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Réflexions pendant la Semaine Sainte : La Passion du Christ à notre époque

Si persécuter l’Église revient à persécuter Jésus-Christ, et si aujourd’hui l’Église est elle aussi persécutée, alors aujourd’hui, le Christ est persécuté.
La Passion du Christ se répète en quelque sorte de nos jours.
Et nous ? Allons-nous rester indifférents ? Allons-nous dormir comme les Apôtres dans le Jardin des Oliviers ?

Le fidèle catholique qui souhaite réparer les souffrances de Notre Seigneur Jésus-Christ doit considérer, juger, exécrer et combattre les péchés commis contre la Sainte Église de nos jours. C’est pour encourager cette attitude que nous reproduisons l’article suivant, d’une actualité brûlante. Car l’indifférence face à tant d’abominations pratiquées ouvertement de nos jours est incompréhensible.

La véritable piété doit imprégner toute l’âme humaine et, par conséquent, elle doit aussi éveiller et stimuler l’émotion. Mais la piété n’est pas seulement de l’émotion, et elle n’est même pas principalement de l’émotion.

La piété jaillit de l’intelligence, sérieusement formée par une étude attentive de la doctrine chrétienne, par une connaissance exacte de notre foi et, par conséquent, des vérités qui doivent régir notre vie intérieure.

La piété réside aussi dans la volonté. Nous devons vouloir sincèrement le bien que nous connaissons. Il ne nous suffit pas, par exemple, de savoir que Dieu est parfait. Nous devons aimer la perfection de Dieu et, par conséquent, nous devons désirer pour nous-mêmes une part de cette perfection : c’est l’aspiration à la sainteté.

Il n’y a pas de véritable amour sans sacrifice

« Désirer » ne signifie pas simplement éprouver de vagues et stériles velléités. Nous ne voulons sérieusement quelque chose que lorsque nous sommes prêts à tous les sacrifices pour obtenir ce que nous voulons. Ainsi, nous ne voulons sérieusement notre sanctification et l’amour de Dieu que lorsque nous sommes prêts à tous les sacrifices pour atteindre ce but suprême. Sans cette disposition, tout ce « vouloir » n’est qu’illusion et mensonge. Nous pouvons éprouver la plus grande tendresse dans la contemplation des vérités et des mystères de la religion ; mais si nous n’en tirons pas de résolutions sérieuses et efficaces, notre piété ne servira à rien.

C’est ce qu’il faut dire tout particulièrement pendant les jours de la Passion de Notre Seigneur. Il ne nous suffit pas d’accompagner avec tendresse les différents épisodes de la Passion. Ce serait excellent ; cependant, cela ne serait pas suffisant. Nous devons donner à Notre Seigneur, en ces jours, des preuves sincères de notre dévotion et de notre amour.

Nous donnons ces preuves lorsque nous avons la résolution d’amender notre vie et de lutter de toutes nos forces pour la Sainte Église catholique, apostolique et romaine.

L’Église est le Corps mystique du Christ. Lorsque Notre Seigneur s’est adressé à saint Paul, sur le chemin de Damas, Il lui a demandé : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » Saul persécutait l’Église. Notre Seigneur lui disait que c’était Lui-même que Saul persécutait.

La Passion du Christ à notre époque

Si persécuter l’Église, c’est persécuter Jésus-Christ, et si aujourd’hui l’Église est également persécutée, alors aujourd’hui, le Christ est persécuté. La Passion du Christ se répète en quelque sorte à notre époque.

Comment persécute-t-on l’Église ? En portant atteinte à ses droits ou en œuvrant pour éloigner les âmes d’elle. Tout acte par lequel on éloigne une âme de l’Église est un acte de persécution envers le Christ. Chaque âme est, dans l’Église, un membre vivant. Arracher une âme à l’Église, c’est arracher un membre au Corps mystique du Christ. Arracher une âme à l’Église, c’est faire à Notre Seigneur, en quelque sorte, ce qu’on nous ferait si on nous arrachait la prunelle de nos yeux.

Si nous voulons donc compatir à la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ, méditons sur ce qu’Il a souffert de la main des Juifs, mais n’oublions pas tout ce qui se fait encore aujourd’hui pour blesser le Cœur Divin.

Et cela d’autant plus que Notre Seigneur, au cours de sa Passion, a prévu tout ce qui allait se passer par la suite. Il a donc prévu tous les péchés de tous les temps, ainsi que les péchés de notre époque. Il a prévu nos péchés, et c’est pour eux qu’Il a souffert par avance. Nous étions présents au Jardin en tant que bourreaux, et c’est en tant que bourreaux que nous avons suivi pas à pas la Passion jusqu’au sommet du Golgotha

Repentons-nous donc, et pleurons.

