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Le lion doré et la flèche de Viollet-le-Duc

Le rouge des étendards de la TFP frappés du lion doré s’associait au soleil matinal de ce 6 mai se détachait sur les immeubles couleur boue de Paris de la place Victor Hugo, dans le XVIe arrondissement de la capitale. L’appel à « défendre avec énergie notre héritage chrétien en exigeant la restauration de Notre-Dame à l’identique » a commencé à résonner de bonne heure.

En ce dernier jour de campagne publique, certains passants contactés disaient déjà : « Oui, je vous ai vu hier devant le Louvre » ou « avant-hier » devant l’Hôtel Lutétia, sur le boulevard Raspail. Les membres et volontaires de la TFP ont pu constater encore une fois que l’opinion est clairement opposée à la précipitation affichée par le Président Macron pour la reconstruction de la reine des cathédrales et à son idée de modifier la flèche.

« Très bien pour ce que vous entreprenez, (…) j’ai pris plusieurs feuillets pour les distribuer » a déclaré une dame à ceux qui tenaient une grande banderole appelant à signer la pétition. Cette banderole appelait l’attention des passagers des voitures arrêtées aux feux rouges. Des sourires bienveillants étaient aperçus à travers les vitres.

Plusieurs se sont approchés pour remercier de faire cette campagne : nombreux étaient ceux qui se réjouissaient de la présence des amis venus de l’étranger tout exprès pour promouvoir cette pétition internationale. A l’aide de trompettes et de cornemuses, ils assuraient l’animation musicale qui précédait la proclamation de chaque slogan, comme :

« Notre-Dame de Paris est un chef-d’œuvre artistique dont l’harmonie doit être préservée. La seule solution digne de ce joyau médiéval est sa restauration à l’identique. La flèche de Viollet-le-Duc y comprise ! »

« À quoi bon un concours international ? Les architectes et les artisans de France sont les plus compétents pour la restauration de notre patrimoine ! »

Une personne d’emblée favorable au « geste contemporain » de M. Macron a vite changé d’avis après avoir découvert les projets de flèche que les médias font circuler. Une autre a tenu à montrer qu’elle était favorable à la flèche de saint Louis, celle qui fut démontée à la fin de l’Ancien Régime.

Quelques voix dissonantes ont tenu à dire : « Si vous aviez été vivants à l’époque de Viollet-le-Duc, vous auriez fait campagne contre lui ! » Elles ont eu comme réponse : « Tout le problème réside dans l’esprit. »

Notre siècle égoïste, laïciste et athée n’a pas le droit d’estropier, par ses traces extravagantes, l’esthétique logique et harmonieuse de Notre-Dame de Paris, bâtie par des artistes soucieux de rendre gloire à Dieu et non de rechercher la célébrité sur cette Terre.

Au XIXe siècle, Viollet-le-Duc a confirmé l’élan de l’art gothique en lançant davantage, par sa flèche, la cathédrale vers le Ciel. Dans ce sens, nous aurions volontiers fait campagne en faveur de sa flèche.

Aujourd’hui, le combat pour sauver Notre-Dame de la défiguration ne fait que commencer.

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