Avec le cours du temps, la famille du « sire » qui règne sur la première ébauche du futur petit château appelé « motte » se multiplie en de nouvelles branches.
Celles-ci demeurent unies au tronc par l’esprit de solidarité qui les anime, par le désir de voir croître leur « patrie ».
Car « patrie » signifie la « terre où sont enterrés les pères » — du latin pater = père.
Les artisans et les laboureurs demeurent eux aussi, de génération en génération, liés à la lignée de leur seigneur.
Tous continuent à reconnaître le commandement du fils aîné du seigneur, c’est-à-dire le premier-né.
Tous voient en lui le père commun, successeur de celui qui fut le « père » et le protecteur de leurs pères. Ils lui donnent le nom de baron, titre qui, à l’origine, possède une acception assez large.
Cette famille plus grande, issue de la famille de base et conservant les caractères de celle-ci, est la « mesnie ».
Certaines « mesnies » se distinguent par leur prospérité, leur vigueur, leur capacité à résister aux attaques ennemies.
Attirés par leur renommée, beaucoup de ceux qui ne se sentent pas en sécurité sur leur propre terre entrent en leur sein, avec leurs familles, y trouvant la protection dont ils ont besoin et contribuant à leur renforcement et à leur croissance.
Avec la « mesnie », la « motte » évolue vers le château encore rudimentaire.
Deux lignes de défense le protègent : la première formée par un fossé et par une palissade de bois établie sur une escarpe de terre, ayant à l’entrée un petit fortin avancé, la barbacane.
La seconde — séparée de la première par un fossé appelé lice, dans lequel il y avait parfois des potagers et des jardins — est une robuste muraille de pierre, entrecoupée de tours et entourée d’un chemin de ronde, lui-même protégé par un parapet à créneaux.
On traverse cette muraille par une porte flanquée de deux tours, pourvue d’un pont-levis et d’une grille de fer qui se meut verticalement.
À l’intérieur du château, il y a deux espaces.
Dans le premier se trouvent les habitations des artisans et les abris des paysans — lesquels ne vivent déjà plus à l’intérieur, mais autour des fortifications — où ils se réfugient en cas d’attaque, avec leurs familles, leurs biens et leurs animaux.
Dans le second se trouvent les logements des compagnons et des parents plus éloignés, la petite chapelle — en général siège de la paroisse, centre de la vie spirituelle et âme de cette communauté — et le donjon, résidence du baron et de sa famille la plus proche, qui continue d’être le centre de la résistance, le dernier réduit de la défense.
Au-dessus de lui, dominant tout, la tour de guet. Tandis que le groupe de maisons est en bois, donnant encore l’impression d’un campement, la muraille, les tours et l’imposant « donjon » sont déjà de pierre, robustes et durables.
Sources : « Catolicismo », nº 57, septembre 1955.
https://castelosmedievais.blogspot.com/2014/07/em-volta-do-castelo-da-idade-media.html
Photo : Robin Chubret, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons