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La « Bible des pauvres » pour le « saint peuple de Dieu »

Au Moyen Âge, l’art revêtait une dimension essentiellement didactique.

Tout ce que l’homme devait savoir – l’histoire du monde depuis la Création, les dogmes de la religion, les exemples des saints, la hiérarchie des vertus, l’étendue des sciences, des arts et des métiers – toutes ces choses étaient enseignées à travers les vitraux de l’église ou les statues des portails.

Le nom de Biblia Pauperum – Bible des pauvres – que les imprimeurs du XVe siècle ont donné à l’un de leurs premiers livres peut être attribué à juste titre aux cathédrales et aux églises.

En leur sein, les simples, les ignorants, tous ceux qui appartenaient à ce qu’on appelait la « sancta plebs Dei » – la sainte plèbe de Dieu – apprenaient de leurs yeux presque tout ce qu’ils savaient de leur foi.

Les grandes images de conception spiritualisée apparaissaient comme des témoins éloquents de la vérité de l’enseignement de l’Église.

Les innombrables statues disposées selon un plan scolastique étaient le symbole du merveilleux ordre qui, grâce au génie de saint Thomas d’Aquin, régnait dans le monde de la pensée.

Par le biais de l’art, les conceptions les plus élevées de la théologie et de l’université pénétraient, dans une certaine mesure, dans l’esprit des gens les plus humbles.

Nous devons considérer l’art du XIIIe siècle comme un tout vivant, comme un système achevé, et nous devons étudier la manière dont il reflétait la pensée du Moyen Âge.

C’est ainsi que nous pourrons nous faire une certaine idée de la portée véritablement encyclopédique de l’art médiéval.

Le XIIIe siècle est au cœur de notre étude car c’est à cette époque que l’art a tenté, avec un effort admirable, d’englober toutes choses.

L’iconographie des œuvres romanes les plus riches est bien trop pauvre comparée à la richesse de l’imaginaire gothique.

Le XIIIe siècle est précisément celui où les façades des grandes églises françaises ont été conçues et réalisées.

Nous ne limitons pas notre étude à l’art français, car nous pensons que l’art des pays voisins obéit à des règles différentes des nôtres.

Au contraire, le caractère de l’art du XIIIe siècle était véritablement universel, à l’image de l’enseignement de l’Église.

Nous nous contentons des grands thèmes développés avec admiration à Burgos, Tolède, Sienne, Orvieto, Bamberg, Fribourg, tout comme à Paris ou à Reims.

Nous sommes certains que la pensée chrétienne ne s’exprime nulle part ailleurs comme en France.

Dans toute l’Europe, il n’existe pas d’ensemble d’œuvres d’art dogmatique au moins comparable à celui que l’on trouve dans la cathédrale de Chartres.

C’est en France que la doctrine du Moyen Âge a atteint sa forme artistique parfaite.

La France du XIIIe siècle a été la manifestation la plus aboutie de la pensée chrétienne.

(Auteur : Émile Mâle, « L’art religieux en France au XIIIe siècle », dans « The Dawson Newsletter », été 1993.)

Source : https://catedraismedievais.blogspot.com/2017/09/a-biblia-dos-pobres-para-o-santo-povo.html

Photo : Vassil, Domaine public, via Wikimedia Commons

Posted in Cathédrales

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