Un an après sa réouverture, Notre-Dame de Paris apparaît plus que jamais comme un lieu vivant de foi. Cinq années après l’incendie qui avait bouleversé le monde entier, la cathédrale n’est pas seulement restaurée dans sa pierre : elle est redevenue, selon son recteur, Mgr Olivier Ribadeau Dumas, un espace pleinement ordonné à sa mission première, celle de « chanter la gloire de Dieu ».
Avec près de 11 millions de visiteurs en un an, Notre-Dame bat des records de fréquentation. Mais pour son recteur, ces chiffres ne sont pas l’essentiel : « Nous ne recherchons pas ces chiffres astronomiques, pour permettre une qualité de visite et de prière. » Car si la réussite de la réouverture est évidente sur le plan culturel, elle est surtout cultuelle. Depuis décembre 2024, la cathédrale a accueilli plus de 1 600 célébrations, 650 pèlerinages, et abrite chaque jour une trentaine de prêtres disponibles pour les confessions.
Chaque jour, environ 30 000 personnes franchissent les portes de l’édifice. Face à cet afflux, une question revient souvent : peut-on encore prier dans une cathédrale si fréquentée ? Le recteur se veut rassurant : « Les chapelles sont des lieux de dévotion, parmi de nombreux lieux de recueillement. » Le chœur, où est exposé le Saint-Sacrement, ainsi que la vénération mensuelle de la couronne d’épines, demeurent des espaces explicitement réservés à la prière.
Mais au-delà de l’organisation, c’est surtout la dimension spirituelle qui frappe les prêtres. « Nous constatons chaque jour des grâces et des fruits spirituels », confie Mgr Ribadeau Dumas. Des visiteurs, parfois éloignés de l’Église depuis des décennies, demandent à se confesser. Certains reviennent sur leurs pas, touchés intérieurement. Le recteur évoque même « beaucoup de Paul Claudel anonymes », en référence au poète converti à Notre-Dame lors d’une messe de Noël.
La cathédrale n’est pas une paroisse au sens strict, mais elle voit pourtant naître de nouveaux baptêmes, notamment lors de la dernière Semaine sainte. Le père Guillaume Normand, vice-recteur, témoigne : « Beaucoup de personnes, touchées par ce drame, viennent nous demander le baptême. Ils ont un besoin fort de partager leur histoire. » Chaque jour, prêtres et bénévoles recueillent ces récits de retour à la foi.
La vie liturgique s’est densifiée : trois messes quotidiennes, vêpres chaque soir, chapelet quotidien, adoration nocturne le jeudi. Les messes dominicales rassemblent des centaines de fidèles, jusqu’à 1 200 personnes pour la messe du soir. La nef entière est désormais nécessaire pour accueillir les assemblées.
L’année 2026 sera marquée par un accent mis sur la piété populaire. La couronne d’épines sera exposée chaque vendredi, et un nouvel autel accueillera les intentions de prière. « La piété populaire me tient à cœur », affirme le recteur. Malgré les débats passés, la gratuité de l’accès est maintenue : « Je ne sais pas faire de différence entre un fidèle et un visiteur. Notre-Dame est un lieu de rencontre et un symbole de communion. »
Et peut-être est-ce là le vrai miracle de Notre-Dame : une cathédrale sauvée du feu, devenue foyer discret mais puissant de conversions silencieuses. Une flamme nouvelle, non plus destructrice, mais spirituelle, continue d’y brûler.
Source : https://fr.aleteia.org/2025/12/06/un-an-apres-sa-reouverture-notre-dame-brule-dune-ferveur-nouvelle/
Photo : 10mpx cg, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons