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Toulouse : l’inquiétante multiplication des actes de vandalisme contre les églises

Dans le silence d’une église, certains gestes prennent une gravité particulière. À Toulouse, dans l’église Saint-Sylve, une statue de la Vierge Marie a été retrouvée à terre, fissurée, le visage partiellement brisé. La découverte, faite par le père François de Larboust le 21 janvier, a profondément marqué la paroisse. Les dégâts sont tels que la restauration même de la statue reste incertaine.

Pour le prêtre, il ne fait guère de doute que l’acte est volontaire. « C’est un symbole chrétien qui a été touché mais c’est aussi un bien communal et patrimonial qui nous appartient à tous, comme témoin de notre histoire et de notre culture », confie-t-il avec tristesse.

Les circonstances du geste restent inconnues. « Est-ce l’acte d’un fou, de quelqu’un qui en voulait à l’Église, qui en voulait à Dieu, ou qui faisait ça gratuitement par simple goût de la destruction ? », s’interroge le père de Larboust. Rien n’a été volé, pas même les objets situés à proximité. Le geste semble n’avoir eu qu’un seul but : abîmer.

Cette réalité, malheureusement, n’est pas nouvelle. L’église avait déjà été confrontée à des dégradations par le passé, au point d’avoir dû être fermée un temps. « Malheureusement, il y a beaucoup d’églises qui souffrent de dégradations dans le seul but d’abîmer », constate le prêtre, avant d’ajouter cette remarque qui sonne comme un diagnostic sur notre époque : « Notre époque aime bien détruire plutôt que construire. »

Ces mots méritent d’être médités. Car la multiplication des profanations et des actes de vandalisme contre des églises ou des symboles chrétiens ne peut plus être regardée comme une simple succession de faits divers. Elle révèle un malaise plus profond : l’effacement progressif du sens du sacré dans une société qui, ayant perdu ses repères spirituels, ne perçoit plus la gravité de certains gestes.

Il est également frappant que ces violences visent si souvent des symboles chrétiens, hérités de siècles de foi et de culture. Les croix, les statues, les tabernacles ou les autels ne sont pas des objets quelconques. Ils sont les témoins d’une civilisation, les signes visibles d’une présence invisible. Les attaquer, c’est atteindre ce qui subsiste encore de cette mémoire.

Face à cette situation, le père François de Larboust envisage des mesures de protection. « C’est assez désolant de devoir dépenser de l’argent pour sécuriser nos églises », confie-t-il avec amertume. Une église devrait être un lieu ouvert, un refuge pour tous, non un bâtiment qu’il faut surveiller comme un entrepôt.
Une messe de réparation a été prévue, et le prêtre souhaite également porter plainte : « Ces actes se multiplient et on ne peut pas être toujours dans le constat de notre impuissance. Il faut réagir », affirme-t-il avec force.

Car, au-delà de la statue brisée, c’est une question plus profonde qui se pose. Que devient une société qui ne sait plus reconnaître ce qui est sacré ? Que devient un peuple lorsque les signes qui ont nourri sa foi et son espérance peuvent être détruits dans l’indifférence générale ?
La réponse ne dépend pas seulement des autorités ou des institutions. Elle dépend aussi des fidèles, des paroissiens, et plus largement de tous ceux qui refusent de voir disparaître, pierre après pierre, les traces vivantes de notre héritage spirituel. Défendre ces lieux, les entretenir, y prier, y transmettre la mémoire : voilà peut-être la réponse la plus profonde à ceux qui croient qu’en brisant des statues ils peuvent effacer ce qu’elles représentent.

Source : https://www.valeursactuelles.com/clubvaleurs/regions/occitanie/haute-garonne/toulouse/faits-divers/toulouse-une-statue-de-la-vierge-marie-vandalisee-dans-une-eglise-le-pretre-invite-a-reagir

Photo : Didier Descouens, via Wikimedia Commons

Posted in Radar de la Christianophobie

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