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Cantiques de Noël à Lucerne

Par Felipe Barandiarán

Un soleil doré et languissant disparaît lentement derrière les montagnes. La neige de la vallée en recueille les derniers reflets et diffuse une lumière diffuse annonçant les dernières heures du jour. Les branches sèches des arbres dénudés se découpent avec dramatisme sur le ciel gris.

Quelques habitants descendent la pente vers la fontaine, qui laisse couler son eau malgré l’environnement glacé. Des enfants arrivent en troupe, attirés par la musique. Devant une typique maison suisse en bois, dont pendent des stalactites de glace du toit, on chante des cantiques de Noël. Dirigé par le maître d’école et organiste de l’église, le chœur de Noël improvisé remplit l’atmosphère de joie. Ils se pressent autour de la brillante lanterne en forme d’étoile que l’un des garçons porte bien haut, comme une enseigne ou une croix de guide, et qui rivalise déjà avec la lumière déclinante du soleil. Juché sur quelques marches de pierre, sur la neige, et utilisant l’archet de son violon comme une baguette, le maître dévoué dirige les musiciens rustiques : de part et d’autre du vieil homme à la clarinette, deux violons ; puis un homme grand qui, appliqué, se penche sur sa contrebasse ; le groupe se clôt, de dos face à nous, par ce beau jeune homme au chapeau et à la moustache qui joue de son cor de chasse. Au centre, les enfants, aux visages rosés et aux voix angéliques.

Quittant la chaleur du foyer, dont nous apercevons la lueur rougeâtre à travers les vitres embuées, la famille assiste avec enchantement au concert improvisé depuis la balustrade de la maison. Sur la rambarde, le père a disposé de petits verres pour les visiteurs et se prépare à leur servir le vin blanc contenu dans cette carafe de verre, en signe de remerciement. Les enfants s’amusent.

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C’est une ancienne tradition en Suisse, dans les villages, de parcourir les maisons pour présenter ses vœux et souhaiter une bonne année. Le temps semble s’arrêter par instants ; ce sont des moments attendrissants qui distillent la candeur et la douceur de Noël : par une nuit froide comme celle-ci, l’Enfant Jésus naissait dans une étable. Alors, devant une demeure si humble, ce furent les anges qui vinrent chanter : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ».

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Notice biographique
Hans Bachmann (1852-1917) naquit à Winikon, dans le canton de Lucerne (Suisse). En 1870, il se rendit à Düsseldorf pour étudier à l’Académie des beaux-arts, où il fut l’élève d’Eduard von Gebhardt et de Karl Hoff. À Düsseldorf, il fut membre de l’association d’artistes du Malkasten, où il se lia d’amitié avec le peintre Aloys Fellmann, également suisse. Bachmann dut revenir dans sa patrie en 1882 afin de se soigner, grâce à l’air de la montagne, d’une maladie pulmonaire. En 1887, il se maria, mais n’eut pas d’enfants. Il fut membre de l’Association des artistes de Zurich, fondée en 1897, puis de la Commission fédérale des arts. Sa peinture de genre costumbriste lui valut une reconnaissance internationale. Avec « Des Chants de Noël à Lucerne », il remporta la médaille d’or à l’exposition organisée au Crystal Palace de Londres à l’occasion du jubilé de la reine Victoria.

Source : https://www.tesorosdelafe.com/articulo-2082-villancicos-en-lucerna

Photo : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Hans_Bachmann_A_Christmas_Carol_in_Lucerne_(1887).jpg

Posted in Noël

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