuse, la haine implacable : elle ne se contente pas de Vous humilier, de Vous saturer d’opprobres, de Vous abreuver d’amertume ; vos ennemis Vous haïssent tant qu’ils ne supportent plus votre présence parmi les vivants, ils veulent votre mort. Ils veulent que Vous disparaissiez pour toujours, que s’effacent le langage de vos exemples et la sagesse de vos enseignements. Ils Vous veulent mort, anéanti, détruit. Ce n’est qu’ainsi qu’ils auront assouvi le tourbillon de haine qui s’élève dans leur coeur.

  Des siècles avant votre naissance, le Prophète prédisait déjà la haine que susciteraient les vérités lumineuses annoncées par l’éclat divin de vos vertus : « Mon peuple, que t’ai-je fait ? En quoi t’ai-je contristé ? » (Mi 6,3).
  Et la Sainte Liturgie, interprétant vos sentiments, s’écrie à l’adresse des infidèles d’hier et d’aujourd’hui : « Qu’eussé-je dû faire de plus pour toi et que je n’ai point fait ? Je t’ai planté moi-même comme ma vigne de choix, ma vigne incomparable, et toi, tu m’as été amère ; à ma soif, c’est du vinaigre que tu as offert ! Tu as percé d’une lance le flanc de ton Sauveur » (Impropères).

*   *   *

   La haine qui se lève contre Vous est si forte que l’autorité même de Rome – qui juge le monde entier – s’affaisse apeurée, recule et cède devant la haine de ceux qui, sans raison, veulent Vous tuer. La superbe de Rome, victorieuse sur le Rhin, le Danube, le Nil et la Méditerranée, se noie dans le bassin de Pilate.

  « Christianus alter Christus », le chrétien est un autre Christ. Si nous sommes réellement chrétien, c’est-à-dire réellement catholique, nous serons un autre Christ. Et inévitablement le tourbillon de haine qui s’est levé contre Vous, contre nous aussi soufflera furieusement. Et il souffle Seigneur ! Compatissez, ô mon Dieu, et donnez des forces au pauvre collégien qui souffre de la haine de ses compagnons parce qu’il professe votre nom et refuse de profaner l’innocence de ses lèvres par des paroles d’impureté. La haine, oui. Peut-être pas sous la forme de l’invective ouverte et féroce, mais sous la forme terrible de la raillerie, de l’isolement, du mépris.

  Donnez des forces, ô mon Dieu, à l’étudiant qui hésite à proclamer votre nom en pleine classe devant un professeur impie et des collègues moqueurs. Donnez des forces, ô mon Dieu, à la jeune fille qui doit proclamer votre nom en refusant de mettre les vêtements que la mode impose, lorsque par leur extravagance ou leur immoralité ils s’écartent de la dignité d’une véritable catholique. Donnez des forces, ô mon Dieu, à l’intellectuel qui voit se fermer devant lui les portes de la notoriété et de la gloire, parce qu’il prêche votre doctrine et professe votre nom. Donnez des forces, ô mon Dieu, à l’apôtre qui souffre des attaques cruelles des adversaires de votre Église et de l’hostilité – mille fois plus pénible – de fils de la lumière, seulement pour ne pas consentir aux altérations, aux mutilations, à l’unilatéralisme qui permet aux « prudents » d’acheter la tolérance du monde pour leur apostolat.

  Ah ! mon Dieu, comme vos ennemis sont intelligents ! Ils sentent que, dans le langage de ces « prudents », on lit entre les lignes que Vous ne haïssez ni le mal, ni l’erreur, ni les ténèbres. Aussi applaudissent-ils ces « prudents » selon la chair, comme ils Vous auraient applaudi à Jérusalem – au lieu de Vous tuer – si Vous aviez tenu ce même langage devant le Sanhédrin.

  Seigneur, donnez-nous des forces : nous ne voulons ni pactiser, ni reculer, ni transiger, ni mutiler, ni permettre que s’altère sur nos lèvres la divine intégrité de votre doctrine. Et si un déluge d’impopularité s’abat sur nous, que notre prière soit toujours celle des Saintes Écritures : « J’ai choisi d’être abject dans la maison de mon Dieu, plutôt que d’habiter dans les tentes des pécheurs » (Ps 83, 11).

cet article continue…

Extrait de l’ouvrage :
«Méditations sur la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ» .

S’ABONNER À TFP-FRANCE : Abonnez-vous à tfp-france.org par Email

Bookmark and Share
Tags: , , , , , , ,
Imprimer cet article Imprimer cet article

Leave Comment