Le château de Roquetaillade se trouve à Mazères, en Gironde. Il se compose de deux fortifications, l’une datant du XIe siècle et l’autre du XIVe siècle, situées l’une près de l’autre dans un même enceinte.
Le palais a été sauvé au XIXe siècle grâce à la restauration de Viollet-le-Duc, qui a également entrepris d’importants travaux de décoration et de création de mobilier.
Roquetaillade appartient à la même famille depuis 700 ans et a été ouvert au public en 1956.
Le site est habité depuis la préhistoire. Des grottes naturelles et un piton rocheux favorisaient l’installation humaine. Les nombreux « S » gravés, trouvés sur place, témoignent de cette présence.
Cependant, la mention d’une fortification à Roquetaillade n’apparaît pour la première fois qu’en 778.
À cette date, Charlemagne, en route vers les Pyrénées avec son neveu Roland (qui inspirera la célèbre Chanson de Roland, poème épique du XIe siècle), regroupa son armée à Roquetaillade.
C’est là qu’il construisit en bois une fortification qui rappelait les castros romains. Ce fut le premier château de Roquetaillade. Une construction certes rudimentaire et provisoire qui donna le coup d’envoi à des reconstructions qui ont perduré jusqu’à nos jours.
Cette construction a évolué au fil du temps, la technique de la pierre ayant remplacé celle du bois.
Roquetaillade s’est agrandie avec de nouvelles tours, des remparts et d’autres constructions défensives.
La dernière construction fut la tour-porte, en 1305, seul passage entre le cœur du château et le village, appelé Castelnau, qui s’est établi à l’abri de son ombre protectrice.
On ne dispose d’aucune information sur les seigneurs de Roquetaillade antérieurs au XIe siècle, siècle au cours duquel le nom de La Mothe apparaît dans les archives.
La seule certitude est que le château est resté la propriété de la même famille, du XIe siècle à nos jours.
En 1306, le cardinal de la Mothe, neveu du pape Clément V, fit construire une deuxième forteresse à Roquetaillade. C’est ce qu’on appelle le « Château Neuf ».
De plan carré, il comporte cinq tours, ainsi qu’un donjon [structure centrale d’un château médiéval]. Cette construction alliait l’art militaire et les impératifs de défense au confort.
Ainsi, Roquetaillade, à l’instar d’autres palais de la fin du Moyen Âge, fut l’un des premiers exemples de palais-château fort en France.
La guerre de Cent Ans épargna totalement le château. D’ailleurs, à cette époque, les seigneurs de Roquetaillade étaient principalement des ecclésiastiques, non impliqués dans ce conflit.
Les guerres de religion menées par les protestants calvinistes ne causèrent pas non plus beaucoup de dégâts dans la région de la Gironde. Seule la petite commune de Villandraut fut attaquée par les protestants, qui y voyaient un symbole papal.
Il en fut tout autrement avec la Révolution française. Poussés par une haine égalitaire à l’égard de la noblesse, des bandes révolutionnaires démocratiques de Bordeaux se rendirent à Roquetaillade pour le démolir.
Le marquis de Lansac montra alors à quel point la noblesse savait interpréter la psychologie de chacun, y compris celle de ces bandits idéologiques. Il les accueillit chez lui, doubla leur solde et les invita à descendre dans la cave du palais pour déguster son vin.
Les révolutionnaires le trouvèrent si bienveillant qu’ils abandonnèrent leur projet de destruction.
Roquetaillade a survécu aux révolutions de l’histoire. Mais au XIXe siècle allait survenir la plus insidieuse d’entre elles : la révolution de la modernité.
Le château n’était pas « moderne », il ne s’accordait pas avec les cheminées crachant la fumée de la révolution industrielle, il était incompatible avec la locomotive, avec la voiture, avec les voies ferrées et les viaducs.
Il fut abandonné et, dès le début du XIXe siècle, il était en mauvais état.
Mais avec le regain d’intérêt de la population pour le « rêve médiéval », Roquetaillade devint l’un des premiers édifices médiévaux du Sud-Ouest à bénéficier de la protection du gouvernement.
Vers 1850, la famille Mauvezin, qui en était propriétaire, fit appel au plus célèbre architecte français, Viollet-le-Duc, chargé par le gouvernement de la restauration des grands édifices médiévaux.
Aidé par Duthoit, l’un de ses élèves, il passa près de 20 ans à s’occuper de la restauration du château.
Il s’est surtout consacré à la décoration intérieure et au mobilier.
La décoration de Roquetaillade, telle qu’on peut la voir aujourd’hui, est unique en France et classée monument historique.
Le parc du château comprend les vestiges de l’enceinte médiévale avec la barbacane, le ruisseau de Pesquey et ses berges, ainsi qu’un chalet du début du XXe siècle et le pigeonnier du Crampet.
Source : https://castelosmedievais.blogspot.com/2017/08/roquetaillade-700-anos-na-posse-de-uma.html
Photo : Roquetaillade, CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons