Nous sommes en Carême. Au fil des siècles, des manuels de piété d’excellente orientation catholique ont vu le jour. Des personnes récemment converties sont avides de pénitence, de réparation et de méditation. Tel n’est pas l’objectif de cet article.
Parfois, des considérations d’ordre psychologique peuvent nous aider puissamment à comprendre certains aspects très élevés de la Religion. Une analogie entre la souffrance de l’âme et la taille d’une pierre aidera beaucoup de ceux qui souffrent ou qui sont préparés à souffrir.
Pour la formation des jeunes de la TFP, afin de les aider à comprendre la valeur et la nécessité de la souffrance, le Dr Plinio s’est servi de la métaphore de la taille des pierres.
La souffrance est comme la taille d’une pierre précieuse
« Les souffrances, sur la terre, sont extrêmement diverses. La vie est organisée par Dieu de telle manière que, depuis le Péché originel, elle fonctionne comme un atelier de taille de pierres.
Imaginez un immense atelier de taille de pierres. On y trouve des pierres de toutes tailles, de toutes formes, de toutes sortes de résistances et de consistances ; et, pour cette raison, il existe aussi des appareils, des instruments, etc., adaptés à chaque pierre et à chaque circonstance.
Ainsi en est-il de nos âmes. En principe, nos âmes sont de pierre. Même lorsque apparaissent des âmes très molles, sans énergie, lorsqu’il s’agit d’un certain point intérieur, l’homme devient une bête féroce. Le plus paresseux, le plus apathique, le plus insignifiant des hommes demeure insignifiant tant que l’on ne touche pas à un point qu’il considère fondamental. Mais lorsqu’on y touche, il devient une véritable bête ! Il s’agit généralement d’un point d’attachement, et d’un mauvais attachement. Or cet attachement mauvais est précisément ce qui doit être taillé. »
Nous sommes tous des pierres à tailler
« Ainsi, la Providence permet que certaines choses arrivent, et parfois même les fait arriver, qui exigent de la personne le sacrifice de cet attachement ; et elle doit alors se sacrifier précisément sur ce point.
Les défauts sont très variés. L’un, par exemple, sera extrêmement vaniteux et ne pourra supporter l’idée que quelqu’un lui soit supérieur, dans quelque domaine que ce soit. Dans tout milieu où il se trouve, selon ses capacités, il cherche à être le premier.
Il sera le premier, par exemple, parce qu’il cherche à être le mieux informé ; il sait alors des choses extraordinaires. Un autre veut être le plus amusant, connaît des plaisanteries et fait rire tout le monde. Un autre cherche à être le plus aimable. Un autre le plus sérieux, le plus imposant. Un autre le plus intelligent ou le plus savant.
Tout ce que vous voudrez ! Dans une bande de voleurs, l’un cherchera même à être plus voleur que les autres pour leur paraître admirable. On en arrive jusque-là. »
Les péchés capitaux sont au nombre de sept. Le Dr Plinio aborde ici l’orgueil et la vanité. Le lecteur pourra compléter ce tableau avec les autres vices : la luxure, la paresse, etc.
Les souffrances que la Providence permet
Ainsi, la Providence permet que ce défaut soit taillé par les souffrances.
Voulez-vous reconnaître les heureux de cette terre ? Ne choisissez pas parmi ceux qui ne souffrent pas, car ils sont à la veille de souffrir. Cherchez autre chose. Cherchez ceux qui affrontent la souffrance avec force : c’est là qu’ils se trouvent ! Ce sont encore ceux qui souffrent le moins, ajoute le Dr Plinio.
Souffrir par amour pour la Sainte Église catholique
C’est exactement cela.
« La couronne d’épines consiste dans le fait de souffrir, et de ne pas souffrir seulement pour des raisons individuelles — parce qu’une maladie survient, ou pour telle ou telle raison — mais de souffrir par amour pour la Sainte Église catholique, apostolique et romaine, pour la cause de la Civilisation chrétienne.
Autrement dit, nous pourrions nous soustraire à cette souffrance, en sortir comme une brebis quitte un buisson d’épines pour marcher sur la route. Mais nous n’en sortons pas, parce que nous voulons lutter pour Elle, même dans la douleur, et même de préférence dans la douleur. Et c’est cela que nous devons faire, n’est-ce pas ? »
Nous pensons avoir aidé, par ces réflexions, nos lecteurs à mieux comprendre la nécessité de la souffrance dans la vie spirituelle. « Vallée de larmes », dit le Salve Regina, en implorant le secours de Notre-Dame.
Soyons reconnaissants envers le professeur Plinio pour cette réflexion-méditation si claire et convaincante. Soyons surtout remplis d’amour et de vénération pour la Sainte Église qui a institué ces quarante jours en invitant les hommes à imiter Notre-Seigneur dans sa Via Crucis.
Que Notre-Dame des Douleurs nous donne à tous la force !
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