Les premiers chrétiens qui sortirent des catacombes après l’édit de Constantin ne firent pas une nouvelle civilisation. Ils christianisèrent simplement l’Empire romain, en tirant parti de ce qu’il avait de bon et en retranchant ce qu’il avait de mauvais. Ils commencèrent ainsi à vivre dans un contexte culturel catholique qui, cependant, n’était pas encore une nouvelle civilisation.
Au Moyen Âge, l’Église inspira un pas de plus. Elle inspira toute une nouvelle civilisation. Tout ce qui avait été auparavant animé par les catholiques fut préservé par le Moyen Âge et jalousement recueilli comme un trésor précieux. Mais quelque chose d’entièrement nouveau y fut ajouté. Ainsi naquit la grande tradition médiévale.
Quel fut donc ce « plus » que les médiévaux y mirent ? Les catholiques médiévaux accomplirent de particulières épousailles de l’âme avec le sublime. En premier lieu, ils furent comme spécialement appelés à considérer et à voir la sublimité de Dieu. En second lieu, ils virent la sublimité totale de Dieu, c’est-à-dire qu’ils virent comme la sublimité de Dieu dans son totum, dans sa totalité, et non pas seulement en tant qu’elle se reflétait dans un aspect.
Parce qu’ils virent la sublimité de Dieu considérée dans son ensemble, la culture médiévale fut immergée dans le lyrisme du sublime. Ils acquirent la capacité de considérer toutes choses en fonction du sublime. Ils s’identifièrent au sublime, et cette identification donna la clef de l’esprit médiéval. La cathédrale d’York est là pour témoigner de ces épousailles des catholiques médiévaux avec la sublimité totale de Dieu.
Histoire et style
La cathédrale d’York — York Minster, en anglais — est la plus grande cathédrale de style gothique du nord de l’Europe. Elle est située dans la ville d’York, en Angleterre, et constitue le siège de l’archevêque d’York ainsi que la cathédrale du diocèse d’York.
La première église élevée sur ce lieu fut une structure de bois construite à la hâte en 627 pour le baptême d’Edwin, roi de Northumbrie. Une structure de pierre fut achevée en 637 par Oswald de Northumbrie et dédiée à saint Pierre. En 741, l’église fut détruite par un incendie, puis reconstruite sous la forme d’un édifice encore plus impressionnant, contenant trente autels. Il y eut ensuite une série d’archevêques bénédictins, parmi lesquels saint Oswald, saint Wulfstan et saint Ealdred.
Le style ogival dans les cathédrales était arrivé en Angleterre au milieu du XIIe siècle. L’archevêque Walter de Gray ordonna alors la construction d’une structure gothique qui pût se comparer à la cathédrale de Cantorbéry. La construction de la cathédrale d’York, l’un des pôles religieux et culturels de l’Angleterre catholique, commença en 1220, mais elle ne fut achevée et consacrée qu’en 1472.
La cathédrale possède un plan en forme de croix, avec une salle capitulaire octogonale reliée au transept nord, une tour centrale et deux tours sur la façade occidentale. La pierre utilisée pour sa construction est un calcaire de couleur blanc crème, extrait dans la ville voisine de Tadcaster.
L’édifice mesure 148 mètres de longueur et chacune de ses trois tours atteint 60 mètres de hauteur. Le chœur, dont la hauteur intérieure est de 31 mètres, n’est dépassé en hauteur, en Angleterre, que par le chœur de l’abbaye de Westminster. C’est la plus grande cathédrale de style gothique du nord de l’Europe.
Certains vitraux de la cathédrale d’York remontent au XIIe siècle. La Grande Fenêtre orientale, haute de 76 pieds, fut créée au début du XVe siècle et constitue le plus grand exemple de vitrail médiéval au monde. Parmi les autres fenêtres spectaculaires de la cathédrale figurent une rosace ornée et la fenêtre des « Cinq Sœurs », haute de cinquante pieds.
En raison de la longue période au cours de laquelle les vitraux furent installés, différents types de vitrage et de techniques de peinture, ayant évolué pendant des centaines d’années, peuvent être observés dans les différentes fenêtres. Il y a environ deux millions de pièces individuelles de verre qui composent les 128 vitraux de la cathédrale.
La Réforme protestante pilla une grande partie des trésors de la cathédrale et s’empara d’une grande partie des terres de l’archidiocèse catholique, lequel fut supprimé puis finalement usurpé par un archevêque anglican schismatique. La reine anglicane Élisabeth I?? présida un effort concerté pour retirer de la cathédrale toutes les traces de l’Église catholique apostolique romaine. De nombreuses destructions de tombeaux, de fenêtres et d’autels eurent alors lieu.
Aux XIXe et XXe siècles, un travail de restauration bien orchestré fut entrepris, et il se poursuit jusqu’à nos jours.
Source : https://catedraismedievais.blogspot.com/2013/08/catedral-de-york-exemplo-do-desponsorio.html
Photo : MatzeTrier, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons