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Mon peuple, que t’ai-je fait ? – finale

Jésus tombe pour la première fois sous la Croix

  Parler de la souffrance est facile. Souffrir est difficile. Vous l’avez prouvé, Seigneur. Votre divin héroïsme est si différent de l’héroïsme vain et artificiel de tant de soldats des ténèbres. Vous ne souriez pas en face de la douleur. Vous n’êtes pas, Seigneur, de ceux qui enseignent que l’on passe la vie à sourire.

  Quand votre heure est arrivée, la perspective de la souffrance Vous fait trembler, Vous trouble, fait jaillir sur Vous une sueur de sang. C’est dans ce déluge d’appréhensions, malheureusement par trop fondées, que se trouve la consécration de votre héroïsme. Vous avez vaincu les clameurs les plus impérieuses, les injonctions les plus fortes, les paniques les plus atroces. Tout s’est incliné devant votre volonté humaine et divine.

   Vous avez maintenu au-dessus de tout votre détermination inflexible d’accomplir ce pour quoi votre Père Vous a envoyé. Alors que Vous portez votre Croix, vos forces naturelles faiblissent. Vous tombez parce que Vous n’avez plus de force. Vous tombez mais seulement quand il Vous est impossible de continuer. Vous tombez, mais ne reculez pas. Vous tombez, mais n’abandonnez pas votre Croix. Vous la conservez près de Vous comme l’expression visible et tangible de votre résolution de la porter jusqu’au haut du Calvaire.

  O mon Dieu, donnez-nous les grâces pour que, dans la lutte contre le péché, contre les infidèles, nous puissions peut-être tomber sous la croix mais sans jamais abandonner ni le chemin du devoir ni l’arène de l’apostolat. Sans Votre grâce, Seigneur, nous ne pouvons rien, absolument rien. Mais si nous correspondons à Votre grâce, nous pourrons tout. Seigneur, nous voulons correspondre à Votre grâce.

  Porter la croix signifie très souvent renoncer. Renoncer avant tout à ce qui est illicite et condamnable. Mais renoncer aussi, bien souvent, à ce qui, licite et même admirable en soi, devient mauvais ou moins parfait en raison des circonstances.

*   *   *

  Sur le chemin de votre Passion, Seigneur, Vous donnez un terrible exemple, un exemple lumineux et admirable de renoncement à ce qui est licite. Qu’y a-t-il de plus licite, Seigneur, que la tendresse et la sollicitude de votre Mère très sainte ?

  Tout ce que nous savons d’Elle, c’est que nous n’en saurons jamais tout même si nous en savons quelque chose, tant est incommensurable l’océan de perfection et de grâces qu’Elle contient. Votre Mère, Seigneur, est sur votre chemin. Elle veut Vous consoler. Elle veut se consoler avec Vous. Voyez. Qu’il est légitime que Vous vous arrêtiez au long de la voie douloureuse, pour Vous consoler et pour la consoler !

 Cependant, le moment de la séparation après cette rencontre rapide est arrivé. Oh, dilacération ! Il faut que Vous vous sépariez l’un de l’autre. Ni Elle ni Vous, Seigneur, ne temporisent. Le sacrifice suit son cours. Et Elle reste sur le bord du chemin… dans quel état ? Elle vous regarde Vous éloigner peu à peu, versant votre sang, allant d’un pas incertain et vacillant vers le sacrifice ultime et suprême. Marie a pitié de Vous. Elle Vous suit du regard, Vous voyant seul, aux mains de vos bourreaux et de vos ennemis. Qui Vous consolera ?

  Oh, envie irrésistible, entraînante, immense, de suivre vos pas, de Vous exprimer des mots de tendresse qu’Elle seule connaît, de protéger votre corps divin, de s’interposer entre les bourreaux et Vous, et, prosternée comme quelqu’un qui implore une aumône inestimable, de supplier pour recevoir Elle-même un peu des coups qu’ils Vous donnent, afin qu’ainsi ils Vous frappent un peu moins et ne blessent pas tant votre chair innocente ! Oh, coeur de mère, ce que vous avez souffert dans cette circonstance !

 

  Mères de prêtres, mères de missionnaires, mères de religieuses, lorsque vous sentirez la tristesse de cette séparation si cruelle, pensez à Marie très sainte qui laissa son Fils continuer seul le chemin que lui avait tracé la volonté de Dieu. Et demandez qu’Elle console votre heureuse douleur.

  Mais il y a d’autres mères abandonnées, mille fois malheureuses. Mères de libertins, d’impies, mères de pécheurs : vous aussi, vous restez seules, parfois, sur le chemin de la douleur, pendant que vos fils courent sur la voie de la perdition.

 Demandez à Notre Dame qu’Elle vous console, qu’Elle vous donne courage et persévérance et qu’Elle offre une partie de la douleur qu’Elle a souffert à ce moment de la Passion pour que vos fils puissent un jour revenir vers vous. Pensez à Sainte Marie et ne désespérez jamais.

 

Pour vos fils égarés, la Sainte Vierge sera Stella Maris, l’Etoile de la mer, qui tôt ou tard les reconduira au port.

 

Extrait de l’ouvrage :
« Méditations sur la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ » .

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