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Somptuosité et amour des pauvres dans la doctrine catholique

La révolution antichrétienne excelle à déformer, aux yeux de la postérité, la véritable physionomie morale des saints.

Il fut un temps où, pour ce faire, elle recourait à l’injure et au mensonge. En falsifiant directement les faits historiques, elle tentait de dénigrer tel ou tel saint, afin d’attaquer ainsi l’Église. Mais la contre-offensive victorieuse des historiens catholiques mit à mal cette stratégie.

Une tactique différente fut ensuite employée : l’unilatéralité historique. Saint Vincent de Paul fut tout particulièrement attaqué par ce procédé. Ainsi, en mettant en relief la charité — véritablement angélique — de cet admirable saint, on s’efforça de dissimuler son intrépide et inflexible combativité contre le jansénisme. Car il se trouve que la combativité des bons est une vertu que la Révolution s’emploie tout particulièrement à empêcher les fidèles de connaître et de pratiquer. C’est pourquoi elle cherche à la passer sous silence dans la vie des saints. Le succès de cette manœuvre est manifeste : le nombre de ceux qui ont entendu parler des luttes de saint Vincent contre le jansénisme est très réduit…

De nos jours, le désir d’opérer une transformation égalitaire dans l’Église s’est répandu dans de nombreux milieux. Il ne s’agit pas de vendre tel ou tel trésor afin de venir exceptionnellement en aide aux besoins urgents des pauvres. Il s’agit bien, de manière définitive, de modifier l’aspect des fonctions liturgiques et de l’art sacré. Plus de riches ornements, de précieux reliquaires, de somptueux édifices sacrés, tels que les anciens palais épiscopaux, par exemple. Cela ne s’accorde pas, dit-on, avec la charité évangélique. Mieux vaudrait destiner tout cet argent aux pauvres.

Comme on le sait, la pauvreté était fréquente en France à l’époque de saint Vincent. Celui-ci ne se contenta pas de recueillir et de distribuer une immense quantité d’aumônes ; il incita également de nombreux membres de la noblesse et de la bourgeoisie à rendre visite aux pauvres, en les aidant non seulement par de l’argent, mais aussi par une assistance morale.

Cependant, le saint utilisait pour le culte des ornements liturgiques splendides, véritablement royaux.

La première photo montre une très riche chasuble ayant appartenu à saint Vincent de Paul et qui se trouve aujourd’hui au musée archiépiscopal de Lyon.

La gravure suivante (Visiter les Malades, ABRAHAM BOSSE, 1635 – musée Carnavalet, Paris) représente la visite rendue à un malade pauvre par des personnes de haut rang social, coutume que le saint encouragea vivement.

Ainsi se manifestent deux aspects harmonieusement unis d’une âme admirable.

Source : https://www.tesorosdelafe.com/articulo-950-suntuosidad-y-amor-a-los-pobres-en-la-doctrina-catolica

Photo : La casulla del cardenal Alessandro Farnese, del Gesù de Roma via Liturgicalartsjournalcom y Scipione Pulzone, Public domain, via Wikimedia Commons.

Posted in Perspective Catholique, Point de vue, Principes de Révolution et Contre-Révolution

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