tfp-france.org » Inégalités justes et nécessaires http://tfp-france.org Sat, 30 Jan 2016 10:23:10 +0000 fr-FR hourly 1 http://wordpress.org/?v=4.2.6 Inégalités justes et nécessaires http://tfp-france.org/7123/inegalites-justes-et-necessaires-2 http://tfp-france.org/7123/inegalites-justes-et-necessaires-2#comments Tue, 16 Apr 2013 19:09:09 +0000 http://tfp-france.org/?p=7123 Rappel d’une vérité oubliée : l’idéal catholique d’une société fraternelle, parce qu’ harmonieusement inégalitaire.

Sur la grande quantité des lettres qui affluent au secrétariat de la TFP, beaucoup expriment l’inquiétude et la tristesse de nos amis face à la sécularisation galopante de notre société.

Oui, la déchristianisation de la France a des conséquences directes sur notre vie de tous les jours. Mais il y a quelque chose de concret et d’utile que  nous pouvons faire. C’est de faire connaître autour de nous un des principes essentiels de l’organisation de la société selon la doctrine catholique, que bien des chrétiens ignorent aujourd’hui.

C’est pourquoi nous avons le plaisir de présenter, une brochure illustrée, intitulée:

 

Elle rappelle une vérité oubliée l’idéal catholique d’une société fraternelle, parce qu’harmonieusement inégalitaire. C’est la voix des Papes qui l’enseigne et la fait comprendre.

La conception chrétienne de l’égalité est apparue pour la première fois dans l’histoire du monde avec l’évangélisation et a remis en cause la cruauté du monde païen. À partir de l’enseignement de Notre Seigneur Jésus-Christ, les hommes ont compris qu’étant tous fils de Dieu, ils sont tous égaux du simple fait de leur appartenance à l’humanité.

Tous les droits inhérents à la nature humaine sont les mêmes pour tous, à commencer par les premiers d’entre eux : le droit à la vie, à la dignité et à l’honneur, et donc à la liberté, ainsi que le droit de chacun aux  fruits de son travail.

Jusqu’alors, le monde païen de l’Antiquité avait refusé de reconnaître cette égalité fondamentale de tous les êtres humains. D’où l’esclavage, la condition inférieure de la femme, le mépris de la vie humaine et toutes les manifestations d’injustice et de cruauté d’un monde barbare et primitif qui bridaient le plein épanouissement de la personne.

Pendant les siècles où la vision catholique du monde fut matrice de civilisation, l’âge, l’éducation, la culture, le métier, les biens et une foule d’autres circonstances, nuançaient les rapports au sein de la société, marquaient les lois et les coutumes.

Sommaire

(cliquez sur les rubriques ci dessous)

 

Un mouvement lent et continu vers l’égalité totale

Rappel d’une vérité oubliée : l’idéal catholique d’une société fraternelle, parce qu’harmonieusement inégalitaire

 

Doctrine de l’Église : L’enseignement des  Papes  sur les  inégalités justes et nécessaires

 

 

« Pourquoi notre monde pauvre et égalitaire s’est-il enthousiasmé avec le faste et la majesté du couronnement de la Reine d’Angleterre ? »

 

 Mais aujourd’hui, chacun d’entre nous est le témoin d’une multitude de faits, en apparence sans connexion entre eux, qui introduisent des modifications dans la vie quotidienne, en un sens toujours plus égalitaire.

Comme on peut le voir dans l’Aperçu, l’égalitarisme se glisse dans des domaines comme les aspects extérieurs de l’existence, comme la façon de vivre en société, ou encore dans le champ économique, politique ou international, dans la cultureet même dans les rapports des hommes avec Dieu.

Cet immense mouvement forme un puissant courant qui avance sans cesse, alternant les remous lents et profonds, les sauts brusques et rapides et les passages de calme apparent.

En face de cette révolution égalitaire universelle, qui atteint tous les domaines de la vie en société mais est bien souvent impalpable, le catholique est placé dans une situation diamétralement opposée et incompatible avec ce mouvement.

D’où la nécessité de bien comprendre l’enseignement des Papes au sujet des inégalités justes et nécessaires. D’autant plus que ce mouvement possède aussi le caractère d’une mystique religieuse intolérante.

Cette brochure un instrument utile pour continuer, avec tous les amis de la TFP, la mission qui nous anime.

Aussi nous invitons à lire et diffuser cet  « Aperçu – Inégalités justes et nécessaires – Rappel d’une vérité oubliée ».

 

Pour nous écrire :

Mentionnez le code  – 13863 / Aperçu- Inéligalités justes

6 av. Chauvard – 92600 Asnières s/Seine
 
Par téléphoner :  01 45 55 61 88

     

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Inégalités justes et nécessaires. Rappel d’une vérité oubliée – Partie 4 finale – Nostalgie d’un ordre naturel sain http://tfp-france.org/5498/inegalites-justes-et-necessaires-rappel-dune-verite-oubliee-partie-4-finale-nostalgie-dun-ordre-naturel-sain http://tfp-france.org/5498/inegalites-justes-et-necessaires-rappel-dune-verite-oubliee-partie-4-finale-nostalgie-dun-ordre-naturel-sain#comments Wed, 03 Apr 2013 05:09:56 +0000 http://tfp-france.org/?p=5498 « Pourquoi notre monde pauvre et égalitaire s’est-il enthousiasmé avec le faste et la majesté du couronnement de la Reine d’Angleterre ? »

Nostalgie d’un ordre          naturel sain

C’est précisément avec cette tradition que le monde contemporain a rompu, pour adopter un progrès né, non pas du développement harmonieux du passé, mais du tumulte et des abîmes de la Révolution française. Dans un monde nivelé, extrêmement pauvre en symboles, en règles, en bonnes manières, en maintien, en tout ce qui signifie l’ordre et la distinction dans le vivre ensemble humain, et qui à tout moment continue de détruire le peu qui reste, alors que la soif d’égalitarisme s’assouvit, la nature humaine, dans ses fibres profondes, sent de plus en plus le manque de ce avec quoi elle a follement rompu. Quelque chose de très profond et de très fort en son intérieur lui fait sentir un déséquilibre, une incertitude, l’insipidité et l’épouvantable trivialité de la vie, qui s’accentue de plus en plus alors que l’homme se remplit des toxiques de l’égalité.

La nature a des réactions subites. L’homme contemporain, blessé et malmené dans sa nature par tout un style de vie construit sur des abstractions, des chimères, des théories vides, s’est tourné émerveillé, lors des journées du couronnement, instantanément rajeuni et reposé, vers le mirage de ce passé si différent du terrible aujourd’hui.

