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Origine du nom de la grande forteresse de Carcassonne

La légende raconte une histoire assez pittoresque, et quelque peu amusante, sur l’origine du nom de la ville de Carcassonne.

La forteresse de l’époque, encore assez petite, aurait été assiégée pendant de longues années et se trouvait presque réduite à la famine. Utilisant ses dernières réserves de farine, Dame Carcas eut l’idée d’engraisser un porc, qu’elle fit ensuite jeter du haut des remparts dans le camp des assaillants.

Ceux-ci, persuadés que la Cité disposait encore d’abondantes réserves de vivres, décidèrent de lever le siège.

Saisissant alors une trompe, en signe de victoire, Dame Carcas la fit sonner pour accompagner la retraite de l’ennemi. D’où, selon la légende, « Carcas sonne » : Carcas fait sonner la trompe.

Les origines lointaines de Carcassonne remontent aux Celtes, aux Gallo-Romains et aux Wisigoths.

Au Moyen Âge fut édifié l’imposant ensemble de fortifications, avec sa double enceinte de murailles, qui représente l’un des sommets de l’ingénierie militaire du XIIIe siècle.

Le tracé irrégulier de ses rues étroites contraste avec la magnificence des remparts.

Le château actuel fut complété par une seconde enceinte de murailles sur ordre de saint Louis IX. L’ensemble est défendu par 59 tours et barbacanes, ainsi que par des poternes et des portes fortifiées.

Il fut restauré au XIXe siècle par Viollet-le-Duc. En réalité, la restauration ne concerna qu’environ 30 % de la forteresse, mais celle-ci demeure malgré tout la plus grande d’Europe.

Une forteresse convoitée par les musulmans et par de farouches hérésies

Carcassonne, située dans le pays de langue d’oc, se trouve dans le département de l’Aude, en Occitanie, dans le sud-ouest de la France.

Elle est située à environ 90 kilomètres au sud-est de Toulouse, à 60 kilomètres à l’ouest de Narbonne et à quelque 70 kilomètres à l’ouest du littoral méditerranéen.

Les Francs reprirent la ville aux Sarrasins au VIIIe siècle et l’appelèrent Karkashuna.

Pépin le Bref, père de Charlemagne, reconquit le Languedoc sur les Maures au milieu du VIIIe siècle.

Le site avait déjà été habité au Néolithique, comme l’attestent différents objets conservés au musée de Toulouse.

Ce site protohistorique situé près de l’Aude est désigné par Pline l’Ancien, au Ier siècle après Jésus-Christ, sous le nom de Cascasso des Volques Tectosages — en latin : Carcaso Volcarum Tectosage.

À la fin du IIe siècle avant Jésus-Christ, il fut occupé par les Romains, qui le fortifièrent en 118 av. J.-C.

Les Sarrasins envahirent la région au VIIIe siècle, avant de subir la formidable défaite de Poitiers face à Charles Martel. Ils parvinrent néanmoins à s’y maintenir pendant environ trente ans, comme ce fut également le cas dans la ville voisine de Lourdes.

Après la dissolution de l’Empire carolingien, à la fin du IXe siècle, Carcassonne fut gouvernée par la dynastie de la famille Trencavel entre les XIe et XIIIe siècles. La ville prospéra et devint un lieu stratégique de toute première importance en Languedoc.

L’hérésie cathare, avec ses perversions, comptait de nombreux adeptes à Carcassonne, protégés par le vicomte Raimond-Roger Trencavel (1185-1209).

Le pape déclara la ville terre d’hérésie, et Carcassonne devint ainsi l’un des objectifs de la croisade des Albigeois, conduite d’abord par le légat pontifical Arnaud Amaury, puis par l’un des plus grands héros médiévaux, Simon de Montfort.

En août 1209, l’armée des croisés assiégea la ville et s’empara rapidement de deux bourgs. Les murailles et les fortifications résistèrent encore jusqu’à ce que Trencavel capitule après deux semaines de siège. Il fut emprisonné et mourut peu de temps après.

