Voici le célèbre Duomo de Florence, la cathédrale de Florence.
Tout l’édifice est revêtu de marbre blanc et noir, comme on le voit également sur les façades latérales de la basilique d’Orvieto.
Mais ici apparaît une opposition de styles.
Florence, bien plus importante et bien plus riche qu’Orvieto, osa se donner une cathédrale dont la façade ne repose pas sur l’éclat de la mosaïque.
Selon la manière de voir des Florentins, leur supériorité consistait précisément en ceci : les belles couleurs, les mosaïques et autres séductions visuelles leur semblaient des ornements faciles, propres à toucher des imaginations faibles.
La coupole au-dessus du transept de la cathédrale
Ils recherchèrent donc, avant tout, une proportion parfaite entre la tour, le corps de l’église, la coupole surmontée de sa petite lanterne et les nefs latérales.
Tout y est calculé avec une extrême précision : les rosaces des portes, les ordres de colonnades, la grande rosace, l’ensemble de cette construction esthétique que les Florentins tenaient pour parfaite.
Ici, la réflexion, l’équilibre et la profondeur semblent se passer de l’ornement, du charme et de la grâce. Et pourtant, il s’en dégage une beauté authentique, capable de résister à la mitraille des regards analytiques qui voudraient y découvrir quelque défaut.
La cathédrale semble dire : « Me voici, sans artifices et sans maquillage. Je suis telle que je suis. Voyez comme je suis belle. »
La coupole couronne très heureusement l’édifice.
Elle s’accorde par de belles proportions avec la base blanche sur laquelle elle repose.
À mon avis, cependant, elle paraît un peu trop lourde pour l’ensemble du bâtiment.
La tour de la cathédrale conserve encore un léger vestige gothique dans les figures placées sous les ogives.
Vue d’ensemble de la cathédrale de Florence
Il est très beau de voir comment la tour s’affine discrètement à mesure qu’elle s’élève.
Elle est également très belle dans sa quasi-monochromie.
Le blanc y est employé avec une maîtrise remarquable.
Les différents espaces, les dimensions, les ornements propres à chaque partie : tout est placé avec une justesse parfaite.
Le baptistère est plus richement décoré. Il est très beau lui aussi, peut-être même légèrement trop apprêté.
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Histoire et styles de la cathédrale de Florence
La basilique Santa Maria del Fiore est la cathédrale, ou Duomo, de Florence.
Sa monumentale coupole est l’œuvre de Filippo Brunelleschi, tandis que son campanile fut conçu par Giotto.
Son nom, qui signifie « Sainte-Marie-de-la-Fleur », renvoie au lys, emblème de Florence.
La nuit fait ressortir certains aspects médiévaux de la cathédrale de Florence
Le Duomo actuel fut édifié au cours de six siècles.
Le projet originel fut conçu par Arnolfo di Cambio à la fin du XIIIe siècle, mais la façade ne fut achevée qu’au XIXe siècle.
À cet emplacement s’élevait auparavant l’ancienne cathédrale consacrée à sainte Réparate, qui comptait déjà neuf siècles d’existence.
En 1293, Ser Mino de Cantoribus proposa de remplacer Santa Reparata par une cathédrale telle que « l’industrie et la puissance de l’homme ne puissent rien imaginer ni même tenter de plus grand ou de plus beau ».
Le projet fut confié à Arnolfo di Cambio en 1294, et les travaux progressèrent jusqu’à la mort de l’architecte, en 1302.
En 1330, la découverte du corps de saint Zénobe dans Santa Reparata, encore partiellement debout, donna un nouvel élan au chantier.
La même année, le célèbre Giotto di Bondone concentra ses efforts sur la construction du campanile.
Sous Francesco Talenti, entre 1349 et 1359, un nouveau projet fut élaboré pour le Duomo.
Santa Reparata fut définitivement démolie en 1375.
La cathédrale fut consacrée par le pape Eugène IV le 25 mars 1436, jour du Nouvel An florentin, cent quarante ans après le début des travaux.
La façade originale conçue par Arnolfo di Cambio ne fut achevée que dans son tiers inférieur.
Florence : l’humanisme de la Renaissance étouffa l’esprit surnaturel médiéval originel
Cette partie médiévale fut démontée sur ordre de Francesco Ier de Médicis entre 1587 et 1588, parce qu’on la jugeait désormais entièrement passée de mode.
Le naturalisme néopaïen de la Renaissance avait pris possession de la ville.
Une fois écarté le projet médiéval, l’esprit surnaturel disparut avec lui.
La querelle autour de la nouvelle façade entra alors dans le monde moderne des intrigues et des manœuvres politiques.
Elle devint un scandale permanent : les projets présentés étaient refusés, contestés ou violemment combattus.
La façade ne fut finalement achevée qu’au XIXe siècle.
En 1864, Emilio de Fabris conçut une immense façade en mosaïque, de style néogothique.
Elle fut ornée d’une statuaire à la fois élégante et austère.
Les portes de bronze furent achevées en 1903.
La riche statuaire et les ornements d’origine, du moins, ne furent pas détruits.
Ils sont aujourd’hui conservés au musée de l’Œuvre du Duomo, ainsi que dans des musées de Paris et de Berlin.
La décoration intérieure est austère, et nombre de ses éléments ont disparu au fil des siècles.
Certains trouvèrent refuge au musée de l’Œuvre du Duomo.
Subsistent encore les monuments consacrés à Dante, John Hawkwood, Niccolò da Tolentino et Antonio d’Orso, ainsi que les bustes de Giotto, Brunelleschi, Marsilio Ficino et Antonio Squarcialupi.
Source : https://catedraismedievais.blogspot.com/2013/11/a-catedral-de-florenca-proporcoes-e.html
Photo : Petar Miloševi, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons