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Dijon : clocher construit par les fées ou par les anges ?

Les cathédrales et les églises ont elles aussi des histoires, des faits et des légendes à raconter. Parmi tant d’autres, figure l’histoire du clocher de l’église Saint-Philibert, toute proche de la cathédrale Notre-Dame de Dijon, capitale de la Bourgogne, en France.

« Dijon est la ville aux cent clochers ! »

Cette exclamation historique fut prononcée du haut de la forteresse de Talant par le roi François Ier lorsqu’il découvrit à ses pieds le spectacle inoubliable de la capitale de la Bourgogne – France – émergeant de la brume matinale. C’était un matin de 1515. Grand mécène des arts durant la Renaissance, François Ier partait avec une armée vers l’Italie.

Cependant, sa célèbre exclamation n’était pas si originale, car toute ville d’une certaine importance développée au Moyen Âge avait été louée en des termes analogues. En effet, si l’on considérait les clochers de ses cathédrales, églises paroissiales, abbayes et chapelles, conventuelles ou privées, on ne parvenait pas à en compter le nombre. À cette époque, la France était à juste titre reconnue comme la fille aînée de l’Église.

Les clochers de Dijon sont en général couverts de tuiles ou d’ardoises. Certains d’entre eux, cependant, étaient protégés par des plaques de pierre appelées « laves ». Un clocher présente des caractéristiques très particulières : celui de l’église Saint-Philibert, par exemple.
Cette église s’élève à l’ombre de la cathédrale, édifiée vers l’an mille par l’architecte italien Volpiano. Quelques siècles plus tard, les novices de l’abbaye Saint-Bénigne voulurent construire une église plus « au vent », « à la mode » de l’époque. Ils en confièrent le projet à un architecte de la région. Il devait s’agir d’une église nouvelle, sans les « vestiges obsolètes du passé ». L’architecte se creusa la tête pour concevoir un édifice conforme à la nouvelle mode : de style humaniste, ressuscitant l’ancien style romain païen.

La tâche n’était pas simple, car il devait rester discret, ne pas démolir l’église déjà existante et feindre de maintenir le style et l’originalité de la Bourgogne. Finalement, le nouveau sanctuaire fut presque achevé, avec un détail important : pour satisfaire l’ardeur de modernité et d’originalité, il ne possédait pas de clocher.
Les habitants de Dijon étaient très jaloux de leurs cloches bénies et de leurs clochers respectifs. Et l’on racontait que, la nuit précédant la consécration du temple, des fées ou des anges – les avis divergeaient sur ce point précis – décidèrent entre eux d’édifier eux-mêmes la tour que le caprice des hommes imprégnés de Renaissance avait refusée. Ils travaillèrent jusqu’à l’aube. Lorsque le carillon de l’abbaye Saint-Bénigne commença à appeler les moines à la récitation des Matines, la surprise était là. Se dessinant dans la nuit, un clocher s’élevait vers le ciel là où il ne devait y en avoir aucun !

Au petit matin, la nouvelle église Saint-Philibert arborait le plus brillant clocher de la ville. Il était entièrement fait de pierre taillée, mais travaillé avec une telle perfection, un tel art et un tel détail qu’il semblait fait de dentelle. Avec une particularité : en vertu d’un sens de la hiérarchie bien établi, le nouveau clocher, resplendissant de blancheur, avait été conçu avec le soin de ne pas dépasser en hauteur celui de la cathédrale, mère de toutes les églises du diocèse.

Sources : Sophie et Béatrix Leroy d’Harbonville, Au rendez-vous de la Légende Bourguignonne
https://catedraismedievais.blogspot.com/2013/09/o-misterio-de-dijon-o-campanario-foi.html

Photo : Chris06, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons


Posted in Cathédrales

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