Les terres des hérétiques furent attribuées au célèbre Simon de Montfort.

Son fils, Amaury VI, céda ensuite ces terres au roi de France, qui les intégra au domaine royal en 1224.

En 1234, un tribunal de l’Inquisition fut installé dans la ville et, lorsqu’en 1240 Raimond II Trencavel dirigea une tentative de révolte, le roi saint Louis l’écrasa.

La population hérétique s’établit alors sur l’autre rive de l’Aude, nourrissant une rivalité sociale et économique particulièrement vive.

Mais la ville de saint Louis prospéra au point de dépasser les révoltés, qui finirent par perdre tout pouvoir et toute influence politique.

En 1248, la ville fut dotée d’un gouvernement municipal autonome, selon l’usage médiéval. Elle fut dès lors administrée par six consuls, assistés des notables locaux.

Au XIVe siècle, la ville était le principal centre de production textile de France. Elle utilisait comme matière première la laine provenant des troupeaux de la Montagne Noire et du massif des Corbières.

En 1348, la peste ravagea Carcassonne, tandis que la guerre de Cent Ans provoqua de nombreux dégâts. Le Prince Noir dévasta la ville basse mais renonça à assiéger la forteresse, qui fut renforcée en 1359.

Le roi Louis XI (1461-1483) confirma les privilèges de la ville.

En 1531, le protestantisme vint se nourrir des survivances de l’hérésie cathare — comme le ferait d’ailleurs le nazisme au XXe siècle — mais les calvinistes furent persécutés et la ville devint une base des catholiques.

Ces derniers utilisèrent Carcassonne pour lancer des attaques contre les villages protestants au cours des guerres de Religion. Vers 1560, les protestants de Carcassonne avaient été massacrés.

Le commerce des étoffes et la richesse qu’il procurait finirent par prendre le pas sur la fonction militaire de la citadelle et contribuèrent à embellir la ville. L’absolutisme royal favorisa les manufactures afin d’affaiblir la noblesse.

À Carcassonne furent concentrées en un même lieu toutes les opérations nécessaires à la fabrication des étoffes, ce qui procura une grande prospérité aux familles concernées, dont la troisième génération abandonna finalement l’industrie pour se consacrer à la politique.

De somptueux hôtels particuliers bourgeois firent leur apparition. L’approvisionnement en eau fut amélioré, les rues furent pavées et éclairées, donnant à la ville un caractère plus moderne.

Les anciennes murailles de la ville furent démolies au XVIIIe siècle.

La mécanisation du tissage dans l’industrie textile britannique provoqua la misère injuste des derniers tisserands qualifiés de la ville.

Cette mécanisation, pourtant présentée comme porteuse de progrès et de richesse, entraîna une baisse des salaires des tisserands de Carcassonne, provoquant misère, famine et mécontentement populaire.

Entre 1795 et 1800, la citadelle cessa d’exister en tant qu’entité politico-administrative autonome et fut absorbée par Carcassonne, c’est-à-dire par la ville basse.

La ville se releva grâce à la redécouverte et à la valorisation de son passé médiéval.

Alors que la citadelle était entièrement ruinée, des érudits célébrèrent les gloires de son passé et les travaux de restauration furent menés avec succès sous la direction du célèbre architecte Viollet-le-Duc.

En 1944, le château comtal de Carcassonne fut utilisé par les troupes allemandes comme entrepôt de munitions et d’explosifs, et les habitants en furent expulsés.

Attirés également par des mystères occultistes, les SS et certaines organisations secrètes agissant au sein du nazisme se seraient lancés à la recherche de mystérieux secrets dont on ignore la nature exacte, sans qu’aucun résultat connu n’ait été obtenu.

Avec environ trois millions de visiteurs chaque année, Carcassonne est aujourd’hui l’un des sites les plus visités d’Europe.

Source : https://castelosmedievais.blogspot.com/2012/08/origem-do-nome-da-grande-fortaleza-de.html

Photo : Pedemann, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Posted in Châteaux

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