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Pauvreté et splendeur : extrêmes harmonieux au firmament de l’Église – suite

(…)                                                                                    Peut-on alors aimer en même temps la richesse et la pauvreté, la simplicité et la pompe, le paraître et le recueillement ? Peut-on en même temps louer l’abandon de toutes les choses de la terre et leur réunion pour constituer un cadre où brillent les plus hautes valeurs terrestres ?
 

Le problème est très actuel, au moment où Sa Sainteté le Pape Jean XXIII [cet article a été publié en 1958], se montre, d’une façon si édifiante, zélé des splendides traditions vaticanes. Et alors même que cela déconcerte les éléments dont la mentalité est semblable à celle du chef du Parti travailliste, Aneurin Bevan, paladin de la lutte contre tout le cérémonial, qui assista de dos à une partie des célébrations du  couronnement  de la Reine Elizabeth II.

Non, il n’existe pas de contradiction entre un ordre de valeurs et l’autre, si ce n’est dans l’esprit des égalitaires, esclaves de la Révolution.

Tableau du cortège dans la Basilique Saint-Pierre à l’occasion de la canonisation de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus.

Au contraire, l’Église révèle sa sainteté justement parce que, avec la même perfection, avec le même génie surnaturel, elle sait organiser et stimuler la pratique des vertus qui fleurissent dans la vie obscure du moine et celles qui brillent dans le cérémonial sublime de la Papauté.
Plus encore. L’un équilibre l’autre. On pourrait presque dire qu’un extrême (dans le bon sens du terme) compense l’autre et se concilie avec lui.

Le fondement doctrinal dans lequel ces deux extrêmes, tous les deux saints, se rencontrent et s’harmonisent est limpide. Dieu Notre Seigneur nous a donné les créatures pour que celles-ci nous servent à aller jusqu’à Lui. Ainsi, il est nécessaire que la culture et l’art, inspirés par la foi, mettent en évidence toutes les beautés de la création matérielle et les splendeurs de talent et de vertu de l’âme humaine.

C’est ce que l’on appelle la culture et la civilisation chrétienne. Par là, les hommes se forment dans la vérité et dans la beauté, dans l’amour du sublime, de la hiérarchie et de l’ordre qui, dans l’univers, reflètent la perfection de Celui qui l’a fait. Ainsi, les créatures servent de fait à notre salut et à la gloire divine.

Par ailleurs, elles sont contingentes, passagères, car seul Dieu est absolu et éternel. Il convient de le rappeler. Pour cela, il est bon de s’éloigner des êtres créés et, par ce détachement, ne penser qu’au Seigneur.

De la première façon, on monte vers Dieu en admirant tout ce qu’est la création. De l’autre façon, on va à Lui en méditant sur ce qu’elle n’est pas. L’Église invite ses enfants à prendre simultanément l’une et l’autre voie, par le spectacle sublime des cérémonies et du faste, et par la considération des renoncements admirables qu’elle seule sait inspirer et réaliser.

 

 

Extrait  :

 » Ambiances, coutumes, civilisations « 

Plinio Corrêa de Oliveira – Catolicismo nº 96 – Décembre 1958.

 

 

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