L’Église, souffrante, persécutée, vilipendée, est là, sous nos yeux indifférents ou cruels. Elle se tient devant nous comme le Christ devant Véronique. Compatissons à ses souffrances. Par notre affection, consolons la Sainte Église de tout ce qu’elle endure. Nous pouvons être sûrs qu’ainsi, nous apporterons au Christ lui-même une consolation identique à celle que lui a donnée Véronique.

Incrédulité coupable

Commençons par la foi. Certaines vérités concernant Dieu et notre destin éternel, nous pouvons les connaître par la simple raison. D’autres, nous les connaissons parce que Dieu nous les a enseignées. Dans son infinie bonté, Dieu s’est révélé aux hommes dans l’Ancien et le Nouveau Testament, nous enseignant non seulement ce que notre raison ne pouvait découvrir, mais aussi de nombreuses vérités que nous pourrions connaître rationnellement, mais que, par sa propre faute, l’humanité ne connaissait plus en fait. La vertu par laquelle nous croyons en la Révélation est la foi. Personne ne peut accomplir un acte de foi sans l’aide surnaturelle de la grâce de Dieu. Dieu accorde cette grâce à toutes les créatures et, en abondance torrentielle, aux membres de l’Église catholique. Cette grâce est la condition de leur salut. Nul n’atteindra la béatitude éternelle s’il rejette la foi. Par la foi, le Saint-Esprit habite dans nos cœurs. Rejeter la foi, c’est rejeter le Saint-Esprit, c’est chasser Jésus-Christ de l’âme.

Voyons maintenant, autour de nous, combien de catholiques rejettent la foi. Ils ont été baptisés, mais au fil du temps, ils ont perdu la foi. Ils l’ont perdue par leur propre faute, car personne ne perd la foi sans faute, et sans faute mortelle. Voici donc que, indifférents ou hostiles, ils pensent, ressentent et vivent comme des païens. Ce sont nos parents, nos prochains, peut-être nos amis ! Leur malheur est immense. Le signe du baptême est indélébile en eux. Ils sont destinés pour le Ciel, et ils marchent vers l’enfer. Dans leur âme rachetée, l’aspersion du Sang du Christ est imprimée. Personne ne l’effacera. C’est en quelque sorte le Sang même du Christ qu’ils profanent lorsque, dans cette âme rachetée, ils accueillent des principes, des maximes, des règles contraires à la doctrine de l’Église. Le catholique apostat a quelque chose d’analogue au prêtre apostat. Il traîne avec lui les restes de sa grandeur, il les profane, il les dégrade et se dégrade avec eux. Mais il ne les perd pas.

Et nous ? Cela nous importe-t-il ? En souffrons-nous ? Prions-nous pour que ces âmes se convertissent ? Faisons-nous pénitence ? Faisons-nous de l’apostolat ? Où est notre conseil ? Où est notre argumentation ? Où est notre charité ? Où est notre défense fière et énergique des vérités qu’ils nient ou bafouent ?

Le Sacré-Cœur saigne à cause de cela. Il saigne à cause de leur apostasie et de notre indifférence. Une indifférence doublement répréhensible, car c’est une indifférence envers notre prochain et surtout une indifférence envers Dieu.

Les uns conspirent, les autres dorment…

Combien d’âmes dans le monde entier sont en train de perdre la foi ? Pensons au nombre incalculable de journaux impies, de stations de radio impies [la télévision d’aujourd’hui !], dont le monde est quotidiennement rempli. Pensons aux innombrables ouvriers de Satan qui, dans les chaires, au sein de la famille, dans les lieux de réunion ou de divertissement, propagent des idées impies. De tout cet effort, qui oserait admettre qu’il n’en résulte rien ? Les effets de tout cela sont sous nos yeux. Chaque jour, les institutions, les coutumes, l’art se déchristianisent, signe incontestable que le monde lui-même se perd pour Dieu.

N’y a-t-il pas là une grande conspiration ? Tant d’efforts, harmonieux entre eux, uniformes dans leurs méthodes, leurs objectifs, leur développement, seraient-ils le simple fruit du hasard ? Où et quand des intentions disparates ont-elles produit de manière coordonnée la plus formidable offensive idéologique que l’Histoire ait connue, la plus complète, la plus ordonnée, la plus étendue, la plus ingénieuse, la plus uniforme dans son essence, dans ses fins, dans son évolution ?

Nous n’y pensons pas. Nous ne le percevons pas. Nous somnolons dans la torpeur de notre vie quotidienne. Pourquoi ne sommes-nous pas plus vigilants ? L’Église subit tous les tourments, mais elle est seule. Loin, bien loin d’elle, nous somnolons. C’est la scène du Jardin qui se répète.

Pour tout dire, l’Église n’a jamais eu autant d’ennemis et, paradoxalement, elle n’a jamais eu autant d’« amis ». Écoutons les spirites : ils disent qu’ils ne mènent aucune guerre contre la religion, et encore moins contre le catholicisme qu’envers toute autre. Pourtant, la vie de tous ces gens-là, communistes, spirites, protestants, n’est-elle pas, du matin au soir, autre chose qu’une conspiration contre l’Église ? Eux aussi ont les lèvres prêtes à l’embrassade, même si, dans leur esprit, ils ont décidé depuis longtemps d’exterminer l’Église de Dieu.

La tiédeur et l’amour de Dieu

Et parmi nous ? Grâce à Dieu, cette foi que tant de gens combattent, persécutent, trahissent, nous la possédons.

Quel usage en faisons-nous ? L’aimons-nous ? Comprenons-nous que notre plus grand bonheur dans la vie consiste à être membres de l’Église, que notre plus grande gloire est le titre de chrétien ?

Si oui — et combien sont rares ceux qui pourraient répondre par l’affirmative en toute bonne conscience — sommes-nous prêts à tous les sacrifices pour conserver la foi ?

Ne disons pas, dans un élan de romantisme, que oui. Soyons réalistes. Examinons les faits avec lucidité. Le bourreau qui va nous placer devant le choix entre la croix et l’apostasie n’est pas à nos côtés. Mais chaque jour, la préservation de la foi exige de nous des sacrifices. Les faisons-nous ?

Dans quelle mesure est-il exact de dire que, pour préserver la foi, nous évitons tout ce qui peut la mettre en danger ? Évitons-nous les lectures qui peuvent l’offenser ? Évitons-nous les fréquentations qui l’exposent à des risques ? Cherchons-nous les milieux dans lesquels la foi s’épanouit et prend racine ? Ou, en échange de plaisirs mondains et passagers, vivons-nous dans des milieux où la foi se détériore et menace de tomber en ruine ?

Tout homme, par le simple fait de son instinct de sociabilité, a tendance à accepter les opinions des autres. En général, de nos jours, les opinions dominantes sont antichrétiennes. On pense à l’opposé de l’Église en matière de philosophie, de sociologie, d’histoire, de sciences positives, d’art, de tout en somme. Nos amis suivent le courant. Avons-nous le courage de diverger ? Protégeons-nous notre esprit de toute infiltration d’idées erronées ? Pensons-nous comme l’Église en tout et pour tout ? Ou nous contentons-nous négligemment de vivre notre vie, en acceptant tout ce que l’esprit du siècle nous inculque, et simplement parce qu’il nous l’inculque ?

Il se peut que nous n’ayons pas chassé Notre Seigneur de notre âme. Mais comment traitons-nous cet Hôte divin ? Est-Il l’objet de toutes nos attentions, le centre de notre vie intellectuelle, morale et affective ? Ou bien Lui réservons-nous simplement un petit espace où Il est toléré, comme un hôte secondaire, ennuyeux, quelque peu importun ?

Lorsque le Divin Maître gémissait, pleurait, suait du sang pendant la Passion, ce n’étaient pas seulement les douleurs physiques qui le tourmentaient, ni seulement les souffrances causées par la haine de ceux qui le persécutaient à ce moment-là. Il était également tourmenté par tout ce que nous ferions contre Lui et contre l’Église au cours des siècles à venir. Il a pleuré à cause de la haine de tous les méchants, de tous les Arius, Nestorius, Luther, mais il a aussi pleuré parce qu’il voyait devant lui le cortège interminable des âmes tièdes, des âmes indifférentes, qui, sans le persécuter, ne l’aimaient pas comme elles le devaient.

C’est la phalange innombrable de ceux qui ont passé leur vie sans haine et sans amour, et qui — selon Dante — restaient en dehors de l’enfer, car même en enfer, il n’y avait pas de place qui leur convienne.

Faisons-nous partie de ce cortège ?

Voilà la grande question à laquelle, avec la grâce de Dieu, nous devons répondre en ces jours de recueillement, de piété et d’expiation dans lesquels nous devons maintenant entrer.

Le présent article, initialement publié dans « El Legionario » (São Paulo, Brésil) dans son édition du 30 mars 1947, est tiré du livre « Amar la Cruz » afin de servir de sujet de méditation à nos lecteurs, en ces jours où nous commémorons la Sainte Passion de l’Homme-Dieu.

Source : https://www.tesorosdelafe.com/articulo-189-la-pasion-de-cristo-en-nuestros-dias

Photo : Mariano de la Roca y Delgado, Public domain, via Wikimedia Commons

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