fbpx
Menu Fermer

Un geste de bonté

Par Felipe Barandiarán

À la porte d’une maison rustique, un mendiant reçoit l’offre généreuse d’une collation réconfortante. Il est connu dans la vallée. La fortune lui a cruellement tourné le dos, le laissant à la merci de la charité. Exposé aux intempéries, il se protège avec un ample manteau de gros drap, muni d’une pèlerine, qui lui confère un certain air solennel. C’est un homme grand, droit malgré les années. Pauvre, mais propre. Déjà assez chauve, mais portant encore de longs cheveux blancs et une barbe effilée. L’expression de son visage est grave, humble et très digne.

Assis sur un coffre de bois, près de la porte, il attend la nourriture désirée du jour. La maîtresse de maison lui a préparé du pain et de la soupe. Elle fait en sorte que ce soit sa fille qui les lui offre, avec affection. Elle lui apprend à avoir compassion des démunis et à les traiter avec bonté.

La fillette regarde le vieil homme avec une certaine méfiance, mais avec douceur, et lui remet entre les mains le bol de porcelaine, avec une cuillère. À ses côtés, assis sur la marche, son petit frère assiste à la scène sans y prêter apparemment aucune attention, distrait par son petit pain.

Le chien, lui, ne perd aucun détail de vue… peut-être quelque chose lui reviendra-t-il à lui aussi.
Le visage rosé et tendre de la fillette, ainsi que sa fraîcheur naturelle, contrastent avec l’usure du vieillard et font ressortir la beauté du geste chrétien. La mère pose sa main, l’index appuyé sur l’épaule de sa fille, pour confirmer la leçon de charité. Qui donne aux pauvres prête à Dieu : « Tout ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40).

——————————

Ferdinand Georg Waldmüller (1793-1865) se forma dans sa ville natale, Vienne, où il fréquenta épisodiquement l’Académie des beaux-arts. Entre 1817 et 1821, il se consacra principalement à la copie des œuvres des grands maîtres de la peinture que l’on pouvait voir dans les musées et les galeries de sa ville, et travailla pendant quelque temps comme peintre de miniatures.

En 1822, il exposa cinq œuvres originales à l’Académie des beaux-arts. Trois ans plus tard, il fit son premier voyage en Italie, suivi de visites à Dresde, Munich et Francfort. Pendant les quinze années suivantes, il se consacra principalement au portrait. Sa première commande royale lui fut confiée en 1827, lorsqu’il réalisa les deux versions du portrait de l’empereur François Ier, toutes deux à Vienne, l’une au Wien Museum et l’autre au Hypotheken & Creditinstitut.

Ses œuvres devinrent le meilleur représentant du style Biedermeier en Autriche, genre qui, dans le domaine pictural, reflétait le petit monde bourgeois, aimable et conformiste, et qui se caractérisa par son souci du détail et sa minutie dans la description de l’atmosphère et des objets entourant les personnages. Il se spécialisa également dans la peinture de fleurs et, à partir des années 1830, commença à peindre des vues en plein air des parcs et des environs de Vienne.

Dans la décennie suivante, Waldmüller commença cependant à s’intéresser davantage à la peinture de genre, en particulier à la vie des campagnes. Dans ses scènes champêtres, l’artiste se concentra sur le réalisme de ses personnages et sur les détails, tout en donnant à ses compositions une forte luminosité.
Sa relation avec l’Académie des beaux-arts de Vienne fut toujours compliquée. En 1829, Waldmüller commença à enseigner dans cette institution, mais son opposition radicale et ses critiques à l’égard des méthodes d’enseignement provoquèrent plusieurs suspensions et, finalement, son expulsion. Il fut réadmis des années plus tard, grâce à l’intervention de l’empereur lui-même. Tout au long de sa carrière, l’artiste écrivit dix essais sur la nécessité d’une réforme académique.

Source : https://www.tesorosdelafe.com/articulo-2016-dadiva-de-bondad

Photo : Ferdinand Georg Waldmüller, Public domain, via Wikimedia Commons

Posted in Perspective Catholique

Recommandés pour vous