Non tant par nostalgie du passé que de certains principes d’ordre naturel que le passé respectait et que le présent viole à tout moment. Voilà, selon nous, l’explication la plus profonde et la plus réelle de l’enthousiasme qui s’empara du monde lors des fêtes du couronnement.

 

 

 Articles dans la série:

 Inégalités justes et nécessaires. Rappel d’une vérité oubliée – Partie 4 – « Pourquoi notre monde pauvre et égalitaire s’est-il enthousiasmé avec le faste et la majesté du couronnement de la Reine d’Angleterre ? »
 
 Partie 4 suite- I « Pourquoi notre monde pauvre et égalitaire s’est-il enthousiasmé avec le faste et la majesté du couronnement de la Reine d’Angleterre ?  – Quelques explications
 
Partie 4 suite – II « Pourquoi notre monde pauvre et égalitaire s’est-il enthousiasmé avec le faste et la majesté du couronnement de la Reine d’Angleterre ? – Sentiment de sa propre dignité
 
Partie 4 suite – III « Pourquoi notre monde pauvre et égalitaire s’est-il enthousiasmé avec le faste et la majesté du couronnement de la Reine d’Angleterre ? –la formation du protocole 
 
Partie 4 suite – IV « Pourquoi notre monde pauvre et égalitaire s’est-il enthousiasmé avec le faste et la majesté du couronnement de la Reine d’Angleterre ? –  Modernisation indue 
 

 

  

Article publié au Brésil par le mensuel Catolicismo,  « Pourquoi notre monde pauvre et égalitaire s’est-il enthousiasmé avec le faste et la majesté du couronnement ? »   – Plinio Corrêa de Oliveira, dans Catolicismo Nº 31 – juin 1953

 

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Inégalités justes et nécessaires. Rappel d’une vérité oubliée – Partie 4 suite – Modernisation indue http://tfp-france.org/5292/inegalites-justes-et-necessaires-rappel-dune-verite-oubliee-partie-4-suite-modernisation-indue http://tfp-france.org/5292/inegalites-justes-et-necessaires-rappel-dune-verite-oubliee-partie-4-suite-modernisation-indue#comments Mon, 28 Jan 2013 05:09:24 +0000 http://tfp-france.org/?p=5292 « Pourquoi notre monde pauvre et égalitaire s’est-il enthousiasmé avec le faste et la majesté du couronnement de la Reine d’Angleterre ? »

Modernisation indue

On pourrait se demander s’il ne serait pas utile de moderniser tous ces symboles, d’actualiser toutes ces cérémonies. Pourquoi conserver des rites, des formules, des costumes d’un passé si lointain ?

La question est d’un simplisme primaire. Les rites, les formules, les uniformes, pour exprimer des états d’esprit, pour refléter des situations et des circonstances réellement existantes, ne peuvent pas être créés ou réformés brusquement et par décret, mais au contraire, ils doivent l’être graduellement, lentement, en général de façon imperceptible, par l’action des coutumes.

Or, la, avec toutes ses séquelles, a rendu impossible ce processus de transformation. Car l’humanité s’est laissé fasciner par le mirage de l’égalitarisme absolu.

Ce tableau, très probablement peint au début de la Révolution Française, en 1789, symbolise la réconciliation de l’Église, de la Noblesse et du Tiers État en France devant l’entrée d’un temple maçonnique.

Elle a vouée au mépris et à la haine tout ce qui, dans le domaine des coutumes, exprime une inégalité. Elle a institué un nouvel ordre de choses, basé sur la tendance au nivellement complet, sur l’abolition de toute étiquette et de tout protocole. Imbue de cet esprit, l’humanité a perdu la capacité de retoucher les choses du passé, si ce n’est pour les détruire.

De plus, si l’homme contemporain se mettait à réformer les rites et à instituer des symboles, il le ferait par décret, car la Révolution française a créé en lui l’adoration de la loi et le mépris de la coutume. Et rien n’est plus irréel, plus caricatural, et bien souvent rien n’est plus dangereux que les réalités sociales que l’on croit pouvoir créer par la loi. La cour d’opérette, rutilante, fanfaronne et profondément vulgaire de Napoléon l’a bien démontré.

 

Détruire pour détruire

Le simple fait qu’un rite ou un symbole soit très ancien n’est pas un motif pour l’abolir, mais avant tout pour le conserver.

Marie-Antoinette avant son exécution – 16 octobre 1793

Le véritable esprit traditionnel ne détruit pas pour détruire. Au contraire, il conserve tout ce qu’il peut et ne détruit que lorsqu’il y a un motif réel et sérieux pour le faire. Car si la véritable tradition n’est ni une sclérose ni une fixation rigide dans le passé, elle est encore moins une négation constante de ce dernier. À ce sujet, qu’il nous soit permis de citer encore une fois un passage magistral de Pie XII. S’adressant à la noblesse et au patriciat romain (Osservatore Romano du 19 janvier 1944), le Pontife fit dans ces termes référence à la tradition que l’aristocratie de la Ville éternelle représentait :

« Beaucoup d’esprits, même sincères, s’imaginent et croient que la tradition n’est rien que le souvenir, le pâle vestige d’un passé qui n’est plus, qui ne peut plus revenir, qui tout au plus est, avec vénération, avec reconnaissance si l’on veut, relégué et conservé dans un musée que peu d’admirateurs ou amis visitent. Si la tradition consistait en cela, se réduisait à cela, et comportait le refus ou le mépris de la marche vers l’avenir, on aurait raison de lui refuser respect et honneur, et il faudrait regarder avec pitié les rêveurs du passé, retardataires en face du présent et du futur, et avec une plus grande sévérité encore ceux qui, poussés par des intentions moins respectables et moins pures, ne sont que les déserteurs des devoirs de l’heure si endeuillée qui s’écoule.

« Mais la tradition est une chose très différente du simple attachement à un passé disparu: elle est à l’opposé d’une réaction qui se méfie de tout sage progrès. Son nom lui-même étymologiquement est synonyme de cheminement et de marche en avant — synonymie, non identité. En effet, tandis que le mot progrès indique seulement le fait d’aller en avant, un pas après l’autre, en cherchant du regard un avenir incertain, la tradition signifie aussi une marche en avant, mais une marche continue qui se déroule en même temps avec tranquillité et vigueur, selon les lois de la vie, échappant à l’angoissante alternative : “Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait !”. Elle ressemble à ce M. de Turenne dont il a été dit : “Il eut dans sa jeunesse toute la prudence d’un âge avancé, et dans l’âge avancé toute la vigueur de la jeunesse” (Fléchier, Oraison funèbre, 1676).

« Sous la force de la tradition, la jeunesse, éclairée et guidée par l’expérience des anciens, s’avance d’un pas plus assuré, et la vieillesse transmet et livre avec confiance la charrue à des mains plus vigoureuses qui vont continuer le sillon commencé. Comme l’indique son nom, la tradition est le don qui passe de génération en génération, le flambeau qu’à chaque relais le coureur confie et remet dans la main d’un autre coureur sans que la course s’arrête ou se ralentisse. Tradition et progrès se complètent réciproquement avec tant d’harmonie que tout comme la tradition sans le progrès se contredirait elle-même, le progrès sans la tradition serait une entreprise téméraire, un saut dans l’obscurité.

« Non, il ne s’agit pas de ramer à contre-courant, de retourner vers les formes de vie et d’action des âges disparus, mais bien, en prenant et en suivant ce que le passé a de meilleur, d’avancer à la rencontre de l’avenir avec la vigueur immuable de la jeunesse. »

 

 Articles dans la série:

 Inégalités justes et nécessaires. Rappel d’une vérité oubliée – Partie 4 – « Pourquoi notre monde pauvre et égalitaire s’est-il enthousiasmé avec le faste et la majesté du couronnement de la Reine d’Angleterre ? »
 
 Partie 4 suite- I « Pourquoi notre monde pauvre et égalitaire s’est-il enthousiasmé avec le faste et la majesté du couronnement de la Reine d’Angleterre ?  – Quelques explications
 
Partie 4 suite – II « Pourquoi notre monde pauvre et égalitaire s’est-il enthousiasmé avec le faste et la majesté du couronnement de la Reine d’Angleterre ? – Sentiment de sa propre dignité
 
Partie 4 suite – III « Pourquoi notre monde pauvre et égalitaire s’est-il enthousiasmé avec le faste et la majesté du couronnement de la Reine d’Angleterre ? – … la formation du protocole

 

cet article continue…

Article publié au Brésil par le mensuel Catolicismo,  « Pourquoi notre monde pauvre et égalitaire s’est-il enthousiasmé avec le faste et la majesté du couronnement ? »   – Plinio Corrêa de Oliveira, dans Catolicismo Nº 31 – juin 1953

 

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Inégalités justes et nécessaires. Rappel d’une vérité oubliée – Partie 4 suite – … la formation du protocole http://tfp-france.org/5161/inegalites-justes-et-necessaires-rappel-dune-verite-oubliee-partie-4-suite-la-formation-du-protocole-2 http://tfp-france.org/5161/inegalites-justes-et-necessaires-rappel-dune-verite-oubliee-partie-4-suite-la-formation-du-protocole-2#comments Tue, 22 Jan 2013 05:09:37 +0000 http://tfp-france.org/?p=5161 « Pourquoi notre monde pauvre et égalitaire s’est-il enthousiasmé avec le faste et la majesté du couronnement de la Reine d’Angleterre ? »

Le sentiment de sa propre dignité et la justice imposent la formation du protocole

La nature humaine exige donc que, dans le vivre ensemble social, on accorde la considération qui est due à toutes les authentiques valeurs humaines, lesquelles se différencient les unes des autres presque à l’infini.

Comment appliquer ce principe dans la pratique ?                                                  Comment obtenir qu’une valeur soit vue et reconnue par tous les hommes et que chacun sentent exactement dans quelle mesure cette valeur doit être admirée ? Plus concrètement, comment enseigner à tous que la vertu, l’âge, le talent, la lignée illustre, la charge, la fonction doivent être honorés ? Comment indiquer la mesure exacte de respect et d’amour que l’on doit à chacun ? En tout temps, en tout lieu, l’ordre naturel des choses a résolu ce problème à l’aide du seul moyen pleinement efficace : la coutume.

Ainsi, utilisant les mêmes façons de traiter les personnes dans les situations identiques, le bon sens, l’équilibre, le tact des sociétés humaines ont créé point par point, dans chaque pays ou dans chaque zone de culture, les règles de politesse, les formules, les gestes, on pourrait presque dire les rites adéquats, pour définir, enseigner, symboliser et exprimer ce que l’on doit à chaque personne, selon sa situation, en matière de vénération et d’estime.

Louis XIV recevant les clefs de Strasbourg – detail

Sous l’inspiration de l’Église, la Civilisation chrétienne a porté à son apogée l’art des coutumes et des symboles sociaux. Autrefois, les Européens, et par extension leurs descendants dans les pays américains nés de l’Europe,  étaient connus pour l’affabilité de leurs manières et leur merveilleuse distinction. Mais les principes de la Révolution de 1789 se chargèrent de frapper profondément cet art, détruisant de la sorte « la douceur de vivre », dont témoigne Talleyrand dans ses mémoires.

Les titres de noblesse, l’héraldique, les décorations, les règles du protocole, ne furent pas autre chose que des moyens admirables, pleins de tact, de précision et de signification, pour définir, nuancer et modeler les relations humaines dans le cadre politique et social existant. Personne n’y peut voir simplement de la vanité. L’Église elle-même, qui est maîtresse de toutes les vertus et qui combat tous les vices, a institué des titres de noblesse, elle a distribué et distribue des décorations, et elle élabore tout un cérémonial, d’une admirable précision au moment de définir toutes les différences hiérarchiques que la loi divine et la sagesse des papes ont créées en son sein au long des siècles. Au sujet des décorations, saint Pie X déclare :

« Les récompenses décernées à la valeur contribuent puissamment à susciter dans les cœurs le désir des actions éclatantes, car si elles glorifient des hommes distingués qui ont bien mérité de l’Église, ou de la société, elles entraînent les autres par l’exemple à parcourir la même carrière de gloire et d’honneur. Dans cette sage intention, les Pontifes romains Nos Prédécesseurs ont entouré d’un amour spécial les Ordres équestres, comme des stimulants de gloire ; ils ont créé les uns, relevé à leur dignité première et doté les autres de nouveaux et de  plus insignes privilèges. »

(Bref sur les Ordres équestres pontificaux, 7 février 1905).

Le fait qu’il y ait donc une marque distinctive pour la charge suprême de l’État, qu’il y ait des insignes pour les personnes de lignage les plus illustres, des habits de gala pour les dignitaires chargés des fonctions politiques d’importances, et que tout l’apparat de ces symboles soit utilisé lors de la cérémonie de prise de fonction du chef de l’État, tout cela ne constitue ni une concession à la faiblesse humaine ni une mascarade. Il s’agit au contraire du respect de règles de conduite entièrement conformes à l’ordre naturel des choses.

Bal à l’Hôtel de Ville de Vienne, 1904

 

 Articles dans la série:

 Inégalités justes et nécessaires. Rappel d’une vérité oubliée – Partie 4 – « Pourquoi notre monde pauvre et égalitaire s’est-il enthousiasmé avec le faste et la majesté du couronnement de la Reine d’Angleterre ? »
 
 Partie 4 suite « Pourquoi notre monde pauvre et égalitaire s’est-il enthousiasmé avec le faste et la majesté du couronnement de la Reine d’Angleterre ?  – Quelques explications
 
Partie 4 suite « Pourquoi notre monde pauvre et égalitaire s’est-il enthousiasmé avec le faste et la majesté du couronnement de la Reine d’Angleterre ? – Sentiment de sa propre dignité

 

 

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Article publié au Brésil par le mensuel Catolicismo,  « Pourquoi notre monde pauvre et égalitaire s’est-il enthousiasmé avec le faste et la majesté du couronnement ? »   – Plinio Corrêa de Oliveira, dans Catolicismo Nº 31 – juin 1953

 

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Inégalités justes et nécessaires. Rappel d’une vérité oubliée – Partie 4 suite – sentiment de sa propre dignité http://tfp-france.org/4890/inegalites-justes-et-necessaires-rappel-dune-verite-oubliee-partie-4-suite-ii http://tfp-france.org/4890/inegalites-justes-et-necessaires-rappel-dune-verite-oubliee-partie-4-suite-ii#comments Mon, 14 Jan 2013 19:09:36 +0000 http://tfp-france.org/?p=4890 « Pourquoi notre monde pauvre et égalitaire s’est-il enthousiasmé avec le faste et la majesté du couronnement de la Reine d’Angleterre ? »

 Une vertu essentielle : le sentiment de sa propre dignité

 

Le goût des hommes pour les honneurs, pour les distinctions, pour la solennité n’est que la manifestation de l’instinct de sociabilité, inhérent à notre nature, si juste en lui-même, aussi sage que les autres instincts dont Dieu nous a dotés.

Notre nature nous amène à vivre en société avec d’autres humains. Mais elle ne se contente pas d’un « vivre ensemble » quelconque. Pour les personnes qui ont un esprit droit, c’est-à-dire exception faite des excentriques, des atrabilaires et des malades des nerfs, le vivre ensemble ne réalise pleinement ses objectifs naturels que lorsqu’il est fondé sur la connaissance et la compréhension réciproque et lorsque, de cette connaissance et de cette compréhension, naît l’estime et l’amitié. En d’autres termes, l’instinct de sociabilité demande, non pas un vivre ensemble basé sur la tromperie et hérissé d’incompréhensions et de chocs, mais un contexte de relations pacifiques, harmonieuses, et amènes.

Avant tout, nous voulons être connus pour ce que nous sommes réellement. Un homme qui a des qualités tend naturellement à les manifester et souhaite que ces qualités lui vaillent l’estime et la considération du milieu où il vit. Un chanteur, par exemple, veut se faire entendre et susciter dans l’auditoire l’admiration que sa voix mérite. Pour la même raison, un peintre expose ses toiles, un écrivain publie son travail, un homme culte communique son savoir et ainsi de suite. Enfin, l’homme vertueux apprécie d’être considéré comme tel. L’indifférence illimitée de l’opinion que se forme notre prochain sur nous-mêmes n’est pas une vertu, mais un manque de conscience de sa propre dignité.

Sans doute, le désir droit et mesuré d’une bonne réputation peut facilement se corrompre, comme tout ce qui est inhérent à l’homme. C’est une conséquence du péché originel. De la même façon, l’instinct de conservation peut dériver vers la peur, et le désir raisonnable de s’alimenter peut s’égarer dans la gourmandise. Dans le cas précis de l’instinct de sociabilité, nous pouvons aisément tomber dans l’excès de faire des applaudissements de nos semblables notre idole, l’objet de tous nos actes, le motif de notre façon d’agir vertueuse.

Et pour obtenir ces applaudissements, il se peut que nous allions jusqu’à simuler des qualités que nous n’avons pas ou renier nos principes les plus sacrés (qui ne saura jamais combien d’âmes sont entraînées en enfer par le respect humain ?). Il se peut que, poussés par cette soif, nous commettions des crimes pour nous élever à des postes ou à des situations éminentes, que, fascinés par cet objectif, nous accordions une importance ridicule aux moindres facteurs susceptibles de nous mettre en relief, que nous ressentions des haines violentes, que nous pratiquions des vengeances atroces contre ceux qui n’auraient pas reconnu, dans toute leur prétendue magnitude, les mérites que nous imaginons avoir. L’histoire pullule littéralement de tristes exemples de tout cela. Mais – il faut insister – si par cet argument nous devions conclure que le désir d’être connu et estimé par ses semblables pour ce que nous sommes réellement est intrinsèquement mauvais, alors nous devrions condamner tous les instincts et notre nature elle-même.

Il est certain aussi que Dieu exige que nous soyons intérieurement détachés en ce qui concerne la bonne opinion qu’a de nous notre prochain. De la même façon dont nous devons l’être de tous les autres biens de la terre, l’intelligence, la culture, la carrière, la beauté, l’abondance, la santé, et la vie elle-même. À certains, Dieu demande, en plus du détachement intérieur, un détachement extérieur de la considération sociale, tout comme à d’autres il demande non seulement la pauvreté en esprit, mais aussi la pratique de la pauvreté matérielle. Il faut alors obéir. C’est pour cela que les hagiographies regorgent d’exemples de saints qui ont fui des manifestations légitimes d’estime de leurs semblables. Malgré tout cela, il est légitime en soi que l’homme veuille recevoir l’estime de ceux qu’il côtoie.

Une condition pour l’existence de la société : la justice

Cette tendance naturelle est en consonance d’ailleurs avec l’un des principes les plus essentiels de la vie sociale : la justice, selon laquelle on doit donner à chacun ce à quoi il a droit, non seulement en ce qui concerne les biens matériels, mais aussi en ce qui concerne l’honneur, la distinction, l’estime, l’affection. Une société basée sur la négation totale de ce principe serait absolument injuste. « Rendez à tous ce qui leur est dû : à qui l’impôt, l’impôt ; à qui le tribut, le tribut ; à qui la crainte, la crainte ; à qui l’honneur, l’honneur » nous dit saint Paul (Rom. 13,7).

Ajoutons que ces manifestations se doivent rigoureusement non seulement aux mérites personnels, mais aussi à la fonction, à la charge ou à la situation qu’une personne possède. Ainsi, le fils doit du respect à son père même si celui-ci est un mauvais père, le fidèle doit manifester sa révérence envers le prêtre même s’il est indigne, le sujet doit vénérer son souverain même s’il est corrompu. Saint Pierre recommande aux esclaves qu’ils obéissent à leurs maîtres même s’ils sont d’un caractère difficile (I Pierre, 2, 18).

Et l’on doit aussi honorer dans une personne la lignée illustre dont il descend. Ce point est particulièrement douloureux pour l’homme égalitaire d’aujourd’hui. C’est cependant ce que pense et enseigne l’Église. Lisons l’enseignement profond et brillant de Pie XII à ce sujet :

« Les inégalités sociales, même celles liées à la naissance, sont inévitables. La nature bienveillante et la bénédiction de Dieu sur l’humanité illuminent et protègent les berceaux, les embrassent, mais ne les nivellent pas. Regardez les sociétés les plus inexorablement égalisées. Aucun artifice n’a jamais pu faire que le fils d’un grand chef ou d’un grand conducteur de foules, ne demeure en tout dans la même situation que celle d’un obscur citoyen perdu au milieu du peuple. Ces inégalités inéluctables peuvent, du point de vue du païen, apparaître comme une conséquence inflexible du conflit des forces sociales et de la suprématie acquise par les uns sur les autres, par l’effet de lois aveugles qui, estime-t-on, régissent l’activité humaine de manière à aboutir au triomphe des uns comme au sacrifice des autres ; mais un esprit instruit et éduqué chrétiennement ne peut au contraire les considérer que comme une disposition voulue par Dieu qui, dans un dessein semblable, établit des inégalités dans la famille, destinées à unir davantage les hommes entre eux dans leur voyage de la vie présente vers la patrie du ciel, les uns aidant les autres, comme le père aide la mère et les enfants. » (Allocution au Patriciat et à la Noblesse romaine, 5 janvier 1942).

 

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Article publié au Brésil par le mensuel Catolicismo,  « Pourquoi notre monde pauvre et égalitaire s’est-il enthousiasmé avec le faste et la majesté du couronnement ? »   – Plinio Corrêa de Oliveira, dans Catolicismo Nº 31 – juin 1953

 

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Inégalités justes et nécessaires. Rappel d’une vérité oubliée – Partie 4 suite – Quelques explications http://tfp-france.org/4567/inegalites-justes-et-necessaires-rappel-dune-verite-oubliee-partie-4-suite http://tfp-france.org/4567/inegalites-justes-et-necessaires-rappel-dune-verite-oubliee-partie-4-suite#comments Mon, 07 Jan 2013 19:21:56 +0000 http://tfp-france.org/?p=4567 « Pourquoi notre monde pauvre et égalitaire s’est-il enthousiasmé avec le faste et la majesté du couronnement de la Reine d’Angleterre ? »

 

Un fait déconcertant : la popularité du couronnement

Or, pendant que ce typhon souffle avec une force sans précédent, en plein développement de cet immense processus mondial, une Reine est couronnée selon des rites inspirés par une mentalité absolument anti-égalitaire. Ce fait n’irrite pas, il ne provoque pas de protestation et, au contraire, il est reçu par une immense onde de sympathie populaire. Le monde entier a fêté le couronnement de la jeune souveraine anglaise, presque comme si les traditions qu’elle représente sont une valeur commune à tous les peuples.

De toute part affluèrent vers Londres des personnes désireuses de s’émerveiller d’un spectacle si anti-moderne. Devant tous les appareils de télévision se sont agglomérés avides de voir la cérémonie, des hommes, des femmes, des enfants de toutes les nations, parlant toutes les langues, exerçant les professions les plus variées, et ce qui est le plus extraordinaire, professant les opinions les plus diverses.

Dans cet immense mouvement d’âme de l’humanité contemporaine il y a quelque chose de surprenant, de contradictoire peut-être, qui mérite une analyse attentive. C’est l’objet de cet article.

Quelques explications

Ce fait attira l’attention de divers commentateurs qui proposèrent des explications. Les uns rappelèrent qu’à mesure que l’égalitarisme avance, les rois se font rares et qu’un couronnement devient plus singulier, plus étrange et plus intéressant. D’autres, peu satisfaits de ces raisons, cherchèrent des motifs différents. La beauté des cérémonies, considérées en leur aspect simplement esthétique, attirerait l’attention des amateurs du genre. La faiblesse de ces explications est évidente. Tout, dans les nouvelles publiées lors du couronnement, démontre que les masses se sont émues, non d’un simple mouvement de curiosité pour voir la reconstitution d’une scène historique, ou le déroulement d’un spectacle artistique, mais d’un immense mouvement d’admiration presque religieuse, de sympathie, de tendresse même, qui entoura la jeune Reine, mais aussi tout ce qu’elle symbolise, avec l’institution monarchique de l’Angleterre. Si le couronnement n’avait été, pour ceux qui y assistèrent, qu’un simple spectacle historique, une simple curiosité artistique, qui tout aussi bien, si ce n’est mieux, aurait pu être représenté par des acteurs professionnels, comment expliquer alors le frémissement de joie, le renouvellement des espérances d’un avenir meilleur, les manifestations d’apothéoses, les acclamations sans fin de ces journées du couronnement ?

M. Menotti del Picchia(journaliste, poète et membre de l’Académie brésilienne de Lettres) a donné une autre explication. Selon lui, l’homme montre en tous temps et en tous lieux une faiblesse : le goût pour les honneurs, pour les distinctions et pour la pompe. Or, l’égalitarisme austère et rationnel contemporain n’alimente en rien cette faiblesse. Quand une occasion comme celle du couronnement se présente, l’homme éprouve tout le plaisir auquel le portent habituellement ses faiblesses.

À notre avis, il y a beaucoup de gangue dans cette opinion, mais aussi un filon d’or : c’est qu’elle reconnaît y avoir dans la nature humaine une profonde tendance, permanente, vigoureuse, pour la pompe, les honneurs, la distinction, et que l’égalitarisme d’aujourd’hui oppresse cette tendance, engendrant une nostalgie enfouie qui explose chaque fois qu’elle en trouve l’occasion. La gangue se trouve dans le fait de considérer cette tendance comme une faiblesse. Personne ne nie que le goût pour les honneurs et les distinctions puisse être à l’origine de nombreuses manifestations de la petitesse humaine. Mais en déduire que ce goût est en lui-même une faiblesse, quelle erreur ! Comme si la faim, la soif, l’envie de se reposer, et tant d’autres tendances naturelles de l’homme, en-soi très légitimes, devaient être considérées comme mauvaises, erronées, ridicules, du simple fait qu’elles sont l’occasion d’excès et même de crimes innombrables !

