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« Ce soir, tu peux compter sur nous Notre-Dame. Nous allons te sauver. »

Le soir de l’incendie qui ravage Notre-Dame, les sapeurs-pompiers de Paris ont livré un combat titanesque pour sauver la plus célèbre église de France et ce, au péril de leur vie.

Dans un récit bouleversant, paru le 6 novembre dernier-dont Le Figaro s’est fait l’écho- le général Gallet, commandant de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) et ses hommes racontent comment ils ont sauvé la cathédrale de Paris ce terrible soir du quinze avril 2019.
Des témoignages édifiants de courage, d’espoir et de foi, dont nous partageons quelques extraits.

Le général Gallet se souvient, quand il est arrivé sur les lieux du drame : « Le risque de propagation du feu aux tours me saute aux yeux : la chaleur est très forte, le vent défavorable, le rayonnement très puissant. La priorité, avant même l’extinction du foyer, c’est de protéger ces deux beffrois des flammes. […] Je suis rassuré par l’attitude de mes gars. Ils ont pris la mesure de l’intervention. […] Ce feu est probablement équivalent à un incendie frappant cinquante immeubles simultanément. »

Il a alors ces mots émouvants : « Je sens, je me laisse impressionner par les flammes. J’écoute le feu qui ronfle. Je vois ces gargouilles se tordre sous la chaleur. Je passe la main sur une paroi pour ramasser de la suie. Pour sentir la pierre. Comme pour écouter la cathédrale me dire ses souffrances. Ce soir, tu peux compter sur nous Notre-Dame. Nous allons te sauver. »

Après l’effondrement de la flèche, les pompiers se retrouvent face à une grave décision.
Au centre de commandement de l’intervention, tous les regards se tournent vers le général Gallet, qui déclare : «Tous les indicateurs sont au rouge: le feu gagne ces poutres qui soutiennent les cloches […], la voûte est à demi effondrée. Option 1, si on ne fait rien, on perd la cathédrale. Mais nous sauvons les immeubles voisins […]. L’autre option, c’est une ultime manœuvre. S’il y avait des civils en danger, je prendrais le risque sans hésiter une seconde. S’il s’agissait d’un bâtiment quelconque, je n’irais pas. Mais c’est Notre-Dame. [Mon intuition] me souffle que nous devons tenter le tout pour le tout. C’est Notre-Dame, la culture, l’histoire de notre pays. Un peu de son âme

Le général Gallet a saisi ce soir-là l’enjeu de la bataille : sauver le symbole de tout un pays, commente le quotidien.

De retour sur le parvis, les généraux Gontier et Gallet se concertent. S’ensuit ce dialogue poignant :

-Gontier : « Ils attaqueront la base des flammes en remontant à l’intérieur des beffrois. C’est le meilleur moyen de repousser le feu. »

-Gallet : « Si ça s’effondre, ils n’auront aucun chemin de repli, aucun endroit pour se mettre à l’abri. »

-Gontier : « Qu’en penses-tu? »
-Gallet : « La même chose que toi. Il faut investir. Il faut qu’on aille au combat, il faut aller chercher l’ennemi. »

-Gontier : « On y va ! »

« Le risque est accepté par les pompiers, explique le général Gallet, il fait partie de la mission. Le travail du chef, c’est d’arriver à ce que les hommes se l’approprient et vivent avec pour ne pas être tétanisés devant le danger. […] Un pompier seul n’est rien. Ce n’est qu’avec ses camarades qu’il peut faire de grandes choses. »

Lire aussi :

Le général Gontier témoigne à son tour : « Je sens que nous avons eu raison d’envoyer les hommes. […] les lueurs que l’on distinguait dans les beffrois disparaissent peu à peu comme la flamme d’une bougie qui vacille. Pour la première fois, nous sommes en train de repousser l’ennemi. La toiture est définitivement perdue mais nous sommes en train de sauver ces deux tours. […] le feu ne nous écrase plus. Nous le dominons. »

Vers 23h, après un long combat, les pompiers sont maîtres du feu.

Le président de la République, plusieurs ministres et les responsables religieux entrent alors dans la cathédrale, pour lui rendre hommage.

« C’est un étonnant cortège, raconte le général Gallet. C’est un peu comme si nous allions tous ensemble reconnaître le corps d’une victime à la morgue. Sous l’orgue, des dizaines de petites bougies continuent à briller. […] Malgré le spectacle désolant qu’offre la nef, le recteur, cet homme qui toute la soirée semblait dévasté, affiche un immense sourire: “C’est un miracle! C’est un miracle!” »

« Chacun commence à comprendre que oui, la cathédrale est blessée. Mais qu’elle est debout. Au fond de la nef, près de l’autel, une croix immense brille. Elle offre sa lueur mystérieuse à ses invités. Les rosaces brillent. […]  Je commence à laisser mes sentiments me saisir. C’est un mélange de tristesse - Notre-Dame est dans un sale état - et de fierté - nous l’avons sauvée, nous avons rempli la mission. »

Le général Gallet conclut : « C’est très curieux : j’ai participé au sauvetage de dizaines de bâtiments. Mais c’est la première fois que je ressens cela: j’ai presque le sentiment que Notre-Dame est vivante. Je regarde une nouvelle fois les petites bougies qui ne se sont pas éteintes. Je suis vidé. Je suis fier de mes hommes. Nous vivons ensemble une étonnante aventure. […]

Dans la nef, je suis attiré par un gros livre posé sur un chevalet. Des brandons tombent tout autour et je me dis que je ne peux pas le laisser là. Je l’emporte avec moi. […]

Je croiserai plus tard Mgr Aupetit, l’archevêque de Paris à qui je tends le livre. Il l’ouvre à une page précise et me dit: “Mon Général, c’est un lectionnaire, je vous l’offre. La page que je vous ai sélectionnée est la prière du jour. Ce soir, je crois bien que celle-ci a été exaucée…”»


Source : https://www.lefigaro.fr/actualite-france/les-heros-de-notre-dame-l-incroyable-recit-des-pompiers-20191031

Photos : Wikipedia - Par Marind — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=78161109

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