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Peuple et multitude amorphe, inégalités légitimes et fraternité

La voix des Papes – Pie XII

  Dans son message radiodiffusé de Noël 1944, Pie XII éclairait par son enseignement la distinction nécessaire entre l’idée de peuple authentique et celle de masse. Il dénonçait le risque de transformer « la force élémentaire » de cette dernière en un redoutable ennemi de la liberté et du bien commun.

  À notre époque de crise et de matraquage médiatique, une réflexion sur ce sujet peut être utile à ceux qui sont attachés à la défense des principes essentiels de la civilisation chrétienne.

« Peuple et multitude amorphe, ou, comme on a coutume de dire, masse, sont deux concepts différents.

  1. « Le peuple vit et se meut par sa vie propre ; la masse est d’elle-même inerte, et ne peut être mue que de l’extérieur.

  2. « Le peuple vit de la plénitude de la vie des hommes qui le composent, dont chacun – à la place et de la manière qui lui sont propres – est une personne consciente de ses propres responsabilités et de ses propres convictions. La masse au contraire, attend l’impulsion du dehors, jouet facile entre les mains de quiconque en exploite les instincts et les impressions, prompte à suivre, tour à tour, aujourd’hui ce drapeau et demain cet autre.

  3. « De l’exubérance vitale d’un vrai peuple se diffuse une vie, abondante et riche, dans l’État et dans tous ses organes, leur infusant, avec une vigueur sans cesse renouvelée, la conscience de leur responsabilité propre, le vrai sens du bien commun.
     « De la force élémentaire de la masse, habilement manipulée et utilisée, l’État peut aussi se servir. Aux mains d’un ou de plusieurs ambitieux, groupés artificiellement par leurs tendances égoïstes, l’État peut, en s’appuyant sur la masse devenue une pure machine, imposer arbitrairement sa volonté à la meilleure partie du peuple. L’intérêt commun en reste lésé gravement et pour longtemps, et la blessure devient rapidement difficile à guérir.»

masse

  4. « Il en résulte clairement une autre conclusion : la masse – telle que Nous venons de la définir – est la principale ennemie de la véritable démocratie et de son idéal de liberté et d’égalité.

  5. « Dans un peuple digne de ce nom, le citoyen a conscience de sa propre personnalité, de ses devoirs et de ses droits ; de sa propre liberté conjuguée au respect de la liberté et de la dignité des autres. Dans un peuple digne de ce nom, toutes les inégalités, qui dérivent non du libre arbitre, mais de la nature même des choses, inégalités de culture, de biens, de position sociale – sans préjudice, bien entendu, de la justice et de la charité mutuelle – ne sont nullement un obstacle à l’existence et à la prédominance d’un authentique esprit de communauté et de fraternité.

  « Bien plus, loin de nuire en quoi que ce soit à l’égalité civile, elles lui confèrent son sens légitime, à savoir que chacun a le droit, en face de l’État, de vivre honorablement sa propre vie personnelle, à la place et dans les conditions où l’ont mis les desseins et les dispositions de la Providence. »

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