Même les sentiments les plus nobles peuvent amener à des faiblesses. Il n’y a pas de sentiment plus noble que l’amour maternel. Cependant, à combien d’erreurs peut-il conduire, à combien a-t-il déjà conduit, et à combien conduira-t-il encore…

 

 

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Article publié au Brésil par le mensuel Catolicismo,  « Pourquoi notre monde pauvre et égalitaire s’est-il enthousiasmé avec le faste et la majesté du couronnement ? »   – Plinio Corrêa de Oliveira, dans Catolicismo Nº 31 – juin 1953

 

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Inégalités justes et nécessaires. Rappel d’une vérité oubliée – Partie 4 – « Pourquoi notre monde pauvre et égalitaire s’est-il enthousiasmé avec le faste et la majesté du couronnement de la Reine d’Angleterre ? » http://tfp-france.org/4554/inegalites-justes-et-necessaires-rappel-dune-verite-oubliee-partie-4-pourquoi-notre-monde-pauvre-et-egalitaire-sest-il-enthousiasme-avec-le-faste-et-la-majeste-d-2 http://tfp-france.org/4554/inegalites-justes-et-necessaires-rappel-dune-verite-oubliee-partie-4-pourquoi-notre-monde-pauvre-et-egalitaire-sest-il-enthousiasme-avec-le-faste-et-la-majeste-d-2#comments Wed, 26 Dec 2012 09:38:05 +0000 http://tfp-france.org/?p=4554 Les cérémonies du couronnement de la Reine d’Angleterre, en 1953, suscitèrent dans le monde entier un enthousiasme surprenant. On ressentit un écho notable de cet intérêt lors du mariage du prince Charles et de lady Diana ou de celui de leur fils, le prince William, avec Catherine, duchesse de Cambridge, ainsi que lors du lancement des cérémonies du jubilé de la Reine en 2012. Quelles raisons peuvent bien pousser l’opinion publique mondiale, si égalitaire, à suivre des rites évoquant un temps révolu ? Dans un article publié au Brésil par le mensuel Catolicismo*, le professeur Plinio Corrêa de Oliveira analyse cette fascination mondiale à l’occasion des cérémonies d’accession au trône de la jeune souveraine et indique la raison profonde de cet enthousiasme.

(*) « Pourquoi notre monde pauvre et égalitaire s’est-il enthousiasmé avec le faste et la majesté du couronnement ? »   – Plinio Corrêa de Oliveira, dans Catolicismo Nº 31 – juin 1953

Lors de la prise de fonction du Général Eisenhower comme Président des États-Unis, nous avions écrit quelques considérations qui suscitèrent l’intérêt des lecteurs de Catolicismo. Nous avions alors promis d’analyser également les cérémonies du couronnement de la Reine d’Angleterre, Élisabeth II. C’est ce que nous allons faire à présent.

Monographie sociale d’un intérêt palpitant

La splendide cérémonie a fourni une vision d’ensemble de l’Angleterre avec tout ce qu’elle est, tout ce qu’elle possède et ce qu’elle peut aujourd’hui. Cette vision s’est limitée au plan symbolique, mais qui, précisément pour être symbolique, traduit mieux que tout autre certains aspects de la réalité.

Les institutions anglaises, leur signification intime, leur passé, leurs conditions présentes d’existence, les tendances avec lesquelles elles cheminent vers le futur, la situation actuelle de la Grande-Bretagne au sein du Commonwealth et du monde, les perspectives favorables et les brumes épaisses qui s’annoncent pour elle à l’horizon diplomatique, tout enfin s’est reflété d’une certaine façon dans le couronnement et dans les cérémonies qui le précédèrent et le suivirent. Il y a donc dans celles-ci une telle richesse d’aspects, dont chacun est capable de susciter tant de commentaires, qu’une équipe de spécialistes, à notre époque d’enquêtes sociologiques, pourrait fort bien consacrer aux cérémonies, manifestations et solennités dont le couronnement a été le point central, une enquête soignée qui formerait sans doute de gros volumes.

Notre objectif, évidemment, doit être plus limité. Nous ne prétendons pas traiter tous les aspects des fêtes du couronnement, et n’essayerons même pas de les énumérer. Nous voulons seulement considérer une facette de ce vaste sujet.

L’égalitarisme, idole de notre siècle

Doña María del Rosario Cayetana Fitz-James Stuart y Silva , 18ème Duchesse Duchesse d’Albe de Tormes, Grand d’Espagne..

Dans tous les domaines de la vie moderne, l’influence dominatrice de l’esprit égalitaire se manifeste. Autrefois, la vertu, la naissance, le sexe, l’éducation, la culture, l’âge, le métier, les biens et d’autres circonstances encore, modelaient et nuançaient la société humaine par la variété et la richesse de mille reliefs et couleurs, influençaient de toutes sortes de façons les rapports humains, marquaient à fond les lois, les institutions, les activités intellectuelles, les coutumes, l’économie, et communiquaient à toute l’atmosphère de la vie publique et particulière une note de hiérarchie, de respect, de gravité. Il y avait là un des traits spirituels parmi les plus profonds et caractéristiques de la société chrétienne. Il serait exagéré d’affirmer qu’aujourd’hui tous ces reliefs et ces nuances ont été abolis. Cependant, on ne peut que reconnaître que beaucoup ont complètement disparu et que le peu qui reste diminue et pâlit de jour en jour.

Sans doute, la vie est une transformation constante de tout ce qui n’est pas pérenne. Il serait normal que bien des nuances d’autrefois disparaissent et que d’autres se forment. Mais de nos jours, il n’y a pour ainsi dire pas de transformation qui n’ait pour effet un nivellement, qui ne favorise directement ou indirectement le cheminement de la société humaine vers un état de choses absolument égalitaire. Lorsque ce sont ceux d’en bas qui ralentissent la poussée égalitaire, ceux d’en haut se chargent de la mener plus avant.

Ce phénomène n’est pas circonscrit à une nation ni à un continent, mais semble poussé par un vent qui souffle dans le monde entier. Le typhon-niveleur rectifie parfois des abus intolérables, en Asie par exemple ou dans certaines régions hypercapitalistes d’Occident, imposant dans d’autres cas des changements admissibles, détruisant enfin des droits incontestables et blessant à fond l’ordre naturel des choses lui-même. Mais dans tous les cas, ce typhon égalitaire d’amplitude cosmique ne cesse de souffler. Une fois qu’une réforme juste est faite, il tend à continuer son travail de nivellement et passe à ce qui est douteusement juste puis, ce point étant atteint, il entre avec une force croissante sur le terrain de ce qui est franchement injuste. Cette soif d’égalité ne s’assouvit qu’avec le nivellement complet, total, absolu. L’égalité est le but vers lequel tendent les aspirations des masses, la mystique qui gouverne l’action de presque tous les hommes, l’idole sous l’égide de laquelle l’humanité espère trouver son âge d’or.

 

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Inégalités justes et nécessaires. Rappel d’une vérité oubliée – Partie 3 finale – l’enseignement de l’Église http://tfp-france.org/4317/inegalites-justes-et-necessaires-rappel-dune-verite-oubliee-partie-3-finale-enseignement-des-papes-22-et-23 http://tfp-france.org/4317/inegalites-justes-et-necessaires-rappel-dune-verite-oubliee-partie-3-finale-enseignement-des-papes-22-et-23#comments Tue, 18 Dec 2012 19:21:46 +0000 http://tfp-france.org/?p=4317 Doctrine de l’Église : L’enseignement des  Papes  sur les  inégalités justes et nécessaires

 

22. L’inégalité des créatures est une condition pour que la Création rende gloire à Dieu 

Aux textes pontificaux transcrits ci-dessus, il convient d’ajouter quelques arguments du Docteur Angélique pour justifier l’existence de l’inégalité entre les créatures. Celui-ci affirme dans la Somme Théologique :

Saint Thomas d’Aquin

« Ainsi, dans les choses naturelles, les espèces paraissent avoir été ordonnées par degré. Par exemple, les choses mixtes sont plus parfaites que les éléments qui les composent, les plantes l’emportent sur les minéraux, les animaux sur les plantes, les hommes sur les animaux, et dans chacun de ces ordres de créatures on trouve une espèce qui vaut mieux que d’autres. C’est pourquoi la divine Sagesse ayant été cause de la distinction des êtres, afin que l’univers fût parfait, Elle a voulu pour la même raison qu’il y eût de l’inégalité entre les créatures. Car l’univers ne serait pas parfait s’il n’y avait dans les êtres qu’un seul degré de bonté22. »

22. Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, I, q. 47, a. 2.

Ce ne serait en effet pas en accord avec la perfection de Dieu de créer un seul être. Car aucun être créé, aussi excellent qu’on l’imagine, ne serait en condition de refléter adéquatement, à lui seul, les infinies perfections de Dieu.

Les créatures sont donc nécessairement multiples; non seulement multiples, mais aussi nécessairement inégales. Tel est l’enseignement du saint Docteur :

« On doit préférer plusieurs biens finis à un seul, pour cette raison qu’ils ont plus d’étendue. Or, la bonté de toute créature est finie car elle reste au-dessous de l’infinie bonté de Dieu. Donc, l’universalité des créatures est plus parfaite, si elles sont partagées en divers degrés, que si elles étaient toutes comprises en un seul. Or, il appartient au souverain Bien de faire ce qui est meilleur. Donc il était convenable qu’Il établît plusieurs degrés parmi les créatures.

Le paradis terrestre

« La bonté de l’espèce l’emporte sur le bien de l’individu, de même que le formel l’emporte sur le matériel. Donc, la multitude des espèces augmente davantage la bonté de l’univers que la multitude des individus renfermés sous une seule espèce. Donc, la perfection de l’univers demande, non seulement qu’il existe un grand nombre d’individus, mais encore qu’il y ait des espèces et, par conséquent, divers degrés dans les choses23. »

23. Somme contre les gentils, livre II, chap. 45.

Les inégalités ne sont donc pas des défauts de la création, mais d’excellentes qualités où se reflète la perfection infinie et adorable de son Auteur. Dieu se complaît d’ailleurs à les contempler : « La diversité et l’inégalité qui se rencontrent parmi elles [les créatures] ne viennent, ni du hasard, ni de la diversité de la matière, ni de l’intervention de certaines causes, ni d’aucun mérite, mais de la propre intention de Dieu, qui veut donner à sa créature toute la perfection dont elle est susceptible.

« C’est pourquoi la Genèse, après avoir dit de chacune des oeuvres de Dieu qu’elle est bonne, ajoute : “Dieu vit toutes les choses qu’Il avait faites, et elles étaient très bonnes” (Gen. 1,31)24. »

24. Ibidem.

23. La suppression des inégalités est la condition sine qua non pour l’élimination de la religion 

La Messe à Rocafort

Dieu n’a pas voulu limiter ces inégalités aux êtres des règnes inférieurs — minéral, végétal et animal —, mais il les a étendues aussi aux hommes et donc, aux peuples et aux nations.

Il les a créées harmonieuses entre elles, et bienfaisantes pour chaque catégorie d’êtres comme pour chaque être en particulier, car Il a désiré pourvoir l’homme de moyens abondants lui permettant de garder toujours présentes à l’esprit Ses infinies perfections. Les inégalités entre les êtres sont ipso facto une sublime et très vaste école d’anti-athéisme.

C’est ce que paraît avoir compris l’écrivain communiste français Roger Garaudy (plus tard « converti » à l’Islam), quand il souligne l’importance de l’élimination des inégalités sociales pour la victoire de l’athéisme dans le monde: « En effet, il n’est pas possible, pour un marxiste, de dire que l’élimination des croyances religieuses est une condition sine qua non de l’édification du communisme. Karl Marx montrait au contraire que seule la réalisation complète du communisme, en rendant les rapports sociaux transparents rendrait possible la disparition de la conception religieuse du monde. Pour un marxiste, c’est donc l’édification du communisme qui est la condition sine qua non de l’élimination des racines sociales de la religion, et non l’élimination des croyances religieuses qui est la condition de la construction du communisme25. »

25. « L’homme chrétien et l’homme marxiste », Semaines de la pensée marxiste — Confrontations et débats, La Palatine, Paris-Genève, 1964, p. 64.

Vouloir détruire l’ordre hiérarchique de l’univers, c’est donc priver l’homme de possibilités d’exercer librement le plus fondamental de ses droits : celui de connaître, aimer et servir Dieu. Autrement dit, c’est désirer la plus grande des injustices et la plus cruelle des tyrannies.

