Voici le fameux château de Saumur.
Il y a, dans ce château, deux parties différentes : une partie qui va du sol jusqu’aux premières fenêtres. Ce sont de fortes tours, qui s’agrippent comme des griffes. Ces tours supportent avec décision, et pour toujours, une masse énorme.
À mesure que les tours s’élèvent, elles deviennent plus légères. Et, tout en haut, elles semblent se diviser en un monde d’aiguilles, de flèches, qui toutes tendent vers le Ciel.
Toutes — ce que la reproduction ne montre pas — portent en haut des figures symboliques : un coq, symbole de la France, symbole de l’Église, ou une fleur de lys, grandes et dorées.
De sorte que, lorsque midi sonne sur le château de Saumur, il donne l’impression qu’il va s’élever vers le Ciel.
Nous pouvons imaginer le château pendant la nuit, avec des vitraux à toutes ces fenêtres, qui font de lui un écrin de pierres précieuses lumineuses, allumées dans la lumière incertaine des cierges.
Les tours sont si hautes que, pour y appuyer une échelle et commencer à monter, l’assaillant aurait déjà reçu tant de pierres, tant de flèches, tant de récipients d’huile bouillante, d’eau chaude, qu’on ne l’attaque pas !
Château très fort, château d’une délicatesse merveilleuse, qui a ses griffes sur la Terre — il est donc net, concret, sans faux-semblants — mais qui a l’âme au Ciel.
Ainsi doit être l’âme du véritable catholique.
Dans ses sommets, elle doit être subtile, prête à se mouvoir, élevée et tendue vers le Ciel comme la flamme d’un cierge.
Mais, pour ce qui est du pratique, elle s’agrippe ! Elle saisit, elle fait et elle commande !
Source : https://castelosmedievais.blogspot.com/2017/02/o-castelo-de-saumur-fortissimo-e.html
Photo : Rolf Kranz, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons