La Tour de Belém, à Lisbonne, donne à tel point l’impression d’être un château, et non une simple tour, que l’on pourrait même se demander comment une tour peut être si belle !
Elle arbore la pompe et la majesté d’un château de conte de fées, avec sa pierre blanche qui resplendit au soleil.
Les murs de la Tour sont lisses, mais leur monotonie est rompue par les petites fenêtres géminées, divisées par un arc gracieux, ainsi que par la terrasse. Les échauguettes, disposées précisément aux angles de la Tour, contribuent elles aussi à rompre cette monotonie.
Nous avons ainsi réunie, sur une petite surface, une profusion d’ornements qui rappelle une boîte à bijoux, un écrin. Nous éprouvons ainsi la sensation d’une harmonie parfaite.
Considérons les créneaux qui entourent la Tour. Ils étaient destinés aux gardes qui surveillaient l’édifice, conçu pour assurer la défense contre une attaque ennemie.
La Tour présente également une série d’écus portant la Croix du Christ, rappelant les gloires du royaume. La beauté artistique coïncide ici avec l’utilité militaire.
Au sommet de la Tour, avec des dimensions plus réduites que celle-ci, s’élève un donjon plus étroit, qui permettait aux gardes d’effectuer leur ronde. Mais, outre la raison militaire, il existe aussi un avantage esthétique.
La première ligne de défense de la Tour est la terrasse. En bas, on remarque de petites ouvertures grillagées, indiquant la présence de cachots.
La largeur de la terrasse entretient un certain rapport esthétique avec la hauteur de la Tour, un peu comme une reine avec la traîne de sa robe.
La reine de pierre possède une traîne de pierre ; elle regarde avec hauteur la ville de Lisbonne et, dominatrice, fait face à la mer.
Sur la terrasse, lorsque les escadres portugaises partaient pour les conquêtes d’outre-mer, le roi lui-même venait assister au départ de l’armada. Il était parfois accompagné de la reine, de membres de la famille royale, de la Cour, de prélats, de guerriers et de magistrats, tous splendidement vêtus.
Ils occupaient les terrasses, d’où pendaient des tapisseries. Les couleurs étaient magnifiques !
On peut imaginer la beauté de la scène, avec ces nefs avançant, portant l’étendard et la Croix de l’Ordre du Christ sur leurs voiles.
L’escadre, composée de plusieurs navires, passait devant le Roi ; les navigateurs s’inclinaient en signe de révérence, des coups de canon étaient tirés, et les nefs disparaissaient peu à peu sur les eaux du Tage, puis dans l’Atlantique.
C’est devant cette Tour que passa l’escadre de Cabral, qui allait introduire dans le monde cette réalité appelée le Brésil !
(Auteur : Plinio Corrêa de Oliveira, 15 janvier 1977.)
Source : https://castelosmedievais.blogspot.com/2014/05/torre-de-belem-beleza-artistica-e.html
Photo : Sonse, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons