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Château de Chimay : harmonie et charité au château de la princesse

Talleyrand nous raconte dans ses mémoires ce qui se passait au château de sa grand-mère, la princesse de Chimay.

Chimay est un grand titre de noblesse belge.

Être princesse de Chimay, c’était presque comme être grande-duchesse de Luxembourg, c’est-à-dire une souveraine indépendante d’un petit fief.

Quand elle arrivait le dimanche, elle se rendait d’abord à la messe dans la chapelle du château. Les pauvres de la région qui souhaitaient assister à la messe se rendaient au château et y assistaient également.

Après la messe, la princesse se rendait, accompagnée de la petite noblesse locale – donc une noblesse authentique mais bien inférieure à celle des princes de Chimay –, dans la salle où elle, pour ainsi dire, régnait en reine.

Elle disposait d’une sorte de trône sur une estrade. Elle y montait, et il pouvait y avoir une petite musique militaire que la fanfare jouait pendant qu’elle passait de la chapelle du château à cette salle.

Les petits nobles apportaient le nécessaire pour que la princesse puisse exercer ses activités curatives.

L’un portait des linges pour appliquer des onguents, d’autres portaient une mallette de remèdes, un autre portait une boîte contenant des ciseaux et d’autres objets facilitant de petites interventions quasi chirurgicales.

Et la princesse, assise sur son trône, regardait avec bienveillance les gens qui s’y trouvaient.

Le peuple observait la façon dont la princesse était vêtue, comment elle se comportait, comment ses proches étaient habillés.

Ils savaient que la mode avait changé en voyant les petits et les grands nobles changer de robes et de vêtements. Ils observaient la façon dont on conversait avec élégance, suivaient les gestes et les mimiques qui accompagnaient la conversation, etc.

Puis commençait le défilé des misères.

Les malades et les pauvres défilaient, et elle demandait pourquoi tel parent du pauvre n’était pas venu, s’il allait mieux, s’il n’allait pas mieux, elle envoyait des salutations, un petit cadeau, ou bien un conseil pour faire telle ou telle chose afin d’aller mieux, etc.

Les gens du peuple qui le pouvaient apportaient aussi de petits cadeaux.

Il s’agissait parfois de friandises, de pains savoureux, de lait, d’œufs, de poulets, de petits cochons, de fruits, de légumes.

Et la princesse de Chimay profitait de l’occasion pour offrir ces présents à ceux qui étaient les plus démunis ou les plus faibles.

Cela prenait du temps. Une fois terminé, les nobles se rendaient tous dans la salle à manger de la noblesse.

Et dans l’office, la cuisine, ainsi que dans d’autres pièces, c’était la grande fête des pauvres qui voulaient rester pour prendre leur repas grâce à la générosité de la princesse.

Puis tout cela se dissolvait et le château retrouvait son silence majestueux, dans la paix et la joie de l’âme de tous.

(Auteur : Plinio Corrêa de Oliveira, conférence du 8 avril 1994, non révisée par l’auteur)

Source : https://castelosmedievais.blogspot.com/2015/03/harmonia-e-caridade-nas-classes-sociais.html

Photo : Inconnu, Public domain, via Wikimedia Commons

Posted in Châteaux

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