 

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Inégalités justes et nécessaires. Rappel d’une vérité oubliée – Partie 3 – enseignement des Papes – 17, 18 et 19 http://tfp-france.org/4162/inegalites-justes-et-necessaires-rappel-dune-verite-oubliee-partie-3-enseignement-des-papes-17-18-et-19 http://tfp-france.org/4162/inegalites-justes-et-necessaires-rappel-dune-verite-oubliee-partie-3-enseignement-des-papes-17-18-et-19#comments Sun, 09 Dec 2012 19:21:48 +0000 http://tfp-france.org/?p=4162 Doctrine de l’Église : L’enseignement des  Papes  sur les  inégalités justes et nécessaires

 17. Les ressemblances et différences entre les hommes trouvent leur place appropriée dans l’ordre absolu de l’être

 

De Pie XII, message radiodiffusé de Noël 1942 : « Si la vie sociale comporte l’unité interne, elle n’exclut pas pour autant les différences demandées par la réalité et par la nature. Mais pourvu qu’on s’attache avec fermeté au suprême Législateur, Dieu, pour tout ce qui regarde l’homme, les ressemblances aussi bien que les différences entre les hommes trouvent leur place appropriée dans l’ordre absolu de l’être, des valeurs, et aussi par conséquent, de la moralité. Que soit ébranlé ce fondement, aussitôt s’ouvre au contraire un dangereux fossé entre les divers domaines de la culture et se manifestent une incertitude et une fragilité des contours, des limites et des valeurs17. »

17. Discorsi e Radiomessaggi di Sua Santità Pio XII, Tipografia Poliglotta Vaticana, vol. IV, p. 331.

18. Les rapports humains produisent toujours et nécessairement une échelle de gradations et de différences

 

De l’allocution de Pie XII aux ouvriers de Fiat (31-10-1948) : « L’Église ne promet pas l’égalité absolue que d’autres proclament, parce qu’elle sait que les rapports humains produisent toujours et nécessairement une échelle de gradations et de différences dans les qualités physiques et intellectuelles, dans les dispositions et tendances internes, dans les occupations et responsabilités. Mais elle assure en même temps la pleine égalité dans la dignité, tout comme dans le coeur de Celui qui appelle à Lui tous les hommes fatigués et éprouvés18. »

18. Discorsi e Radiomessaggi di Sua Santità Pio XII, Tipografia Poliglotta Vaticana, vol. X, p. 266.

19. Établir l’égalité absolue serait détruire l’organisme social

 

Pie XII dans un discours à un groupe de fidèles de la paroisse italienne de Marsciano, Pérouse (4-6-1953) déclare : « Il faut que vous vous sentiez véritablement frères. Il ne s’agit pas d’une simple allégorie: vous êtes vraiment enfants de Dieu et par conséquent vraiment frères.

Il cavaliere dei conti di Marsciano (al centro) al Corteo Storico d’Orvieto

« Et bien, les frères ne naissent ni ne restent tous égaux: les uns sont forts, les autres faibles; les uns intelligents, les autres incapables; il se peut que l’un soit anormal, et il peut arriver aussi qu’un autre devienne indigne. Il existe donc inévitablement une certaine inégalité matérielle, intellectuelle, morale, dans une même famille. […] Prétendre à l’égalité absolue de tous serait la même chose que prétendre donner des fonctions identiques à des membres différents du même organisme19. »

19. Discorsi e Radiomessaggi di Sua Santità Pio XII, Tipografia Poliglotta Vaticana, vol. XV, p. 195.

 

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Inégalités justes et nécessaires. Rappel d’une vérité oubliée – Partie 3 – enseignement des Papes – 15 et 16 http://tfp-france.org/3997/inegalites-justes-et-necessaires-rappel-dune-verite-oubliee-partie-3-enseignement-des-papes-15-et-16 http://tfp-france.org/3997/inegalites-justes-et-necessaires-rappel-dune-verite-oubliee-partie-3-enseignement-des-papes-15-et-16#comments Tue, 04 Dec 2012 19:21:28 +0000 http://tfp-france.org/?p=3997 Doctrine de l’Église : L’enseignement des  Papes  sur les  inégalités justes et nécessaires

15. On ne doit pas exciter l’animosité contre les riches en incitant les masses à l’inversion de l’ordre de la société

Dans une lettre du 5 juin 1929 adressée à Mgr Achille Liénart, évêque de Lille, la Sacrée Congrégation du Concile rappelle des principes de la doctrine sociale catholique et des directives pratiques d’ordre moral émanant de la suprême autorité ecclésiastique :

Blason Cardinal Achille Liénart

« “Ceux qui se glorifient du titre de chrétiens, qu’ils soient pris isolément ou groupés en associations, ne doivent pas, s’ils ont conscience de leurs obligations, entretenir entre les classes sociales des inimitiés et des rivalités, mais la paix et la charité mutuelle” » (Pie X, Singulari quadam, 24-9-1912).

« “Que les écrivains catholiques, en prenant la défense de la cause des prolétaires et des pauvres, se gardent d’employer un langage qui puisse inspirer au peuple de l’aversion pour les classes supérieures de la société. […] Qu’ils se souviennent que Jésus-Christ a voulu unir tous les hommes par le lien d’un amour réciproque, qui est la perfection de la justice et qui entraîne l’obligation de travailler mutuellement au bien les uns des autres” » (Instruction de la S. C. des Affaires ecclésiastiques extraordinaires, 27 -1-1902).

« “Ceux qui président à ce genre d’institutions (ayant pour but de promouvoir le bien des ouvriers) doivent se souvenir […] que rien n’est plus propre à assurer le bien général que la concorde et la bonne harmonie entre toutes les classes, et que la charité chrétienne en est le meilleur trait d’union. Ceux-là travailleraient donc fort mal au bien de l’ouvrier qui, prétendant améliorer ses conditions d’existence, ne l’aideraient que pour la conquête de biens éphémères et fragiles d’ici-bas, négligeraient de disposer les esprits à la modération par le rappel des devoirs chrétiens, bien plus, iraient jusqu’à exciter encore davantage l’animosité contre les riches, en se livrant à ces déclarations amères et violentes par lesquelles des hommes étrangers à nos croyances ont coutume de pousser les masses au bouleversement de la société” (Benoît XV à l’évêque de Bergame, 11-3- 1920)15. »

15. Acta Apostolicae Sedis, vol. XXI, nr 10, 3-8-1929, p. 497-498.

16. L’inégalité de droits est légitime

Pie XI, dans l’encyclique Divini Redemptoris(19-3-1937), affirme :

La tiare de Pie XI

« Nous devons avertir que se trompent honteusement ceux qui ont la légèreté d’opiner que dans la société civile les droits de tous les citoyens sont égaux et qu’il n’existe pas de hiérarchie sociale légitime16. »

 

16. Acta Apostolicae Sedis, vol. XXIX,                               n2 4, 31-3-1937, p. 81.

 

 

 

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