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Femme lisant à la lueur des bougies

Il fait nuit. On devine le silence absolu qui règne dans la pénombre de cette pièce propice au recueillement. Plongée dans cette atmosphère de quiétude, l’âme est portée à la réflexion. Toutes les circonstances, grandes ou petites, agréables, contrariantes ou même douloureuses de la vie quotidienne semblent s’évanouir. Seule avec elle-même, elle s’élève au-dessus de tout ce qui l’entoure et pénètre dans la région intérieure du recueillement, de la réflexion et de l’étude.

Trois lumières éclairent la scène. La moins importante est celle qui mérite à proprement parler le nom de lumière : celle que diffusent les deux bougies et la lampe à huile. Son reflet sur le livre constitue la deuxième note lumineuse du tableau. On a l’impression que la pensée contenue dans le texte devient plus claire. Enfin, la lueur des chandelles et son reflet sur le livre illuminent le visage, y révélant la lumière la plus véritable : celle de l’âme attentive et subtile qui lit.

Son expression dit tout. Elle est plongée dans sa lecture, sereine, absorbée, heureuse. C’est le bonheur de l’isolement, du recueillement, le bonheur de penser…

Noble recueillement intérieur que, dans une large mesure, le monde moderne nous a arraché. Ils sont de moins en moins nombreux ceux qui savent apprécier cette heureuse quiétude.

Comme ils se trompent, ceux qui cherchent le bonheur dans le bruit, dans l’agitation, dans les incessants va-et-vient de voyages sans grand sens, ou dans les sensations fortes des accros à l’adrénaline !

La tendance à croire que le bonheur consiste en cela s’est généralisée… dans le tumulte perpétuel.

Combien de bruits étouffent la voix de la grâce ! Car Dieu ne se trouve pas dans l’agitation (cf. 1 R 19, 11).


Autoportrait de l’artiste avec une cigarette, Peter Ilsted, 1898

Peter Ilsted naquit à Falster, au Danemark, en 1861. Il commença sa formation à l’Académie royale des beaux-arts du Danemark. Par la suite, à l’Académie Kunstnernes Studieskole, il côtoya celui qui allait devenir son beau-frère, Vilhelm Hammershøi, ainsi que Carl Holsøe. Tous trois constituèrent l’élite de la peinture d’intérieurs dans le Danemark du XIXe siècle.

Ils furent membres de ce que l’on appelait la « Libre Exposition », une société artistique influencée par les peintres de genre hollandais du XVIIe siècle, en particulier par Johannes Vermeer. Les scènes de ces trois peintres reflètent l’ordre d’une vie tranquille. Leurs intérieurs transmettent une impression de tranquillité et de mystère : des pièces éclairées de couleurs douces, aux décors simples, habitées par une ou deux personnes tout au plus.

Il mourut à Copenhague en 1933.

Commentaire inspiré de l’article « Non in commotione Dominus », écrit par Plinio Corrêa de Oliveira, publié à l’origine dans la revue « Catolicismo », nº 114, juin 1960, et reproduit dans « Tesoros de la Fe », nº 117, septembre 2011.

Par Felipe Barandiarán

Source : https://www.tesorosdelafe.com/articulo-1814-mujer-leyendo-a-la-luz-de-unas-velas

Photo : Peter Ilsted, Public domain, via Wikimedia Commons

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