fbpx
Menu Fermer

Patrimoine religieux : « il y a urgence »

our le président de l’Observatoire du patrimoine religieux (OPR) - association créée en 2006 pour recenser le patrimoine cultuel et alerter les pouvoirs publics et le grand public -, Édouard de Lamaze, « l’incendie de Notre-Dame a été un électrochoc. Il nous a renvoyés à notre identité, notre héritage. Les Français ont eu un sentiment de dépossession, au-delà même de l’aspect cultuel. Mais Notre-Dame, c’est "l’arbre qui cache la forêt". »

Dans une tribune publié au Figaro, il tire la sonnette d’alarme : « À côté des cathédrales, sur environ 42.000 églises et chapelles en France, plus de la moitié sont en état de souffrance, c’est-à-dire que le bâtiment ne vit plus, est fragile, a un système électrique désuet, subit des infiltrations et est attaqué par la mérule (champignon des charpentes-NDRL). Et on retrouve le même sentiment de dépossession lorsque, dans les villes et les campagnes de France, une église est vendue ou transformée en habitation ou en supermarché et que son clocher est démoli. »

En France, explique-t-il, « nous avons recensé environ 72.000 édifices religieux, dont 95 % catholiques, mais, parmi eux, seuls 41.000 environ sont ouverts au culte. Il y a eu majoritairement, ces dernières années, des fermetures d’églises - les deux tiers des monuments détruits sont des églises du XIXe siècle - ou des transformations de lieux de culte (…) »

Lire aussi :

Un problème crucial de financement est en cause, selon Édouard de Lamaze, qui dénonce : « Les communes de France sont en charge d’un patrimoine dont elles sont incapables d’assumer le coût?: on a confié la maison de famille à un propriétaire qui n’a pas les moyens de l’entretenir?! »

« Notre patrimoine religieux est en péril, martèle le président de l’OPR, du coup, il est vendu, détruit ou confié à des associations. »

Il propose plusieurs actions pour sauver le patrimoine religieux : « Il faut tout d’abord responsabiliser les maires, qui doivent être fiers de la richesse qu’ils ont entre leurs mains. Ensuite, il faut aider à la reconversion des édifices religieux menacés et trouver des projets dignes d’intérêt. (…) Enfin, il faudrait que les directions régionales des affaires culturelles aient des moyens suffisants pour entreprendre les travaux de restauration de monuments historiques qui, pour environ 20 %, sont religieux. »

« Depuis 2000, 44 églises ont été détruites ou vendues, avec une forte accélération ces derniers temps. À ce rythme-là, dans trente à quarante ans, on aura perdu près de la moitié de notre patrimoine religieux. Il faut donc impérativement que l’État et les collectivités locales se mobilisent pour mettre en place un véritable partenariat. Il y a urgence », conclut-il.


Posted in Notre-Dame à l'identique !

Recommandés pour vous

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.