Imprimer cet article Imprimer cet article Envoyez cet article par email à une personne de votre choix Envoyez cet article par email à une personne de votre choix

Quand la France défendait les droits de l’Église

le bienheureux Pape Pie IX

En 1863, le Souverain Pontife d’alors, le bienheureux Pape Pie IX, régnait sur l’Église et sur ce qu’il restait des États pontificaux. Déjà, les révolutionnaires cherchaient à priver la Papauté de toute capacité de représentation temporelle, prétendant la confiner uniquement dans le domaine spirituel.

Dépouiller l’Église de ses biens, de ses richesses artistiques et culturelles, et refuser au Pape sa condition de Souverain et donc de chef d’État, composent le vieux rêve de ceux qui veulent faire disparaître de la société le rôle indispensable des catholiques pour construire la civilisation véritable.

La France protégea le Pape par l’envoi de troupes jusqu’à la guerre de 1870. Nous reproduisons ci-dessous la réponse de Pie IX aux vœux qui lui étaient présentés par les officiers de l’armée française, le 1er janvier 1863.

Réponse de Sa Sainteté Pie IX aux officiers de l’armée française, le 1er janvier 1863

Je suis bien sensible, mon général, aux vœux que vous m’adressez au nom de l’armée française que vous commandez si dignement. Je suis bien content aussi de saisir cette occasion pour vous exprimer ma reconnaissance pour l’appui que vous prêtez à la défense des droits de l’Église, qui sont les droits de la justice et de la vérité. L’armée française est glorieuse sur les champs de bataille pour sa valeur ; elle est glorieuse aussi en temps de paix pour sa discipline ; mais permettez que je dise qu’elle doit être bien plus glorieuse pour la mission qu’elle remplit maintenant : celle de défendre le Vicaire de Jésus- Christ contre les efforts des révolutionnaires, des impies, qui sont ennemis de la religion, ennemis de la justice, ennemis de Dieu.

« Quand Dieu créa les océans, Il voulut que leurs eaux ne dépassassent pas les limites qu’Il leur avait tracées, et Il dit à ces eaux : Usque huc venies, et non procedes amplius, et hic confringes tumentes fluctus tuos. Ainsi, mes chers enfants, Dieu se sert de vos bras pour empêcher ces impies de dépasser les limites qu’ils voudraient franchir, afin de faire de Rome la capitale de je ne sais quel royaume : ces impies qui ont dépouillé l’Église de ses biens, emprisonné tant de bons Évêques, de prêtres, mis sur le pavé tant de religieuses qui meurent de faim.

Mais ce n’est pas là leur but : ils voudraient s’emparer entièrement du domaine de l’Église et ôter au Saint-Père l’administration temporelle, trop nécessaire pour l’exercice de la juridiction spirituelle, et même détruire la religion catholique… s’ils le pouvaient! Tandis que de tous les côtés de la terre on fait tant d’efforts pour atteindre ce but sacrilège, vous êtes placés par la Providence à la défense de cette ville qu’on appelle justement la Ville Eternelle, de cette ville embaumée du sang de tant de martyrs [ici la voix du pape s’est élevée graduellement jusqu’au ton de la plus vive émotion], de cette ville que Dieu, dans les primordes [commencements] du christianisme, a désignée pour la résidence du Vicaire de Jésus-Christ, et ce Vicaire de Jésus-Christ, c’est moi, moi qui maintenant vous parle. Et, quoique je sois indigne, j’ose vous dire que Dieu me donne l’Esprit de conseil, l’Esprit de sagesse et l’Esprit de fermeté pour combattre les adversités où les révolutionnaires m’ont placé. »

Après une pause, le Pape reprit : « Je vous bénis avec une affection paternelle : je bénis vos parents, vos familles, vos amis ; je bénis la France, la Famille impériale, et d’une manière spéciale le jeune garçon [le Saint-Père traduisait par cette douce et familière appellation le mot italien] qui m’est lié par des liens spirituels (Pie IX était le parrain du Prince Impérial, fils de Napoléon III). — Je bénis le brave épiscopat et le  clergé français si distingué. — Je bénis tant de millions de catholiques qui prennent soin de moi et me secourent de leur piété, de leur dévouement au Saint-Siège. — Je bénis, enfin, les catholiques du monde entier, car ils sont mes fils, comme moi je suis leur père… »

Pie lX ajouta dans un mouvement d’éloquence apostolique admirable :

« … Mais pourquoi ne pas bénir même les impies et les  révolutionnaires ? Je me rappelle le fait d’un Saint de l’Ancien Testament, du patriarche Jacob, qui avait combattu toute la nuit, cum viro, avec un homme inconnu. Quand le soleil apparut, il vit que c’était un ange ; il se prosterna à terre, et lui dit qu’il ne le laisserait pas avant d’avoir reçu sa bénédiction, non relinquam te nisi benedixeris mihi.

Prions donc le Bon Dieu qu’Il daigne les éclairer, car ils ne savent pas qu’ils combattent contre les anges. »

L’émotion, nous dirons la stupeur de l’assistance, fut générale lorsque Pie IX, faisant ce grand geste de la bénédiction pontificale qui provoque toujours une si profonde impression, termina en disant :

« J’élève donc mes bras et je prie le Père Tout-Puissant de vous bénir avec sa toute-puissance ; je vous bénis au nom du Fils, dont l’Église célèbre aujourd’hui le saint Nom, le nom de Jésus, de Jésus devant lequel doivent fléchir le ciel, la terre et l’enfer ; et au nom du Saint-Esprit, afin qu’Il vous donne l’esprit de charité. »

 

Le 25 avril 1870, le Bienheureux Pape Pie IX bénit pour la dernière fois les troupes pontificales réunies             sur la place Saint-Pierre

Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l’homme, 8-LB56-1290

 


S’abonner à TFP-France:  Abonnez-vous à tfp-france.org par Email

 

Bookmark and Share
Tags: , , , , ,
Imprimer cet article Imprimer cet article

Leave Comment